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Une greffe de gencive dure quarante-cinq à quatre-vingt-dix minutes sous anesthésie locale. La douleur est modérée et concerne surtout le palais, zone d’où le greffon est prélevé, pendant deux à quatre jours. La cicatrisation des tissus prend environ deux semaines, mais le résultat définitif — couleur, texture, stabilité — ne s’apprécie qu’après trois à six mois de maturation. C’est une intervention bien codifiée, dont le déroulement est prévisible ; ce qui surprend le plus les patients, c’est que la zone opérée fait moins mal que la zone donneuse.

En bref

  • L’intervention se déroule sous anesthésie locale, en une séance de quarante-cinq à quatre-vingt-dix minutes.
  • La douleur vient principalement du palais, pas de la zone greffée : elle est modérée et dure deux à quatre jours.
  • Il ne faut pas brosser la zone greffée pendant deux à trois semaines : le nettoyage se fait par bain de bouche prescrit.
  • Le résultat esthétique final s’apprécie à trois à six mois, le temps que la couleur se fonde avec la gencive voisine.
  • Le tabac réduit nettement les chances de succès : c’est le facteur modifiable qui pèse le plus.

Pourquoi greffer la gencive

La gencive se rétracte pour plusieurs raisons : un brossage trop appuyé ou avec une brosse trop dure, une maladie parodontale, un tissu gingival naturellement fin, une dent mal positionnée sur l’arcade, un frein qui tire, ou un déplacement orthodontique. La racine se découvre alors progressivement.

Cette exposition n’est pas seulement un problème d’apparence. Elle entraîne une sensibilité au froid parfois invalidante, expose la racine — plus tendre que l’émail — aux caries et à l’usure, et fragilise l’ancrage de la dent si la rétraction progresse. Nos articles sur le déchaussement des dents et sur la dent sensible détaillent ces conséquences.

La greffe est indiquée dans plusieurs situations : recouvrir une racine exposée, épaissir une gencive trop fine avant un traitement orthodontique ou la pose d’une couronne, sécuriser une zone autour d’un implant, ou stopper une récession qui progresse. Toutes les récessions ne se greffent pas : une rétraction stable, sans gêne ni progression, peut simplement être surveillée. Notre page sur la greffe de gencive présente notre prise en charge.

Les techniques

Technique Principe Indication privilégiée Prélèvement au palais
Greffe conjonctive enfouie Un greffon prélevé sous la surface du palais est glissé sous la gencive existante Recouvrir une racine, exigence esthétique Oui, sous la muqueuse
Greffe épithélio-conjonctive Un greffon de pleine épaisseur est posé en surface Créer de la gencive attachée quand il n’y en a plus Oui, en surface
Tunnelisation Le greffon est passé dans un tunnel, sans incision verticale Plusieurs dents contiguës, cicatrisation plus discrète Oui
Lambeau déplacé coronairement La gencive existante est repositionnée vers le haut, seule ou avec un greffon Récession isolée avec tissu suffisant Seulement si greffon associé
Matrice de collagène Un substitut remplace le greffon Éviter le prélèvement, plusieurs sites à traiter Non

La greffe conjonctive enfouie reste la référence pour recouvrir une racine avec un bon résultat esthétique : le greffon étant enfoui, la couleur finale se fond avec la gencive voisine. La greffe épithélio-conjonctive donne un tissu plus épais et plus résistant, mais sa teinte reste souvent un peu plus claire, ce qui la réserve aux zones peu visibles.

Les matrices de collagène évitent le prélèvement au palais et donc la principale source de douleur. Elles constituent une option intéressante quand plusieurs sites doivent être traités, avec des résultats un peu moins prévisibles que le tissu du patient dans les situations exigeantes.

Avant l’intervention

La consultation préalable mesure les récessions, évalue l’épaisseur du tissu restant, vérifie l’état des dents concernées et identifie la cause de la rétraction. Ce dernier point est décisif : greffer sans corriger un brossage traumatique ou une maladie parodontale active revient à réparer sans avoir arrêté la cause. La technique de brossage est donc revue, et notre article sur la brosse à dents électrique aborde le choix d’un matériel adapté.

Une maladie parodontale doit être traitée et stabilisée avant toute chirurgie : notre article sur le saignement des gencives décrit cette étape préalable, et celui sur le parodontologue à Genève le déroulement d’une prise en charge complète.

Signalez vos traitements en cours, en particulier un anticoagulant, et vos antécédents médicaux. Sur le tabac, le message est direct : il réduit la vascularisation et compromet la prise du greffon. Un arrêt, même temporaire, dans les semaines qui encadrent l’intervention améliore réellement le résultat, comme l’explique notre article sur le tabac et les soins dentaires.

Le jour de l’intervention

Vous mangez normalement avant de venir : il s’agit d’une anesthésie locale, pas d’une anesthésie générale. L’intervention se déroule en plusieurs temps.

  • Anesthésie de la zone à greffer et du palais.
  • Préparation du site receveur : la racine exposée est nettoyée et lissée, et la gencive est décollée pour créer l’espace destiné au greffon.
  • Prélèvement au palais, en général du côté opposé à la main dominante, sur une zone située entre la canine et la première molaire.
  • Mise en place et sutures : le greffon est positionné puis fixé par des points fins, souvent résorbables.
  • Protection du palais : un pansement, une colle chirurgicale ou une petite plaque en résine peut être posé pour couvrir la zone donneuse et réduire la gêne.

L’ensemble prend quarante-cinq à quatre-vingt-dix minutes selon le nombre de dents traitées. Vous repartez seul, et vous pouvez conduire.

La cicatrisation, jour par jour

Période Ce qui se passe Ce qu’il faut faire
J0, premières heures Retour des sensations, gêne croissante au palais Antalgique avant la fin de l’anesthésie, froid sur la joue, repos
J1 à J3 Douleur maximale, surtout au palais ; parfois léger gonflement Antalgiques réguliers, alimentation froide et molle, aucun brossage sur les sites
J4 à J7 La douleur décroît nettement, le palais forme une membrane blanchâtre Poursuite du bain de bouche prescrit, alimentation toujours molle
J8 à J14 Cicatrisation superficielle acquise, retrait des points si nécessaire Contrôle au cabinet, reprise progressive d’un brossage très doux selon consigne
Semaines 3 à 6 Le greffon s’intègre, sa couleur est encore différente Reprise du brossage normal sur le site, avec la technique revue
Mois 3 à 6 Maturation : la teinte se fond, le volume se stabilise Résultat définitif appréciable, contrôle de maintenance

Quelques repères utiles pendant cette période. La membrane blanchâtre qui se forme sur le palais est un tissu de cicatrisation normal, pas une infection. Un léger suintement sanguin le premier soir est banal. Un greffon qui paraît blanchâtre les premiers jours ne signifie pas qu’il est nécrosé : sa vascularisation se rétablit progressivement.

Le palais, la vraie zone sensible

C’est le point que les patients découvrent souvent après coup, et qu’il vaut mieux savoir avant. La zone greffée fait peu mal, car elle est protégée sous la gencive. Le palais, lui, présente une plaie à vif, exposée à la langue, aux aliments et aux liquides.

La gêne se compare à une brûlure de palais bien marquée : désagréable, gênante pour manger et pour parler, mais supportable avec des antalgiques usuels. Elle culmine entre le premier et le troisième jour puis décroît franchement. Plusieurs mesures aident : le froid, une alimentation lisse et fraîche, l’évitement des aliments croquants, épicés et acides, et le port du pansement ou de la plaque de protection si elle a été fournie. Évitez de passer la langue sur la zone, réflexe qui retarde la cicatrisation.

Un saignement du palais peut survenir dans les premiers jours, parfois impressionnant. La conduite est simple : comprimer avec une compresse propre pendant dix à quinze minutes sans regarder entre-temps, en position assise. Si le saignement persiste malgré deux compressions, appelez le cabinet.

Les consignes qui font la différence

  • Ne brossez pas les sites opérés pendant la durée indiquée, en général deux à trois semaines. Le nettoyage passe par le bain de bouche prescrit. Continuez en revanche à brosser normalement le reste de la bouche.
  • Ne soulevez pas la lèvre pour regarder le résultat : ce geste, très tentant, tire sur les sutures et peut déplacer le greffon. C’est la cause la plus fréquente d’échec évitable.
  • Mangez froid et mou pendant une semaine : compotes, yaourts, purées, fromage frais, soupes froides. Évitez le croquant, le chaud, l’acide et l’épicé.
  • Ne fumez pas : c’est la consigne qui influence le plus le résultat.
  • Évitez le sport intense et les efforts physiques pendant une semaine, ainsi que les bains chauds et le sauna.
  • Dormez la tête surélevée les premières nuits.
  • Ne recrachez pas énergiquement et n’utilisez pas de paille : la dépression créée peut décoller le caillot.

Notre article sur l’hygiène buccale après une chirurgie dentaire détaille le protocole complet, applicable à cette intervention comme aux autres.

Complications possibles

Elles sont peu fréquentes mais méritent d’être connues :

  • Un échec partiel ou total de la prise du greffon, favorisé par le tabac, une traction sur les sutures ou une infection.
  • Un recouvrement incomplet de la racine, notamment lorsque l’os interdentaire est déjà perdu : le résultat dépend étroitement de la situation de départ.
  • Une infection, rare, se manifestant par une douleur qui augmente après le troisième jour, un gonflement, du pus ou de la fièvre.
  • Un saignement du palais, généralement maîtrisé par compression.
  • Une sensibilité transitoire du palais ou une zone légèrement engourdie, qui régresse en quelques semaines.

Quels résultats attendre

Le recouvrement d’une racine est le plus prévisible lorsque l’os et la gencive entre les dents sont intacts. Dans ces situations favorables, un recouvrement complet est fréquemment obtenu avec une greffe conjonctive. Lorsque le support interdentaire est déjà perdu, le recouvrement reste partiel : c’est une limite anatomique, pas un défaut de technique, et il est important qu’elle soit annoncée avant l’intervention.

Les bénéfices dépassent l’esthétique : la sensibilité au froid diminue nettement, la racine est protégée des caries et de l’usure, et la gencive épaissie résiste mieux au brossage. La stabilité dans le temps est bonne, à condition que la cause initiale ait été corrigée et que la maintenance soit régulière. Si un traitement orthodontique est prévu, l’épaississement préalable de la gencive protège les dents pendant le déplacement, comme l’aborde notre article sur l’orthodontie chez l’adulte.

Le coût de l’intervention et sa prise en charge sont détaillés dans notre article sur le prix d’une greffe de gencive en Suisse. D’autres interventions du même type suivent une logique proche, comme le décrivent nos articles sur les suites d’un sinus lift et sur la douleur après une greffe osseuse.

Quand consulter

Reprenez contact avec le cabinet qui a opéré en présence de l’un de ces signes :

  • Une douleur qui augmente après le troisième jour au lieu de diminuer.
  • Un saignement du palais qui persiste malgré deux compressions de quinze minutes.
  • Un gonflement croissant, du pus, un goût désagréable ou de la fièvre.
  • Des sutures qui lâchent ou un greffon qui paraît se déplacer.
  • Une zone greffée devenue grise ou noire.
  • Une gêne à avaler ou un gonflement qui s’étend : consultez en urgence.

Une dent qui devient mobile après l’intervention doit également être signalée : notre article sur la dent qui bouge chez l’adulte en explique les causes. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique.

À la clinique Névé (Genève)

Nos praticiens réalisent les greffes de gencive après avoir traité la cause de la récession, ce qui conditionne la stabilité du résultat. Nous annonçons avant l’intervention le recouvrement réellement atteignable dans votre situation, plutôt que de promettre un résultat que l’anatomie ne permet pas. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser une consultation, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Une greffe de gencive fait-elle mal ?

La douleur est modérée et concerne surtout le palais, d’où le greffon est prélevé, pas la zone greffée. Elle est comparable à une brûlure de palais marquée, culmine entre le premier et le troisième jour, et se contrôle avec des antalgiques usuels.

Combien de temps dure la cicatrisation d’une greffe de gencive ?

La cicatrisation superficielle est acquise en environ deux semaines, moment où les points sont retirés si nécessaire. Le greffon s’intègre ensuite pendant trois à six semaines, et le résultat définitif — couleur, texture, volume — s’apprécie à trois à six mois.

Peut-on se brosser les dents après une greffe de gencive ?

Pas sur les sites opérés pendant deux à trois semaines : le nettoyage y passe par le bain de bouche prescrit. Le reste de la bouche se brosse normalement. Reprenez le brossage du site uniquement sur consigne du praticien, avec une brosse très souple.

Que peut-on manger après une greffe de gencive ?

Des aliments froids et lisses pendant une semaine : compotes, yaourts, purées, fromage frais, soupes froides. Évitez le croquant, le chaud, l’acide et l’épicé, ainsi que les pailles, dont la dépression peut décoller le caillot au palais.

Une greffe de gencive tient-elle dans le temps ?

Oui, à deux conditions : que la cause initiale ait été corrigée — brossage traumatique, maladie parodontale — et que la maintenance soit régulière. Le tabac reste le facteur modifiable qui compromet le plus la prise du greffon puis sa stabilité.

La racine sera-t-elle entièrement recouverte ?

Cela dépend de l’os et de la gencive entre les dents. Quand ce support est intact, un recouvrement complet est fréquemment obtenu. Quand il est déjà perdu, le recouvrement reste partiel : c’est une limite anatomique, qui doit être annoncée avant l’intervention.

Le trismus est une limitation de l’ouverture de la bouche d’origine musculaire ou inflammatoire, le plus souvent après l’extraction de dents de sagesse inférieures, une anesthésie tronculaire ou une infection dentaire. On parle de trismus lorsque l’ouverture maximale entre les incisives descend sous trente-cinq millimètres, alors qu’elle atteint normalement quarante à soixante millimètres. Dans le contexte post-opératoire, il est banal, culmine vers le deuxième ou troisième jour et régresse en une à deux semaines. Certaines situations, en revanche, imposent une consultation immédiate.

En bref

  • Le trismus est une contracture des muscles de la mastication, pas un blocage de l’articulation elle-même : c’est ce qui le distingue d’une mâchoire bloquée d’origine articulaire.
  • Le test des trois doigts permet une auto-évaluation immédiate : si trois doigts empilés passent entre les incisives, l’ouverture est normale.
  • Après une extraction de dent de sagesse inférieure, il est fréquent et régresse en une à deux semaines sans séquelle.
  • La chaleur locale, les anti-inflammatoires et surtout des exercices d’ouverture progressifs accélèrent nettement la récupération.
  • Un trismus accompagné de fièvre, d’un gonflement du plancher de la bouche ou d’une gêne à avaler ou à respirer est une urgence.

Qu’est-ce que le trismus ?

Le trismus est la difficulté ou l’impossibilité d’ouvrir la bouche normalement, en raison d’une contracture ou d’une inflammation des muscles qui ferment la mâchoire. Les muscles concernés sont le masséter, le temporal et surtout le ptérygoïdien médial, situé à la face interne de la branche de la mandibule, juste là où passe l’aiguille lors d’une anesthésie de la mâchoire inférieure.

Il faut le distinguer d’un blocage articulaire. Dans le trismus, l’articulation elle-même est saine : c’est le muscle qui refuse de laisser la bouche s’ouvrir, souvent avec une douleur à l’étirement. Dans un blocage d’origine articulaire, c’est le disque de l’articulation temporo-mandibulaire qui empêche mécaniquement le mouvement, sans contracture musculaire au premier plan. Notre article sur la mâchoire bloquée traite de cette seconde situation, et celui sur la luxation de la mandibule du cas où la bouche reste au contraire ouverte.

Mesurer son ouverture : le test des trois doigts

L’évaluation est simple et se fait chez soi. Empilez l’index, le majeur et l’annulaire, les uns au-dessus des autres, et tentez de les insérer verticalement entre les incisives du haut et celles du bas.

Résultat du test Ouverture approximative Interprétation
Trois doigts passent 40 mm et plus Ouverture normale
Deux doigts et demi 30 à 40 mm Limitation modérée, à surveiller
Deux doigts 25 à 30 mm Trismus net, gêne pour manger
Un doigt ou moins Moins de 20 mm Trismus sévère, consultation nécessaire

Notez votre mesure au fil des jours : c’est l’évolution qui compte le plus. Une ouverture qui gagne quelques millimètres chaque jour est rassurante ; une ouverture qui se réduit progressivement après avoir commencé à s’améliorer ne l’est pas.

Les causes du trismus

Après une extraction de dent de sagesse

C’est de loin la cause la plus fréquente. L’extraction d’une dent de sagesse inférieure combine plusieurs facteurs : l’œdème inflammatoire post-opératoire, l’ouverture prolongée de la bouche pendant l’intervention, la traction des tissus et l’injection profonde de l’anesthésique. Le trismus apparaît dès le lendemain, atteint son maximum au deuxième ou troisième jour, en même temps que le gonflement de la joue, puis régresse. Notre article sur les suites d’une extraction jour par jour replace ce phénomène dans la chronologie normale, et celui sur l’opération des dents de sagesse décrit l’intervention.

Après une anesthésie de la mâchoire inférieure

L’anesthésie tronculaire, celle qui endort toute la moitié inférieure de la bouche, traverse le muscle ptérygoïdien médial. Un petit saignement dans le muscle ou une réaction inflammatoire locale suffisent à provoquer une contracture, qui apparaît un à trois jours après le rendez-vous. Cette forme est particulièrement déroutante, car elle survient parfois après un simple soin sans chirurgie. Elle est bénigne et guérit spontanément, mais peut demander deux à trois semaines.

En cas d’infection

Une infection qui diffuse vers les espaces musculaires profonds provoque un trismus, parfois avant même que le gonflement soit visible. C’est le cas d’une péricoronarite de dent de sagesse, d’un abcès d’origine dentaire ou d’une infection après extraction. Ici, le trismus n’est pas un symptôme banal : c’est un indicateur de la profondeur de l’infection, et il impose une consultation rapide.

Les autres causes

  • Traumatisme : fracture de la mandibule ou de l’arcade zygomatique, contusion des masséters après un choc.
  • Trouble de l’articulation temporo-mandibulaire : la contracture musculaire accompagne fréquemment un dysfonctionnement articulaire chronique.
  • Radiothérapie de la tête et du cou : le trismus s’installe tardivement, plusieurs mois après le traitement, par fibrose des muscles irradiés. Il est progressif et nécessite une rééducation au long cours.
  • Certains médicaments : quelques traitements neuroleptiques peuvent provoquer des contractures des muscles de la mâchoire.
  • Tétanos : cause historique du terme, aujourd’hui exceptionnelle grâce à la vaccination, mais qui justifie de vérifier le statut vaccinal devant un trismus sans explication après une plaie.
  • Alvéolite sèche : la douleur intense limite parfois l’ouverture ; voir notre article sur l’alvéolite sèche.

Combien de temps dure un trismus ?

La durée dépend entièrement de la cause.

Cause Apparition Durée habituelle
Extraction de dent de sagesse Dès le lendemain, maximum à J2-J3 1 à 2 semaines
Anesthésie tronculaire 1 à 3 jours après le soin 1 à 3 semaines
Infection dentaire Progressive, avec la douleur Régresse en 2 à 5 jours après traitement de la cause
Trouble articulaire Variable, souvent au réveil Fluctuant, nécessite une prise en charge
Après radiothérapie Plusieurs mois après Prolongé, rééducation au long cours

Un repère utile après une extraction : l’ouverture doit s’améliorer à partir du quatrième jour. Si elle stagne ou se dégrade au-delà du cinquième jour, ou si la douleur augmente au lieu de diminuer, il faut reprendre contact avec le praticien qui a opéré.

Ce que vous pouvez faire à la maison

Le muscle contracté récupère d’autant plus vite qu’on le sollicite doucement. L’immobilité prolongée entretient au contraire la raideur.

  • Chaleur locale : une compresse tiède ou une bouillotte sur la joue, quinze à vingt minutes plusieurs fois par jour, à partir du troisième jour après une chirurgie. Avant ce délai, c’est le froid qui reste indiqué pour limiter l’œdème.
  • Anti-inflammatoires : selon la prescription de votre praticien, ils agissent à la fois sur la douleur et sur l’inflammation qui entretient la contracture.
  • Exercices d’ouverture progressive : ouvrez la bouche lentement jusqu’au seuil de l’inconfort, sans jamais forcer dans la douleur, maintenez dix secondes, relâchez. Répétez dix fois, cinq à six fois par jour.
  • Méthode des abaisse-langue : empilez des abaisse-langue ou des bâtonnets en bois entre les incisives, maintenez quelques minutes, puis ajoutez un bâtonnet supplémentaire quand la position devient confortable. C’est une technique simple et efficace pour gagner du millimètre.
  • Mouvements de latéralité : déplacez doucement la mâchoire de droite à gauche puis d’avant en arrière, pour entretenir la souplesse dans toutes les directions.
  • Alimentation adaptée : textures molles et bouchées petites, en évitant les aliments qui demandent une grande ouverture ou une mastication prolongée.
  • Hygiène maintenue : une bouche difficile à ouvrir se brosse mal, ce qui favorise une surinfection. Utilisez une brosse à petite tête et suivez les recommandations de bain de bouche données par votre praticien.

La règle absolue est de ne jamais forcer brutalement l’ouverture. Un étirement douloureux provoque une nouvelle réaction inflammatoire et aggrave la contracture. Le gain se fait par la répétition douce, pas par la force.

Ce que fait le praticien

La consultation commence par déterminer la cause, car le traitement en découle entièrement. L’examen mesure l’ouverture, recherche un gonflement, palpe les muscles et l’articulation, teste les mouvements latéraux et vérifie l’état des dents et des sites opératoires. Une radiographie est demandée en cas de doute sur une infection, une fracture ou une atteinte articulaire.

Si une infection est en cause, la priorité est de la traiter : drainage, traitement de la dent responsable, antibiothérapie si elle est indiquée. Le trismus se lève alors en quelques jours. S’il s’agit d’une contracture post-opératoire ou post-anesthésique, la prise en charge associe antalgiques, anti-inflammatoires, chaleur et rééducation. En cas de trismus persistant ou sévère, une prise en charge en physiothérapie est proposée, éventuellement avec un dispositif d’ouverture progressive : notre article sur la kinésithérapie de l’ATM détaille ces techniques.

Prévenir le trismus après une extraction

Il n’est pas toujours évitable, mais quelques éléments réduisent son intensité : suivre scrupuleusement le protocole anti-inflammatoire prescrit, appliquer du froid les quarante-huit premières heures, dormir la tête surélevée, éviter le tabac qui retarde la cicatrisation, et commencer les mouvements d’ouverture doux dès le troisième jour plutôt que d’attendre que tout soit rentré dans l’ordre. Chez les patients ayant déjà présenté un trismus marqué, il est utile de le signaler avant une nouvelle intervention.

Quand consulter

Reprenez contact avec votre praticien si l’ouverture ne s’améliore pas au-delà du cinquième jour après une intervention, si elle se réduit après avoir commencé à s’améliorer, ou si le trismus dure plus de deux semaines.

Consultez en urgence, sans attendre, devant l’un des signes suivants :

  • Fièvre associée au trismus, en particulier au-delà de 38,5 °C.
  • Gonflement du plancher de la bouche, sous la langue ou sous le menton, ou langue qui semble refoulée vers le haut.
  • Difficulté à avaler sa propre salive, bavage, voix modifiée.
  • Gêne respiratoire, même minime : c’est une urgence absolue.
  • Gonflement qui s’étend vers l’œil ou vers le cou.
  • Trismus apparu après une plaie chez une personne dont la vaccination antitétanique n’est pas à jour.

Ces signes évoquent la diffusion d’une infection dans les espaces profonds du cou, dont la prise en charge doit être hospitalière. Notre article sur l’urgence dentaire à Genève indique qui appeler selon la situation et l’heure. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique.

À la clinique Névé (Genève)

Un trismus qui traîne après une intervention, ou qui apparaît sans raison évidente, mérite d’être évalué : la conduite à tenir dépend entièrement de sa cause. L’équipe de chirurgie orale de Névé Clinique peut vous recevoir pour un examen et, si nécessaire, organiser la rééducation. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser un contrôle, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Combien de temps dure un trismus après une dent de sagesse ?

Il apparaît dès le lendemain, atteint son maximum au deuxième ou troisième jour et régresse en une à deux semaines. L’ouverture doit s’améliorer à partir du quatrième jour. Une stagnation ou une aggravation au-delà du cinquième jour justifie de recontacter le praticien.

Comment savoir si j’ai un trismus ?

Empilez trois doigts et essayez de les insérer verticalement entre vos incisives. Si les trois passent, l’ouverture est normale, soit environ quarante millimètres. Si seuls deux doigts passent, il s’agit d’un trismus net. Un doigt ou moins correspond à un trismus sévère.

Quels exercices pour débloquer la mâchoire ?

Ouvrez lentement jusqu’au seuil de l’inconfort sans forcer, maintenez dix secondes, relâchez, et répétez dix fois, cinq à six fois par jour. La méthode des abaisse-langue empilés entre les incisives permet de gagner progressivement. Ajoutez des mouvements latéraux pour entretenir la souplesse.

Faut-il mettre du chaud ou du froid sur la mâchoire ?

Le froid les quarante-huit premières heures après une chirurgie, pour limiter l’œdème. Ensuite, à partir du troisième jour, la chaleur détend le muscle contracté et accélère la récupération : compresse tiède quinze à vingt minutes, plusieurs fois par jour.

Une anesthésie dentaire peut-elle bloquer la mâchoire ?

Oui. L’anesthésie de la mâchoire inférieure traverse un muscle profond de la mastication ; un petit saignement ou une réaction inflammatoire locale peut provoquer une contracture apparaissant un à trois jours après le soin. C’est bénin, mais la récupération demande parfois deux à trois semaines.

Quand un trismus est-il urgent ?

Consultez sans attendre en cas de fièvre, de gonflement du plancher de la bouche ou sous le menton, de difficulté à avaler sa salive, de bavage, de voix modifiée ou de la moindre gêne respiratoire. Ces signes évoquent une infection diffusant en profondeur et relèvent d’une prise en charge hospitalière.