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Une sinusite peut faire mal aux dents, et une dent peut provoquer une sinusite. Le sens de la relation change complètement la prise en charge, et deux repères simples permettent de s’orienter. Quand le sinus est en cause, la douleur touche plusieurs dents du haut à la fois, reste sourde et s’aggrave nettement lorsqu’on penche la tête en avant ou qu’on descend un escalier. Quand c’est une dent, la douleur se concentre sur un point précis, réagit au froid ou au chaud, et ne varie pas avec la position de la tête. Le piège tient à ce qu’aucun des deux tableaux n’est jamais complet, ce qui explique les errances entre dentiste et médecin.

En bref

  • Les racines des molaires et prémolaires supérieures sont séparées du sinus maxillaire par une lame osseuse parfois très fine, voire absente.
  • Une sinusite fait mal à plusieurs dents du haut simultanément ; une dent malade fait mal à un seul endroit.
  • Une douleur aggravée en penchant la tête en avant oriente vers le sinus ; une douleur déclenchée par le froid oriente vers la dent.
  • Une part notable des sinusites maxillaires chroniques d’un seul côté est d’origine dentaire, et ne guérit pas tant que la dent n’est pas traitée.
  • Une mauvaise odeur ou un mauvais goût persistant d’un seul côté est un indice fort d’origine dentaire.

Pourquoi les dents du haut et le sinus se confondent

Le sinus maxillaire est une cavité aérienne creusée dans l’os de la pommette, au-dessus des dents supérieures. Son plancher surplombe directement les racines des prémolaires et des molaires. Chez certaines personnes, l’os qui les sépare mesure moins d’un millimètre ; chez d’autres, les apex des racines font saillie dans la cavité, séparés du sinus par la seule muqueuse.

À cette proximité anatomique s’ajoute une explication nerveuse. Les dents du haut et la muqueuse du sinus sont innervées par des branches du même nerf. Le cerveau localise mal l’origine exacte du signal, ce qui produit une douleur dite référée : le sinus enflammé est perçu comme une douleur dentaire, et l’inverse est vrai.

Sinusite ou dent : le tableau comparatif

Critère Origine sinusienne Origine dentaire
Nombre de dents douloureuses Plusieurs, souvent tout un secteur Une seule, parfois mal localisée
Type de douleur Sourde, pesante, comme une pression Pulsatile, lancinante, ou en décharge
Position de la tête S’aggrave en se penchant en avant, en descendant un escalier, en sautant Sans influence
Réaction au froid Normale sur toutes les dents Vive et prolongée sur une dent précise
Percussion des dents Plusieurs dents légèrement sensibles Une dent nettement plus douloureuse
Signes associés Nez bouché, écoulement, perte d’odorat, pesanteur du front Gonflement de la gencive, mauvais goût localisé
Contexte Rhume récent, allergie, épisode viral Carie connue, soin récent, dent déjà traitée
La nuit Gêne en position couchée liée à la congestion Réveille par la douleur elle-même

Ces repères orientent sans conclure. Une dent nécrosée peut ne plus réagir au froid et se manifester par une douleur diffuse trompeuse ; une sinusite peut se limiter à un seul côté et faire penser à une dent. Notre article sur le mal de dent et son arbre décisionnel propose une démarche complète, et celui sur la rage de dent traite les douleurs qui imitent une pulpite.

La sinusite d’origine dentaire

C’est le versant le moins connu, et pourtant fréquent : ce n’est pas le sinus qui fait mal aux dents, c’est une dent qui infecte le sinus. Une part notable des sinusites maxillaires chroniques touchant un seul côté relève de cette origine, et elles ne guérissent pas tant que la cause dentaire n’est pas traitée, quel que soit le nombre de cures d’antibiotiques ou de sprays nasaux.

Plusieurs mécanismes sont en cause :

  • Une infection au bout d’une racine qui perce le plancher du sinus. Elle vient d’une dent nécrosée ou d’un traitement de racine ancien et incomplet, souvent totalement indolore. Notre article sur le granulome dentaire décrit ces lésions silencieuses, et celui sur la dent dévitalisée douloureuse les situations d’échec.
  • Une maladie parodontale avancée autour d’une molaire supérieure, qui ouvre une voie vers le sinus.
  • Une communication bucco-sinusienne après l’extraction d’une molaire supérieure : un passage persiste entre la bouche et le sinus. Le signe est caractéristique : de l’air ou du liquide passe entre le nez et la bouche, la voix change, on ne peut plus gonfler les joues normalement. Cette situation doit être signalée sans attendre à celui qui a réalisé l’extraction. Nos articles sur l’extraction dentaire et sur les suites jour par jour abordent ces suites.
  • Un corps étranger dans le sinus : racine repoussée lors d’une extraction, matériau d’obturation dépassant l’apex, ou implant migré.
  • Une complication après une greffe osseuse sous-sinusienne, décrite dans notre article sur les suites d’un sinus lift.

Deux indices orientent fortement vers une origine dentaire : le caractère strictement unilatéral, et une mauvaise odeur ou un mauvais goût persistant, que les patients décrivent souvent comme une odeur qu’eux seuls perçoivent. Une sinusite virale banale est rarement d’un seul côté et ne sent pas mauvais.

Mal aux dents, à l’oreille et à la mâchoire en même temps

Cette association est fréquente et déroute souvent. Trois causes se disputent le diagnostic : la sinusite maxillaire, un trouble de l’articulation temporo-mandibulaire, et une dent de sagesse en difficulté. L’oreille elle-même est rarement en cause quand il n’y a ni fièvre ni écoulement.

Le tri repose sur des repères simples. Une douleur aggravée en penchant la tête, avec le nez bouché, va vers le sinus. Une douleur déclenchée par la mastication, avec des craquements ou une ouverture limitée, va vers l’articulation. Une douleur au fond de la mâchoire, avec une gencive gonflée derrière la dernière dent, va vers la dent de sagesse. Notre article sur la douleur mâchoire et oreille détaille ce tri, et celui sur la névralgie dentaire traite les douleurs en décharge électrique.

Le diagnostic : dentiste ou ORL ?

Commencer par le dentiste est logique lorsque la douleur est ressentie dans les dents, car c’est lui qui peut écarter formellement une cause dentaire — et c’est cette étape qui manque le plus souvent dans les sinusites qui traînent.

L’examen combine plusieurs tests. Le test au froid sur chaque dent du secteur est déterminant : si toutes les dents répondent normalement, une pulpite est écartée. La percussion compare les dents entre elles ; dans une sinusite, plusieurs dents sont modérément sensibles, alors qu’une dent malade se détache nettement. La palpation de la joue au-dessus des racines réveille la douleur en cas de sinusite.

La radiographie panoramique montre les lésions autour des racines et un éventuel épaississement du plancher sinusien. Elle ne suffit souvent pas : le CBCT, examen tridimensionnel, est aujourd’hui l’outil de référence dans cette indication. Il visualise le rapport exact entre chaque racine et le plancher du sinus, révèle une lésion invisible sur un cliché classique, et met en évidence un corps étranger ou une communication. Notre article sur la radiographie dentaire présente ces examens et leurs doses.

L’ORL intervient lorsque la cause dentaire est écartée, lorsque la sinusite est bilatérale, lorsqu’elle récidive sans explication, ou en complément d’un traitement dentaire pour prendre en charge le sinus lui-même. Les deux approches sont souvent complémentaires plutôt qu’alternatives.

Le traitement selon l’origine

Origine Prise en charge Délai d’amélioration
Sinusite virale Lavages de nez au sérum salé, antalgiques, éventuellement corticoïde nasal 7 à 10 jours, guérison spontanée
Sinusite bactérienne Traitement médical, antibiotique si indiqué par le médecin 48 à 72 heures pour l’amélioration
Sinusite d’origine dentaire Traitement de la dent : dévitalisation, retraitement ou extraction, associé si besoin à une prise en charge ORL Régression progressive après traitement de la cause
Communication bucco-sinusienne Fermeture chirurgicale, sans délai Cicatrisation en 2 à 3 semaines
Corps étranger intrasinusien Retrait chirurgical Selon l’intervention

Un point mérite d’être souligné : une sinusite d’origine dentaire ne se règle pas par des antibiotiques répétés. Ceux-ci calment l’épisode aigu, mais la source persiste et la sinusite revient. Notre article sur l’antibiotique dans une infection dentaire explique ce mécanisme.

Ce qui soulage en attendant

  • Les lavages de nez au sérum salé, plusieurs fois par jour, qui restent la mesure la plus utile en cas de congestion.
  • L’inhalation de vapeur et une bonne hydratation, qui fluidifient les sécrétions.
  • Dormir la tête surélevée, pour limiter la congestion nocturne.
  • Un antalgique adapté, paracétamol ou ibuprofène selon vos contre-indications.
  • Éviter les décongestionnants nasaux au-delà de quelques jours, sous peine d’un effet rebond.
  • Ne pas prendre d’antibiotique de sa propre initiative : la majorité des sinusites sont virales.

Quand consulter

Prenez rendez-vous chez le dentiste si la douleur des dents du haut dure plus de quarante-huit heures, si une sinusite d’un seul côté récidive ou traîne malgré les traitements, ou si un mauvais goût persiste. Consultez également après une extraction de molaire supérieure si de l’air ou du liquide passe entre le nez et la bouche : cette situation ne se referme pas seule.

Consultez en urgence en cas de gonflement de la joue ou de la paupière, de fièvre élevée, de troubles de la vision, de douleur intense d’apparition brutale, de raideur de la nuque ou de confusion. Ces signes évoquent une complication et imposent une prise en charge hospitalière. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique.

À la clinique Névé (Genève)

Devant une douleur des dents du haut, notre démarche consiste à établir ou à écarter formellement l’origine dentaire, avec les tests de vitalité et, lorsque c’est nécessaire, un examen tridimensionnel qui montre le rapport entre les racines et le plancher du sinus. Nous travaillons en lien avec les confrères ORL lorsque la prise en charge doit être partagée. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser une consultation, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon mal de dents vient d’une sinusite ?

Une sinusite fait mal à plusieurs dents du haut à la fois, avec une douleur sourde qui s’aggrave quand on penche la tête en avant ou qu’on descend un escalier, souvent avec le nez bouché. Une dent malade fait mal à un seul endroit et réagit vivement au froid.

Une dent peut-elle provoquer une sinusite ?

Oui, et c’est fréquent. Une infection au bout de la racine d’une molaire ou d’une prémolaire supérieure peut percer le plancher du sinus. Une part notable des sinusites maxillaires chroniques d’un seul côté est d’origine dentaire et ne guérit pas sans traitement de la dent.

Pourquoi j’ai mal aux dents, à l’oreille et à la mâchoire en même temps ?

Trois causes se disputent ce tableau : une sinusite maxillaire, un trouble de l’articulation de la mâchoire, ou une dent de sagesse en difficulté. Une douleur aggravée en se penchant oriente vers le sinus, une douleur à la mastication avec craquements vers l’articulation.

Quel examen permet de trancher entre sinus et dent ?

Le test au froid sur chaque dent du secteur est déterminant : si toutes répondent normalement, une origine dentaire pulpaire est écartée. Le CBCT, examen tridimensionnel, est aujourd’hui la référence : il montre le rapport exact entre les racines et le plancher du sinus.

Faut-il aller chez le dentiste ou chez l’ORL ?

Commencez par le dentiste si la douleur est ressentie dans les dents : c’est lui qui peut écarter formellement une cause dentaire, étape souvent manquante dans les sinusites qui traînent. L’ORL intervient ensuite si la cause dentaire est écartée ou en complément du traitement.

De l’air passe entre mon nez et ma bouche après une extraction, est-ce normal ?

Non. Cela signe une communication entre la bouche et le sinus, qui peut survenir après l’extraction d’une molaire supérieure. Elle ne se referme pas toujours seule et expose à une infection du sinus. Signalez-le sans attendre au praticien qui a réalisé l’extraction.

Une douleur devant l’oreille, qui irradie à la mâchoire, à la tempe, parfois à la dent du fond, est l’un des motifs de consultation les plus ambigus en cabinet dentaire. Quatre causes se disputent le diagnostic : articulation temporo-mandibulaire (ATM), otite, sinusite maxillaire, dent de sagesse. Chacune a son traitement — et son mauvais traitement peut aggraver. En tant qu’équipe de Névé Clinique dentaire à Genève, nous proposons ici les tests de tri à faire chez soi avant de décider quel professionnel consulter.

Key Takeaways
– L’articulation temporo-mandibulaire (ATM) est la cause n°1 en dentisterie : douleur déclenchée par la mastication ou l’ouverture, souvent craquements.
– L’otite se distingue par la douleur à la traction du pavillon et les signes ORL associés (fièvre, sécrétions, surdité transitoire).
– La sinusite maxillaire donne une pression sous l’œil, aggravée au penché en avant, souvent après un rhume.
– La péricoronarite (dent de sagesse) se repère par une gencive rouge tuméfiée en arrière de la dernière molaire + trismus.
– La classification DC/TMD (Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders) standardise l’évaluation depuis 2014 (INfORM).

Pourquoi la mâchoire et l’oreille partagent leur douleur ?

Les quatre structures — ATM, oreille moyenne, sinus maxillaire, dent de sagesse — sont voisines anatomiquement et sensibilisées par les mêmes nerfs (branches du trijumeau V3 pour la mâchoire et l’ATM, branches du V2 pour la dent de sagesse supérieure et le sinus, et auriculo-temporal pour l’oreille). Le cerveau a du mal à localiser précisément la source — c’est la douleur projetée classique.

La conséquence pratique : une otite peut sembler « venir de la mâchoire », une ATM peut sembler « venir de l’oreille ». D’où l’importance du tri.

Les 4 causes : comment elles se présentent

1. Trouble temporo-mandibulaire (ATM / TMD)

Signes cardinaux :
– Douleur en avant de l’oreille (un doigt d’épaisseur devant le tragus), sur l’articulation elle-même ou sur les masséters/temporaux voisins.
– Aggravée par la mastication, le bâillement, la parole prolongée.
– Craquements ou ressauts à l’ouverture (voir mâchoire qui craque).
– Parfois limitation d’ouverture (< 35 mm mesuré entre incisives haut/bas).
– Souvent associé à du bruxisme nocturne — céphalées matinales, dents usées.

Test rapide : appuyez sur l’articulation (1 cm devant le tragus) en ouvrant/fermant lentement la bouche. Douleur reproduite ou craquement net = ATM probable. Voir notre page complète trouble de l’ATM.

2. Otite (moyenne ou externe)

Signes cardinaux :
– Douleur à l’intérieur de l’oreille, parfois pulsatile.
– Traction sur le pavillon ou pression sur le tragus = douleur vive (otite externe).
– Fièvre, parfois sécrétions, sensation d’oreille bouchée, baisse auditive transitoire.
– Contexte de rhume récent (otite moyenne aiguë après rhino-pharyngite) ou baignade (otite externe).

Test rapide : tirez doucement sur le lobe de l’oreille ou appuyez sur le tragus (petit relief devant l’entrée du conduit). Douleur reproduite = origine auriculaire probable → consultation médecin traitant ou ORL, pas dentiste.

3. Sinusite maxillaire

Signes cardinaux :
– Pression sous l’œil / au-dessus des dents supérieures, sensation de joue « pleine ».
– Aggravation au penché en avant (attacher ses chaussures, bâiller) ou au saut.
– Douleur sur plusieurs dents supérieures simultanément (mime une rage de dent).
– Contexte de rhume récent mal guéri (> 7-10 jours), congestion nasale, écoulement purulent possible.

Test rapide : penchez le tronc en avant 30 secondes. Si la douleur pulse et s’aggrave = sinusite probable. Voir notre article rage de dent : vraie pulpite ou imitation ?.

4. Péricoronarite (dent de sagesse)

Signes cardinaux :
– Douleur en arrière de la dernière molaire mandibulaire, souvent chez le jeune adulte (18-30 ans).
– Gencive rouge et gonflée qui recouvre partiellement la dent de sagesse.
– Trismus (ouverture buccale limitée, douloureuse).
– Ganglion sous la mandibule palpable.
– Parfois goût métallique ou mauvaise haleine (écoulement purulent sous l’opercule).

Test rapide : ouvrez la bouche devant un miroir, regardez la zone derrière la dernière molaire du bas. Si vous voyez une gencive rouge et enflée qui déborde sur une dent partiellement sortie = péricoronarite probable. Voir notre page péricoronarite dent de sagesse.

Arbre de tri à domicile : 4 tests, 5 minutes

Voici la séquence de tests que nous conseillons au téléphone pour orienter le patient vers le bon spécialiste :

Test Geste Si positif
Traction du pavillon Tirer le lobe d’oreille vers le bas, presser le tragus Otite externe/moyenne → ORL ou généraliste
Penché en avant Tronc penché 30 sec Sinusite maxillaire → généraliste
Palpation ATM Appuyer 1 cm devant le tragus + ouvrir/fermer ATM → dentiste
Miroir zone dent de sagesse Gencive rouge tuméfiée en arrière de la dernière molaire ? Péricoronarite → dentiste

Test complémentaire — le test de la morsure unilatérale : mordez sur un coton plié côté douloureux, puis côté opposé. Si la douleur se réveille d’un côté précis sur une dent = origine dentaire (pulpite, fêlure, dent de sagesse). Si la douleur se réveille sur la mâchoire entière = ATM.

Signes qui distinguent les 4 causes — carte rapide ATM Devant l’oreille Mastication + Craquements Bruxisme nuit Limitation ouverture → dentiste Otite Dans l’oreille Traction pavillon Fièvre, écoulement Après rhume Baisse audition → ORL / généraliste Sinusite Sous l’œil Penché en avant + Plusieurs dents Congestion nasale Après rhume → généraliste / ORL Dt sagesse Arrière molaire Gencive rouge Trismus Jeune adulte Ganglion → dentiste
Source : synthèse Névé Clinique dentaire, d’après critères DC/TMD et littérature ORL/stomato.

Cas particuliers à connaître

L’otalgie dentaire inversée

Scénario : vous allez chez l’ORL pour une otalgie, les tympans sont normaux. Vous allez chez le dentiste : pulpite d’une molaire mandibulaire, douleur irradiée à l’oreille. Fréquent. Le nerf auriculo-temporal (branche du V3) partage le territoire de la molaire inférieure et de l’oreille externe. Un traitement canalaire de la molaire éteint l’otalgie.

Le syndrome de Eagle (long processus styloïde)

Rare mais documenté : un processus styloïde (os à la base du crâne) anormalement long peut comprimer les structures cervicales et donner une douleur pharynx/cou/oreille chronique. Se révèle en imagerie. À connaître quand tout le reste est exclu.

La névralgie du trijumeau

Douleur en décharge électrique fulgurante (secondes), déclenchée par un toucher cutané (rasage, brossage, vent). Non continue. Territoire V2 ou V3 unilatéral. Orientation neurologique — voir rage de dent : causes.

Le bruxisme nocturne sans douleur ATM mais avec douleur auriculaire

Le bruxisme peut donner une otalgie projetée pure (via spasme des muscles ptérygoïdiens internes, qui s’insèrent juste sous l’ATM). Céphalées matinales + dents usées + otalgie unilatérale → pensez bruxisme. Voir nos articles bruxisme et grincement des dents : diagnostic auto.

Ce qu’il faut faire en urgence, ce qui peut attendre

Urgence (consultation < 24 h) :
– Douleur + fièvre > 38,5 °C.
– Trismus sévère (ouverture < 2 cm).
– Gonflement cervical visible, difficulté à avaler.
– Altération de l’état général.

Pour les adultes à Genève en dehors des heures d’ouverture : service de garde SMD/SSO Genève, ou 144 pour urgence vitale.

Semi-urgence (< 72 h) :
– Péricoronarite : dentiste, dent de sagesse souvent à retirer.
– Douleur ATM aiguë avec blocage : dentiste — voir mandibule bloquée.
– Sinusite avec douleur intense : généraliste pour antibiothérapie.

Consultation programmée (1-2 semaines) :
– Douleur ATM chronique modérée sans blocage : bilan dentaire + gouttière si bruxisme.
– Douleur auriculaire modérée sans fièvre : médecin traitant.

Traitements spécifiques selon la cause

ATM / TMD

  • Première ligne : antalgie (AINS), mesures conservatrices (alimentation molle, éviter chewing-gum, relaxation).
  • Gouttière occlusale nocturne si bruxisme associé — voir gouttière nocturne.
  • Physiothérapie mandibulaire (exercices, thérapie manuelle).
  • Prise en charge du stress et des facteurs aggravants.

Otite

Médecin traitant/ORL : antalgiques, traitement adapté (antibiotique parfois dans l’otite moyenne aiguë, gouttes locales dans l’externe). Pas de traitement dentaire.

Sinusite maxillaire

Médecin traitant : antalgiques, lavages nasaux au sérum physiologique, décongestionnants courte durée, antibiotiques seulement si suspicion bactérienne (> 10 j ou symptômes qui reprennent). Si sinusite d’origine dentaire (foyer apical sur dent supérieure), retour au dentiste pour traitement de la cause.

Dent de sagesse (péricoronarite)

  • Premier épisode isolé : rinçages, antalgie, parfois antibiotique court.
  • Récidives : extraction de la dent de sagesse en chirurgie orale.

Nos cabinets Névé pour les douleurs ATM à Genève

Les trois sites Névé (Plainpalais, Pont-Rouge, Nations) proposent :
– Consultation diagnostique complète avec radiologie numérique (panoramique, cone-beam si indiqué).
– Réalisation de gouttières occlusales sur mesure.
– Chirurgie orale pour les dents de sagesse.
– Orientation vers confrères ORL / neurologues quand nécessaire.

Prenez rendez-vous en ligne.

Voir aussi notre article douleur à la mâchoire : causes et solutions et mal de mâchoire : causes et traitements.

FAQ — douleur mâchoire et oreille

Comment savoir si j’ai une otite ou un trouble de l’ATM ?

Le test de la traction du pavillon de l’oreille tranche vite : une otite (surtout externe) est très douloureuse quand on tire sur le lobe ou qu’on presse sur le tragus. L’ATM n’est pas sensible à ce geste — elle l’est à la palpation en avant de l’oreille et à la mastication. En cas de doute, un ORL ou un généraliste confirme l’otite par otoscopie (examen du tympan).

La sinusite peut-elle vraiment donner mal aux dents ?

Oui, et c’est très fréquent. Le plancher du sinus maxillaire est séparé des apex des molaires supérieures par une fine lamelle osseuse. L’inflammation sinusienne irradie directement vers plusieurs dents, qui peuvent paraître « douloureuses ensemble » — signal typique qui oriente vers la sinusite plutôt que vers une rage de dent unique.

Les craquements de la mâchoire sont-ils grave ?

Pas toujours. Un craquement indolore à l’ouverture est très fréquent (jusqu’à 30 % de la population) et ne nécessite pas de traitement. Un craquement douloureux, ou qui s’associe à un blocage ou une limitation d’ouverture, mérite une consultation — voir notre article craquement de mâchoire : causes et solutions.

Une dent de sagesse peut-elle faire mal à l’oreille ?

Oui, directement (péricoronarite qui irradie via le nerf auriculo-temporal) ou indirectement (spasme musculaire associé). Le tableau typique : jeune adulte, douleur unilatérale arrière-mâchoire + oreille, trismus, gencive rouge tuméfiée derrière la dernière molaire.

Combien de temps dure une douleur ATM ?

Les épisodes aigus durent en général quelques jours à 2-3 semaines avec traitement conservateur (AINS, alimentation molle, gouttière). Les formes chroniques peuvent durer des mois — c’est là que la prise en charge pluridisciplinaire (dentiste + physiothérapeute + gestion du stress) devient essentielle.

Faut-il consulter un dentiste ou un ORL en premier ?

Fait simple : si les tests « pavillon d’oreille + penché en avant » sont positifs, commencez par un généraliste ou un ORL. S’ils sont négatifs et que les tests « ATM + mastication + dent de sagesse » sont positifs, commencez par un dentiste. En cas de doute, le dentiste écarte le dentaire en 15 minutes et réoriente si nécessaire.

Pour aller plus loin

Une douleur mâchoire-oreille n’est pas mystérieuse : quelques tests simples permettent de distinguer les quatre causes principales et d’orienter vers le bon professionnel. Ne laissez pas une douleur persister plus de 7 à 10 jours sans avis médical — la plupart de ces causes se traitent bien quand elles sont prises à temps.

Chez Névé Clinique dentaire à Genève, nos équipes reçoivent pour des bilans ATM et des suspicions de péricoronarite sur nos trois cabinets (Plainpalais, Pont-Rouge, Nations). Prenez rendez-vous en ligne pour un diagnostic complet.


Sources clés citées :

  • Schiffman E. et al., Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders (DC/TMD), Journal of Oral & Facial Pain and Headache, 2014 (INfORM)
  • Manfredini D., Lobbezoo F., Relationship between bruxism and temporomandibular disorders, J Oral Rehabil, 2010
  • Okeson JP., Bell’s Oral and Facial Pain, 7th ed., Quintessence Publishing
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations ATM