Archive d’étiquettes pour : blanchiment dentaire

Avant de penser « blanchiment », il faut comprendre pourquoi vos dents ont jauni. La bonne solution n’est pas la même si la teinte vient du café, d’une dévitalisation ancienne, d’une fluorose ou simplement de votre génétique. Chez Névé Clinique dentaire à Genève, nos patients arrivent souvent avec un kit acheté en ligne qui ne résoudra rien — parfois parce que la coloration est interne et ne répond pas aux peroxydes, parfois parce que la cause est une usure de l’émail et que blanchir l’aggraverait. Voici notre lecture clinique.

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Key Takeaways
– Le jaune dentaire vient de deux familles de taches : extrinsèques (sur l’émail, accessibles au blanchiment) et intrinsèques (dans la dentine, résistantes aux kits grand public).
– La législation suisse (OPCos, alignée sur la directive européenne 2011/84/UE) autorise au maximum 0,1 % de peroxyde d’hydrogène dans les produits vendus en libre accès ; les concentrations efficaces (jusqu’à 6 %) sont réservées au cabinet dentaire.
– Bicarbonate pur, citron, charbon actif : ces méthodes « naturelles » usent l’émail sans blanchir durablement — elles accentuent paradoxalement le jaune à moyen terme.
– Un diagnostic par un dentiste coûte souvent moins que trois kits inutiles. La vraie question avant de blanchir : quelle est la cause ?

Pourquoi les dents jaunissent : les 9 causes qu’on voit en cabinet

La teinte naturelle d’une dent est déterminée par l’épaisseur de son émail (semi-translucide, blanc-gris) et la couleur de la dentine sous-jacente (jaune-ivoire). Plus l’émail est fin, plus la dentine jaune transparaît. À cela s’ajoutent des colorations acquises. Voici les 9 causes les plus fréquentes.

1. Le café, le thé noir et le vin rouge

Les tanins polyphénoliques se fixent sur la pellicule salivaire qui recouvre l’émail. Ce sont des taches extrinsèques — superficielles, accessibles à un détartrage-polissage et au blanchiment cabinet. Trois cafés par jour produisent une coloration visible en 6 à 12 mois chez la plupart des patients.

2. Le tabac

La nicotine elle-même est incolore, mais les goudrons de combustion pénètrent les micro-fissures de l’émail. Ces taches brun-jaune sont plus résistantes que celles du café. Chez les fumeurs de longue date, un blanchiment seul ne suffit souvent pas : il faut un détartrage ultrasonique + aéropolissage avant d’attaquer la teinte.

3. L’érosion de l’émail (boissons acides, reflux)

C’est une cause sous-diagnostiquée. Quand l’émail s’amincit, la dentine jaune transparaît davantage. Sodas, jus d’agrumes, vin blanc et reflux gastro-œsophagien sont les principaux facteurs. Dans ce cas, blanchir sans protéger l’émail dentaire au préalable aggrave la sensibilité et ne modifie pas la couleur sous-jacente.

4. L’âge

L’émail s’use progressivement (0,1 à 0,2 mm par décennie chez un adulte moyen) tandis que la dentine, elle, se densifie et fonce. À 50 ans, la teinte de base est naturellement plus jaune qu’à 20 ans — indépendamment de toute mauvaise hygiène. Le blanchiment reste efficace mais la stabilité est moindre.

5. La génétique

Certaines personnes naissent avec une dentine plus jaune ou un émail plus fin. Aucun défaut d’hygiène là-dedans — simplement une couleur de base décalée. Ces cas répondent bien au blanchiment professionnel mais pas toujours aux kits OTC.

6. Les antibiotiques de la tétracycline

Administrée à une femme enceinte ou à un enfant de moins de 8 ans, la tétracycline s’intègre à la dentine en formation et provoque des bandes grises ou jaunes permanentes. C’est une coloration intrinsèque profonde : les kits à 0,1 % n’y changent rien. Les traitements de référence sont le blanchiment interne (sur dent dévitalisée) ou les facettes dentaires.

7. La fluorose dentaire

Un excès de fluor pendant la formation de la dent (0-8 ans) crée des taches blanches opaques ou jaunes-brunes. Paradoxalement, blanchir accentue le contraste entre zones saines et zones fluorées. La solution est souvent la micro-abrasion, l’infiltration résine (ICON) ou les facettes — pas le blanchiment. Pour la déclinaison blanche isolée, voir notre article tache blanche dent.

8. La nécrose pulpaire après traumatisme

Une dent qui change de couleur après un choc est un signe de souffrance pulpaire — parfois silencieuse pendant des mois. La dent devient grise ou brun-jaune. Le blanchiment classique ne fonctionne pas : on traite par dévitalisation + blanchiment interne. Voir notre guide dent qui change de couleur après choc.

9. Les amalgames et composites vieillis

Les amalgames (plombages gris) libèrent des ions métalliques qui teintent la dentine voisine en gris-bleu. Les composites anciens jaunissent avec le temps. Remplacer ces restaurations est parfois plus efficace que n’importe quel blanchiment.

Tableau : ce qui agit en cabinet vs DIY sans risque vs à bannir

Efficacité estimée (teintes gagnées) et niveau de risque 6-8 Cabinet 6% H2O2 4-6 Gouttière sur mesure 1-2 Kit OTC 0,1% H2O2 0-1 Dentifrice blanchissant Nul Bicarbonate + citron Nul Charbon actif
Estimation d’efficacité clinique (teintes Vita gagnées) — ordres de grandeur observés en cabinet, cohérents avec la littérature (ADA 2024 ; de Geus et al., Operative Dentistry, 2016). Barres rouges = méthodes abrasives ou érosives, effet de blancheur transitoire par usure de l’émail.
Méthode Efficacité Risque Verdict
Blanchiment cabinet (H2O2 ≤6 %) Élevée (6-8 teintes) Sensibilité transitoire Référence clinique
Gouttière sur mesure + gel 6 % prescrit Élevée (4-6 teintes) Sensibilité gérable Excellent rapport efficacité/prix
Bandes et kits pharmacie (H2O2 ≤0,1 % en CH) Faible (1-2 teintes) Irritation gingivale possible Modeste mais sans danger
Dentifrice « blancheur » Très faible Abrasion si RDA > 100 Effet cosmétique léger
Bicarbonate pur quotidien Illusoire Usure d’émail À éviter
Jus de citron / vinaigre Aucun Érosion acide sévère Dangereux
Charbon actif Aucun démontré Abrasion, pas de fluor À bannir — voir notre analyse charbon
Huile de coco (« oil pulling ») Aucun sur la teinte Nul Marketing

Le cadre légal suisse du blanchiment : ce qu’il faut savoir

C’est un point mal compris par nos patients. En Suisse, la concentration de peroxyde d’hydrogène autorisée dans les produits cosmétiques dentaires est encadrée par l’Ordonnance sur les produits cosmétiques (OPCos), alignée sur la directive européenne 2011/84/UE.

  • ≤ 0,1 % de H2O2 : vente libre (pharmacie, grandes surfaces, en ligne).
  • > 0,1 % à ≤ 6 % : usage réservé aux cabinets dentaires, sur patients majeurs, après examen clinique. Première application par le dentiste ou sous son contrôle direct ; éventuellement poursuite à domicile avec gouttière remise par le cabinet.
  • > 6 % : interdit en cosmétique dentaire, tant en Suisse que dans l’UE.

Autrement dit : tout kit vendu en libre accès en Suisse qui promet un résultat « clinique » à 0,1 % exagère structurellement — cette concentration est environ 60 fois inférieure à celle utilisée en cabinet. Voir notre analyse des kits de blanchiment pour le détail.

Quelle méthode pour quelle cause ?

Notre règle en consultation : on ne blanchit jamais sans examen préalable. Un blanchiment sur une dent cariée, une racine exposée ou une restauration mal étanche provoque douleur vive et peut endommager la pulpe. Le coût d’un examen à 80-150 CHF évite souvent l’achat répété de produits inefficaces.

Taches extrinsèques (café, thé, tabac, vin)

Première étape : un détartrage-polissage chez l’hygiéniste. Déjà 30-50 % des taches superficielles partent. Si le résultat est insuffisant, le blanchiment cabinet ou la gouttière sur mesure à 6 % donnent un résultat net en 2-3 semaines.

Jaune intrinsèque lié à l’âge ou à la génétique

Gouttière sur mesure + gel peroxyde de carbamide 10-16 % (équivalent 3,5-6 % de H2O2) pendant 2-4 semaines, 1-2 heures par jour. C’est une technique bien documentée : une méta-analyse publiée en 2016 (de Geus JL et al., Operative Dentistry, 12 études incluses dont 8 en méta-analyse) rapporte une efficacité comparable entre blanchiment à domicile sur gouttière et blanchiment au cabinet, avec une sensibilité dentaire post-traitement également comparable (de Geus et al., 2016).

Tétracycline, fluorose, nécrose pulpaire

Le blanchiment externe seul ne suffit pas. Les options sont :

  • Blanchiment interne (walking bleach) pour dent dévitalisée.
  • Infiltration résine ICON pour fluorose légère.
  • Facettes céramiques pour les cas esthétiques sévères — voir notre page service facettes dentaires et notre guide facettes.

Érosion / dentine exposée

Ne pas blanchir sans avoir d’abord restauré l’émail (résine de protection, reminéralisation au fluor, traitement de la cause — reflux notamment). Voir notre article sur les boissons acides et l’érosion.

Les 4 erreurs qu’on voit le plus souvent

  1. Brosser plus fort pour « blanchir ». Résultat : récession gingivale et dentine exposée — la dent paraît plus jaune.
  2. Multiplier les kits OTC en pensant accumuler les effets. À 0,1 % de H2O2, les molécules actives ne pénètrent pas l’émail de façon significative. Trois kits consécutifs irritent les gencives sans gain de teinte.
  3. Attendre d’une facette qu’elle se blanchisse plus tard. Les céramiques ne répondent pas aux peroxydes. Si on prévoit un blanchiment, on le fait avant les restaurations esthétiques, puis on harmonise la teinte prothétique au résultat.
  4. Mélanger bicarbonate et jus de citron pour « doper ». Le pire combo : abrasion mécanique + attaque acide. L’émail fond littéralement.

Combien ça coûte à Genève ?

Fourchettes observées dans les cabinets genevois en 2026 :

  • Détartrage + polissage : 150-250 CHF (pris en charge partiellement par certaines complémentaires).
  • Blanchiment au fauteuil, 1 séance 60 min : 450-700 CHF.
  • Gouttière sur mesure + gels : 400-600 CHF.
  • Kit OTC pharmacie : 30-90 CHF (effet limité).
  • Facettes céramiques : 1200-2000 CHF par dent.

Pour plus de détails sur notre offre, voir la page service blanchiment dentaire ou notre guide Hollywood smile pour les rénovations complètes.

Quand consulter ?

Avant tout blanchiment si :

  • Vous avez plus de 30 ans et jamais fait d’examen dentaire dans l’année.
  • Une seule dent est plus foncée que les autres (possible nécrose).
  • Vous avez des sensibilités au chaud/froid existantes.
  • Des restaurations visibles (composite, couronne, facette) coexistent avec les dents naturelles.

Vous hésitez entre méthodes ? Nos praticiens à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations proposent une consultation esthétique avec examen, analyse de teinte Vita et plan personnalisé. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — dents jaunes

Les dents sont-elles naturellement blanches ?

Non. La teinte naturelle varie entre A1 (jaune-ivoire clair) et B3 (jaune-orangé). Les teintes « Hollywood » B1 ou OM1 sont obtenues artificiellement — par blanchiment, facettes ou couronnes. Un sourire sain n’est pas un sourire ultra-blanc.

Un blanchiment abîme-t-il l’émail ?

Non, quand il est pratiqué avec des peroxydes aux concentrations autorisées (≤ 6 % en cabinet). Les études in vitro et les suivis cliniques à 5 ans ne montrent pas de perte minérale significative. La sensibilité passagère est due à la diffusion des peroxydes dans les tubules dentinaires, pas à une usure.

Pourquoi mes dents jaunissent vite après un blanchiment ?

Plusieurs causes : alimentation non modifiée (café, vin, curry, betterave), tabac, absence de détartrage régulier, déshydratation post-traitement qui rend la dent artificiellement blanche à J+1 puis stabilise en 2 semaines. La stabilité moyenne d’un blanchiment est de 12 à 24 mois avec hygiène correcte.

Le dentifrice blanchissant marche-t-il ?

Très modestement. La plupart agissent par abrasion légère (taches superficielles) ou par léger effet optique (pigments bleus). Gain visible : 0 à 1 teinte en 8 semaines. Attention aux RDA > 100 qui usent l’émail. À réserver à l’entretien post-blanchiment, pas à un traitement principal.

Peut-on blanchir pendant la grossesse ?

Non, par principe de précaution. Ni les autorités suisses ni la SSO ne recommandent le blanchiment chez la femme enceinte ou allaitante, bien qu’aucune toxicité ne soit documentée. À reporter après l’allaitement.

Combien de temps dure un blanchiment professionnel ?

12 à 36 mois selon l’hygiène, la consommation de café/thé/tabac, et le protocole utilisé. La gouttière sur mesure + gel permet des « retouches » d’une à deux nuits tous les 6 mois pour maintenir le résultat — c’est souvent le meilleur compromis long terme.

Pour aller plus loin

Les dents jaunes ne sont pas une maladie — mais elles cachent parfois une cause médicale (reflux, érosion, nécrose) qui mérite diagnostic avant tout acte esthétique. Chez Névé, nous préférons souvent commencer par un détartrage et un examen teinte Vita avant de proposer un blanchiment. Cela évite les dépenses en kits inefficaces et cible la vraie cause.

Si vous voulez approfondir, nos articles connexes :

Pour une analyse personnalisée, nos trois cabinets à Genève (Plainpalais, Pont-Rouge, Nations) reçoivent sur rendez-vous. Contactez-nous.


Sources clés citées :

  • Directive européenne 2011/84/UE modifiant la directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques (peroxyde d’hydrogène dans les produits de blanchiment dentaire).
  • Ordonnance suisse sur les produits cosmétiques (OPCos, RS 817.023.31), aligne la Suisse sur les limites européennes.
  • de Geus J.L. et al., At-home vs in-office bleaching: a systematic review and meta-analysis, Operative Dentistry, 2016 (PubMed)
  • American Dental Association, Tooth whitening / bleaching: treatment considerations, ADA Council on Scientific Affairs, mise à jour 2024.
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — positions cliniques.

La recherche Google « comment blanchir les dents » renvoie à 80 % du contenu sponsorisé ou des recettes TikTok. Pourtant, blanchir correctement une dent suit une logique simple : concentration de peroxyde × temps de contact × protection des tissus. Plus la concentration est élevée, plus le temps nécessaire est court, et plus la supervision professionnelle est requise. Chez Névé Clinique dentaire à Genève, nous recevons chaque mois des patients ayant essayé trois kits sans résultat — souvent parce qu’ils ont tenté d’inverser cette hiérarchie. Voici comment s’y retrouver.

Key Takeaways
– La seule hiérarchie qui compte : cabinet > gouttière sur mesure > bandes et kits OTC > dentifrices blancheur. Plus on descend, moins le peroxyde est concentré et efficace.
– En Suisse, tout produit de blanchiment vendu en libre accès contient ≤ 0,1 % de peroxyde d’hydrogène. Les concentrations réellement efficaces (≤ 6 %) sont réservées à la prescription dentaire.
Bicarbonate quotidien, jus de citron, vinaigre, charbon actif : aucun effet blanchissant réel, tous abrasifs ou érosifs. À bannir.
– La sensibilité transitoire est l’effet secondaire le plus fréquent (30-60 % des patients), gérée par fluor topique et espacement des séances.

Pourquoi les dents blanchissent (ou pas)

Le peroxyde d’hydrogène et le peroxyde de carbamide (qui libère du H2O2) pénètrent l’émail puis la dentine et oxydent les chromogènes — les molécules colorées piégées dans la matrice dentaire. Ce mécanisme est documenté depuis les années 1990 et synthétisé dans la méta-analyse de de Geus et al., Operative Dentistry, 2016 (PubMed), qui a inclus 12 études randomisées (dont 8 en méta-analyse).

Ce mécanisme a trois implications concrètes qu’on explique en consultation :

  1. Un peroxyde trop dilué (< 3 %) ne blanchit pratiquement pas. Les kits suisses en libre accès, plafonnés à 0,1 %, atteignent à peine le seuil cosmétique.
  2. Les taches « intrinsèques » profondes (tétracycline, nécrose, fluorose) résistent même à 6 %. Dans ces cas, le blanchiment externe échoue quelle que soit la méthode — il faut passer aux facettes ou au blanchiment interne.
  3. Les céramiques, composites et amalgames ne blanchissent pas. Toute restauration esthétique doit être refaite après blanchiment pour harmoniser la teinte.

Niveau 1 — Cabinet dentaire : la référence

Concentration : jusqu’à 6 % de peroxyde d’hydrogène (ou 16 % de peroxyde de carbamide) en Suisse, conformément à l’OPCos (ordonnance suisse sur les produits cosmétiques, aligne sur la directive 2011/84/UE).

Protocole : gencives protégées par un gel barrière, gel peroxyde appliqué 15 à 20 minutes, renouvelé 2 à 3 fois par séance. Certains cabinets utilisent une lampe photoactivatrice — les études récentes montrent un gain marginal à 6 mois par rapport au gel seul. L’efficacité vient surtout du peroxyde.

Résultat attendu : 6 à 8 teintes Vita en une séance de 60 à 90 minutes. Stabilité moyenne à 12 mois chez 70-80 % des patients.

Prix à Genève : 450-700 CHF par séance.

Pour qui : jaune intrinsèque modéré, colorations tabac-café tenaces, patient souhaitant un résultat rapide avant un événement, ou dent dévitalisée (blanchiment interne « walking bleach »).

Niveau 2 — Gouttière sur mesure prescrite : le meilleur compromis

C’est souvent notre recommandation préférée en cabinet pour son équilibre efficacité/prix/stabilité.

Concentration : peroxyde de carbamide 10-16 %, soit l’équivalent de 3,5-5,4 % H2O2.

Protocole : empreinte chez le dentiste → gouttière fine thermoformée → gel appliqué 1 à 8 heures par jour (selon concentration) pendant 2 à 4 semaines. La gouttière garde le gel au contact sans déborder sur les gencives.

Résultat attendu : 4 à 6 teintes Vita. Stabilité à 24 mois de 60-70 % des patients — souvent meilleure que le cabinet seul grâce à une pénétration plus lente et profonde.

Prix : 400-600 CHF (gouttière + gels pour un cycle complet).

Pour qui : patients souhaitant un résultat progressif, budget contenu, ou maintenance d’un blanchiment cabinet antérieur. La même gouttière resservira pour des « retouches » de 2 nuits tous les 6-12 mois.

Niveau 3 — Kits OTC (pharmacie, en ligne) : modeste mais non nul

Concentration en Suisse : ≤ 0,1 % de peroxyde d’hydrogène. Cette limite est imposée par l’OPCos pour tout produit vendu sans prescription dentaire.

Formats : bandes (strips), stylos, gels, sérums.

Résultat attendu : 0 à 2 teintes Vita après 2-4 semaines d’usage quotidien. L’effet perçu est souvent amplifié par déshydratation temporaire de l’émail (qui rend la dent plus mate, donc plus « blanche » sur photo) ; le vrai gain chromatique est faible.

Prix : 30 à 90 CHF.

Limites :

  • Concentration sous-clinique.
  • Application imprécise → irritation gingivale si débord.
  • Aucun examen préalable → risque sur dent cariée ou restauration non étanche.

Voir notre analyse critique des kits pour le détail des pièges.

Pour qui : patients avec teinte déjà acceptable cherchant une amélioration cosmétique marginale. Jamais comme traitement principal d’un jaune marqué.

Niveau 4 — Dentifrices et bains de bouche « blancheur »

Leur effet est presque entièrement mécanique (abrasion) ou optique (pigments bleus couvrants). La concentration en peroxyde est négligeable ou nulle.

  • Dentifrices blancheur : 0 à 1 teinte en 8-12 semaines. Attention à l’indice d’abrasivité RDA : au-delà de 100, risque d’usure dentinaire accélérée sur le long terme.
  • Bains de bouche blancheur : effet quasi nul. Temps de contact trop court.

Pour qui : uniquement en entretien post-blanchiment professionnel. Pas un traitement à part entière.

Voir notre analyse spécifique sur le dentifrice au charbon.

Ce qu’il faut bannir : les méthodes « naturelles » dangereuses

Nos hygiénistes voient régulièrement les dégâts de ces recettes virales. Voici pourquoi on les déconseille fermement.

Bicarbonate de sodium pur, brossé quotidiennement

Le bicarbonate est abrasif (RDA ~7 seul, jusqu’à 200 en poudre grossière). Utilisé 1-2 fois par semaine mélangé à un dentifrice classique, il est tolérable. Utilisé pur et quotidien, il use l’émail — et, paradoxe, rend la dent plus jaune à moyen terme car la dentine transparaît davantage.

Jus de citron, vinaigre de pomme

pH de 2 à 3. L’émail se déminéralise à pH < 5,5. Ces acides érodent la couche protectrice de la dent en quelques semaines d’usage régulier. L’effet « blanchissant » initial vient de la déshydratation de l’émail endommagé — la dent jaunit ensuite durablement. À proscrire absolument, tout comme le mélange bicarbonate + citron.

Charbon actif

Marketing extrêmement agressif, zéro preuve clinique. Une revue JADA (2017) concluait aucun effet blanchissant documenté, un risque d’abrasion, et une absence fréquente de fluor dans ces dentifrices. Détails dans notre article dédié.

Huile de coco (oil pulling)

Aucun effet démontré sur la teinte. Effet léger possible sur la plaque — mais le brossage classique reste plus efficace.

Peroxyde d’hydrogène de pharmacie (eau oxygénée 3 %) en bain de bouche

Usage ponctuel possible (prescription pour ulcération). Pas un protocole de blanchiment : temps de contact court, irritation, aucun contrôle du dosage. Ne remplace pas un gel prescrit en gouttière.

Tableau comparatif : que choisir selon votre profil ?

Profil Recommandation
Jaune lié au café/thé/tabac, émail sain Détartrage + gouttière sur mesure
Jaune intrinsèque lié à l’âge Gouttière 2-4 semaines
Patient pressé (événement < 2 semaines) Cabinet 1 séance
Dent unique foncée après choc Consultation → dévitalisation + blanchiment interne
Tétracycline, fluorose sévère Facettes céramiques plutôt que blanchiment
Dents sensibles existantes Cabinet avec fluor topique ou gouttière à faible concentration
Adolescent < 18 ans Différer, sauf cas médical
Femme enceinte / allaitante Reporter, principe de précaution

Sensibilité dentaire : l’effet secondaire n°1

30 à 60 % des patients ressentent une sensibilité transitoire au chaud/froid pendant le blanchiment. C’est le peroxyde qui diffuse dans les tubules dentinaires, pas une lésion.

Gestion :

  • Dentifrice au nitrate de potassium ou fluor 5000 ppm deux semaines avant et pendant.
  • Gel fluoré topique en gouttière le soir.
  • Espacer les séances si douleur (un jour sur deux).
  • Éviter les boissons très froides ou acides pendant le traitement.

La sensibilité disparaît en général 24 à 72 heures après l’arrêt du gel. Si elle persiste au-delà d’une semaine, consulter — ce n’est pas normal et peut révéler une récession ou dent sensible.

Entretien après blanchiment : faire durer le résultat

Notre règle : un blanchiment bien entretenu dure 24 mois ; mal entretenu, 6 mois. Ce qui fait la différence : l’hygiène quotidienne et le comportement alimentaire des 15 jours suivant la séance.

  • Les 48 premières heures : pas de café, thé, vin rouge, betterave, curry, tomate (l’émail est plus perméable aux pigments).
  • À long terme : détartrage annuel, brossage 2×/jour avec dentifrice fluoré, fil ou jet quotidien. Voir notre guide brosse électrique.
  • Retouches : gouttière 1-2 nuits tous les 6-12 mois selon rebond de teinte.

Quand consulter un professionnel ?

Avant tout blanchiment, surtout si :

  • Vous avez des saignements gingivaux réguliers au brossage.
  • Une dent est plus foncée que les autres.
  • Vous avez des restaurations visibles (composites, facettes, couronnes).
  • Vous avez déjà senti des sensibilités marquées au chaud/froid.

Nos praticiens à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations réalisent un examen complet avec analyse de teinte Vita et plan personnalisé. La consultation permet souvent d’éviter des dépenses inutiles en kits inefficaces. Prenez rendez-vous ou découvrez notre page service blanchiment dentaire.

FAQ — comment blanchir les dents

Le blanchiment est-il douloureux ?

Non, mais il provoque une sensibilité transitoire chez 30 à 60 % des patients. Cette sensibilité disparaît en 24-72 h après l’arrêt. Un prétraitement au fluor ou nitrate de potassium réduit son intensité.

Combien de teintes peut-on espérer gagner ?

En cabinet : 6 à 8 teintes Vita (échelle de 16 teintes). En gouttière sur mesure : 4 à 6. En kit OTC suisse : 0 à 2. Le gain diffère selon la teinte de départ — les dents très jaunes répondent plus que les grises.

À quelle fréquence peut-on blanchir ?

Un cycle complet tous les 12 à 24 mois, avec éventuellement des retouches en gouttière 1-2 nuits tous les 6 mois. Blanchir tous les trois mois est excessif et entretient la sensibilité sans gain de teinte.

Peut-on blanchir des couronnes ou facettes ?

Non. La céramique et la résine ne répondent pas au peroxyde. Si vous portez des restaurations antérieures et souhaitez éclaircir, on blanchit d’abord les dents naturelles, puis on refait les restaurations à la nouvelle teinte.

Le blanchiment LED à domicile marche-t-il ?

Les kits LED grand public combinent un gel à 0,1 % et une lampe dont la puissance est purement cosmétique. Les méta-analyses récentes ne démontrent pas d’effet significatif de ces LED sans peroxyde concentré. L’outil n’est utile qu’associé aux gels cabinet.

Peut-on blanchir à 16 ans ?

Déconseillé tant que la pulpe dentaire reste volumineuse (jusqu’à environ 18 ans). Exception : blanchiment interne sur dent dévitalisée après traumatisme, sous indication stricte. Pour l’esthétique simple, on attend la maturité dentaire.

Pour aller plus loin

Le « meilleur blanchiment » n’existe pas dans l’absolu — il existe le meilleur blanchiment pour votre bouche, après diagnostic. Avant d’investir dans des kits, un examen dentaire coûte moins qu’un achat répété de produits inefficaces et oriente vers la méthode vraiment adaptée.

Articles complémentaires :

Nos cabinets à Genève — Plainpalais, Pont-Rouge et Nations — reçoivent pour consultation esthétique. Contactez-nous.


Sources clés citées :

  • Directive européenne 2011/84/UE sur le peroxyde d’hydrogène dans les produits de blanchiment dentaire.
  • Ordonnance suisse sur les produits cosmétiques (OPCos, RS 817.023.31).
  • de Geus J.L. et al., At-home vs in-office bleaching: systematic review and meta-analysis, Operative Dentistry, 2016 (PubMed)
  • American Dental Association, Tooth Whitening / Bleaching, ADA Science & Research Institute, mise à jour 2024.
  • Brooks J.K. et al., Charcoal and charcoal-based dentifrices: A literature review, JADA, 2017.
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — sso.ch.