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Quand un patient nous demande pourquoi nous insistons sur la chirurgie guidée pour ses implants, la réponse tient en un chiffre : la déviation angulaire moyenne d’un implant posé à main libre tourne autour de ±5 à 10° par rapport à la planification. Avec un guide chirurgical imprimé à partir d’un scan numérique, elle descend à ±2 à 4°. Sur un implant de 10 mm, la différence en bout d’apex se compte en millimètres — assez pour passer ou rater un nerf, une racine voisine, un sinus. Voici comment cette technique fonctionne, quand elle est indiquée, et ce qu’elle change pour vous.

Key Takeaways
– Précision angulaire d’un implant posé main libre : déviation moyenne ±5 à 10° (études ITI).
– Précision avec guide chirurgical statique : ±2 à 4° en moyenne, déviation apicale réduite de moitié.
– Le guide est imprimé en 3D à partir de la fusion scan intra-oral + CBCT 3D — sans empreinte numérique, pas de chirurgie guidée fiable.
– Indications principales : secteur esthétique, proximité du nerf alvéolaire inférieur, cas multi-implants, mise en charge immédiate (All-on-4).
– Le surcoût (200 à 600 CHF selon le type de guide) est compensé par moins de complications, séance plus courte et possibilité de pré-fabriquer la prothèse provisoire.

Qu’est-ce qu’un guide chirurgical implantaire ?

C’est une gouttière rigide en résine biocompatible, imprimée sur mesure, qui se positionne sur les dents du patient (guide dento-porté), sur la muqueuse (mucco-porté en cas d’édentement complet) ou sur des mini-vis d’ancrage (ostéoporté). Le guide comporte des douilles métalliques calibrées qui imposent l’axe et la profondeur exacts du forage, puis le placement de l’implant.

La planification se fait sur logiciel à partir de deux acquisitions :

  • Le CBCT 3D (cone beam) du patient, qui montre l’os, le nerf alvéolaire inférieur, les sinus, les racines voisines.
  • Le scan intra-oral des dents et muqueuses, qui sert de référence d’appui pour le guide.

Le logiciel superpose les deux fichiers, le praticien planifie chaque implant en 3D (axe, longueur, diamètre), et le guide est imprimé. Notre page chirurgie guidée implant détaille notre flux complet.

La précision en chiffres : ce que disent les méta-analyses

Les ITI Consensus Conferences (International Team for Implantology) compilent depuis dix ans les données de précision implantaire. Les ordres de grandeur retenus :

Technique Déviation angulaire moyenne Déviation apicale moyenne
Main libre 5 à 10° 2,1 à 2,9 mm
Guide statique 2 à 4° 1,1 à 1,5 mm
Navigation dynamique 2 à 3° 1,0 à 1,3 mm

Source : synthèse ITI / EAO 2023-2024 sur méta-analyses cumulant plus de 5000 implants.

La déviation apicale est ce qui compte cliniquement : c’est la distance, en bout d’implant, entre la position planifiée et la position réelle. À 1,5 mm près d’un nerf alvéolaire inférieur, la marge de sécurité disparaît. À 2,5 mm, elle disparaît tout court.

Précision implantaire : main libre vs guide chirurgical 7,5° Angle libre Angle guide 2,5 mm Apex libre 1,3 mm Apex guide
Valeurs médianes selon synthèses ITI / EAO 2023-2024, méta-analyses cumulant >5000 implants.

Quand le guide change-t-il vraiment la donne ?

Toutes les poses d’implant n’exigent pas un guide. Notre règle clinique à Névé :

Indications fortes

Secteur antérieur esthétique. Un implant sur incisive maxillaire mal axé ressort par le palais ou perfore la table vestibulaire — la prothèse devient impossible à intégrer esthétiquement. Le guide est non négociable.

Proximité du nerf alvéolaire inférieur (mandibule postérieure). Une lésion nerveuse provoque une paresthésie de la lèvre, parfois définitive. Le guide réduit le risque par sa précision apicale.

Sinus maxillaire bas. Pour éviter une perforation sinusienne ou pour positionner l’implant exactement au plancher sinusien dans une approche de greffe.

Cas multi-implants. Plus on pose d’implants dans une même séance, plus la dérive cumulée à main libre devient un problème. Le guide impose un parallélisme prévisible nécessaire à la prothèse.

Mise en charge immédiate type All-on-4. La prothèse provisoire est usinée à l’avance d’après la planification — il faut que les implants sortent exactement où prévu, sinon la prothèse ne s’engage pas.

Indications relatives

Implant unitaire postérieur sur os abondant : un opérateur expérimenté obtient une précision suffisante à main libre. Le guide reste utile mais n’est pas indispensable.

Cas où le guide est rarement utilisé

  • Reprise chirurgicale d’urgence sur un implant en échec.
  • Pose simultanée à une extraction dans certains scénarios où l’alvéole guide naturellement l’axe.

Le déroulé d’une pose guidée en pratique

Pour vous, la séance est plus courte et plus prévisible qu’une pose conventionnelle. Voici les étapes de notre flux à Plainpalais.

1. Bilan et planification (séance 1)

  • CBCT 3D de la zone implantaire.
  • Scan intra-oral des arcades (voir notre article empreinte numérique vs pâte).
  • Discussion clinique : type d’implant, profondeur, axe, prothèse envisagée.

2. Planification logicielle (en interne)

Le praticien superpose CBCT et scan, place virtuellement les implants, vérifie les marges de sécurité (2 mm minimum du nerf, 1,5 mm des racines voisines), valide l’axe prothétique. Le fichier part en impression 3D.

3. Pose guidée (séance 2)

Anesthésie locale, mise en place du guide qui s’emboîte sur les dents, perforation du forage à travers les douilles calibrées du guide, vissage de l’implant. La séquence est plus rapide qu’une pose conventionnelle — typiquement 15 à 25 minutes par implant une fois le guide en place, contre 30 à 45 minutes à main libre.

4. Cicatrisation puis prothèse

Selon le protocole : pilier de cicatrisation immédiat ou enfoui, puis prothèse définitive 3 à 6 mois plus tard (sauf mise en charge immédiate type All-on-4 où la prothèse est posée le jour même).

Guide statique ou navigation dynamique ?

Deux familles techniques existent.

Le guide statique imprimé est ce que nous décrivons ci-dessus : gouttière physique avec douilles. C’est le standard à Névé pour 95 % des cas.

La navigation dynamique utilise un capteur optique en bouche couplé à un écran de contrôle : le praticien voit en temps réel la position du foret par rapport à la planification. Pas de guide physique, donc utilisable en bouche très ouverte ou avec accès limité. Précision équivalente au guide statique selon les études ITI 2023, mais matériel plus coûteux, courbe d’apprentissage longue.

Combien coûte un guide chirurgical à Genève ?

Le surcoût d’un guide imprimé varie selon la complexité :

  • Guide unitaire (1 implant) : environ 200 à 350 CHF.
  • Guide multi-implants (2 à 4) : environ 350 à 500 CHF.
  • Guide d’arche complète (All-on-4 / All-on-6) : environ 500 à 800 CHF, prothèse provisoire usinée incluse selon protocole.

Ce coût s’ajoute au tarif de l’implant, du pilier et de la couronne (voir notre page implant dentaire pour le détail). Il est compensé par une séance plus courte, moins de complications post-opératoires et — surtout — une prothèse mieux positionnée qui ne demandera pas de retouches.

Limites et conditions de réussite

Un guide n’est jamais un automatisme. Les conditions de précision réelle :

  • Qualité du CBCT et du scan intra-oral : un cliché flou ou un scan incomplet propage l’erreur jusqu’à l’implant.
  • Stabilité d’appui du guide : sur denture résiduelle solide, l’appui est excellent. Sur muqueuse mobile édentée, l’appui doit être complété par des broches d’ancrage.
  • Expérience du praticien : le guide ne fait pas l’opérateur. Lecture du logiciel, choix des marges, gestion des aléas peropératoires (saignement, qualité d’os imprévue) restent des compétences cliniques.
  • Vérification peropératoire : nous contrôlons systématiquement la stabilité du guide et la concordance des repères avant le premier forage.

Aucune technologie ne dispense de la formation et de l’examen clinique. C’est pour cela que la chirurgie guidée se développe avec la chirurgie conventionnelle, pas contre elle.

Pourquoi nous l’utilisons en routine à Névé

Trois raisons :

  1. Sécurité. Sur les zones à risque (mandibule postérieure, secteur antérieur), la marge de manœuvre est trop faible pour s’en passer.
  2. Prédictibilité prothétique. L’axe planifié = l’axe réel. La couronne ou le bridge s’engage sans compromis.
  3. Confort patient. Séance plus courte, suites opératoires souvent plus simples car moins de remaniement osseux improvisé.

Vous avez un projet implantaire à Genève ? Notre équipe d’implantologie reçoit pour un bilan complet à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations — CBCT, scan intra-oral et plan de traitement détaillé. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — guide chirurgical implant

Le guide est-il systématique pour tous les implants ?

Non. Il est systématique sur les zones à risque (proximité nerveuse, secteur esthétique, multi-implants, mise en charge immédiate). Sur un implant unitaire postérieur isolé sur os abondant, un opérateur expérimenté peut s’en passer — la décision se prend cas par cas.

Le guide est-il fait au cabinet ou envoyé en laboratoire ?

Les deux modèles existent. À Névé, nous planifions au cabinet et faisons imprimer selon les cas en interne ou chez un partenaire usinage. Le délai entre planification et pose est typiquement de 5 à 10 jours.

Combien de temps dure la pose avec un guide ?

15 à 25 minutes par implant une fois le guide en place, contre 30 à 45 minutes à main libre. La planification préalable, elle, demande 30 à 45 minutes au praticien — mais en dehors de votre temps fauteuil.

Le guide est-il remboursé par l’assurance complémentaire ?

Selon votre contrat LCA. La pose d’implant n’est pas couverte par la LAMal de base, et le guide est généralement intégré au devis global. Demandez le détail à votre assurance avant de valider le plan de traitement.

Que se passe-t-il si le guide ne s’emboîte pas correctement le jour J ?

C’est rare, mais cela arrive (extraction récente non cicatrisée, dent voisine mobilisée). Le praticien décide en peropératoire : ajustement du guide, pose à main libre avec contrôle radiologique, ou report de la séance. La sécurité prime sur le timing.

Peut-on faire une chirurgie guidée si on a déjà perdu beaucoup d’os ?

Oui. Le scan numérique permet justement de planifier la pose dans l’os disponible — angulation, longueur, diamètre adaptés — voire de prévoir une greffe simultanée. Dans certains cas extrêmes, des solutions type implants zygomatiques ou All-on-4 angulés sont planifiées sur guide.

Pour aller plus loin

La chirurgie guidée n’est pas un argument marketing : c’est un standard de soin documenté qui réduit mesurablement les déviations implantaires et leurs conséquences cliniques. Couplée à l’empreinte numérique et à la CFAO, elle s’intègre dans un flux de dentisterie numérique qui transforme la prévisibilité prothétique.

Si vous envisagez un implant unitaire, multiple ou un projet All-on-4, nos implantologues à Genève proposent une consultation préalable avec CBCT et scan numérique. Contactez-nous pour un avis personnalisé.


Sources clés citées :

  • ITI Consensus Conference, Static and dynamic computer-assisted implant surgery: accuracy outcomes, International Team for Implantology, 2023.
  • EAO Consensus, Guided implant surgery: clinical recommendations, European Association for Osseointegration, 2024.
  • Tahmaseb A. et al., Computer technology applications in surgical implant dentistry: systematic review, méta-analyse cumulant >5000 implants, 2014-2023.
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations cliniques.

L’All-on-4 est devenu la référence des réhabilitations full-arch chez les patients totalement édentés ou en passe de l’être. Quatre implants, un bridge fixe, souvent posé dans la journée : la promesse est séduisante, mais la technique a des indications précises et un cadre clinique strict. Nos implantologues à Névé reçoivent régulièrement des patients qui comparent devis suisses et étrangers sans toujours comparer la même chose. Voici ce qu’un cabinet dentaire à Genève regarde vraiment avant de proposer ce protocole.

🎧 Écouter le résumé audio (1-2 min)

Key Takeaways
– Le concept All-on-4, développé par Paulo Maló à Lisbonne en 1998, utilise 4 implants (dont 2 inclinés postérieurs à 30-45°) pour supporter un bridge fixe complet d’arcade.
– Taux de survie implantaire mandibulaire ~93 % à 18 ans et survie prothétique 98,8 % — données Malo Clinic sur cohorte mandibulaire (Maló et al., 2019 — cohorte mandibulaire) ; au maxillaire, 94,7 % à 5-13 ans sur 1072 patients (Maló et al., 2019 — cohorte maxillaire).
– Indications claires : édentement complet ou dents restantes non conservables, volume osseux postérieur réduit rendant le sinus lift ou la greffe non souhaités.
– Fourchette de prix par arcade en Suisse : 22 000 à 38 000 CHF selon matériaux et laboratoire ; moins cher à l’étranger mais maintenance et reprises complexifient le calcul sur 10 ans.

L’All-on-4, c’est quoi exactement ?

L’All-on-4 est un protocole de réhabilitation fixe complète qui utilise quatre implants par arcade pour supporter un bridge vissé — deux implants antérieurs droits, deux implants postérieurs inclinés de 30 à 45° pour contourner les structures anatomiques (sinus maxillaire, nerf alvéolaire inférieur). Cette inclinaison est la clé conceptuelle : elle permet d’ancrer l’implant dans l’os disponible sans greffe dans la majorité des cas.

Le protocole a été mis au point par le Dr Paulo Maló à Lisbonne en 1998, puis validé industriellement avec Nobel Biocare. Les données longitudinales de la Malo Clinic sont parmi les plus solides de l’implantologie full-arch : 98,8 % de survie prothétique et ~93 % de survie implantaire à 18 ans sur la cohorte mandibulaire (Maló et al., Clinical Oral Implants Research, 2019 — cohorte mandibulaire) ; 94,7 % de survie implantaire à 5-13 ans sur la cohorte maxillaire de 1072 patients (Maló et al., 2019 — cohorte maxillaire).

À ne pas confondre avec :

  • Les implants unitaires multiples (6 à 8 implants par arcade, chaque couronne indépendante) — approche classique, plus coûteuse, indiquée quand l’os postérieur le permet.
  • L’All-on-6 — variante avec 6 implants, souvent préférée au maxillaire édenté chez le patient jeune avec bonne densité osseuse.
  • La mise en charge immédiate seule — qui désigne le fait de charger un implant le jour de la pose, indépendamment du nombre d’implants. Voir notre page mise en charge immédiate pour la distinction technique.

Pour qui l’All-on-4 est-il vraiment indiqué ?

Toutes les bouches édentées n’ont pas besoin d’un All-on-4 — et toutes ne peuvent pas en bénéficier. Les indications retenues par nos implantologues suivent les recommandations de l’European Association for Osseointegration (EAO) et de l’ITI.

Indications principales

  • Édentement complet d’une ou des deux arcades, porteur de prothèse amovible insatisfaisante (douleur, mobilité, dégoût).
  • Dents résiduelles non conservables (parodontite terminale, caries multiples, fractures) avec extraction planifiée.
  • Résorption osseuse postérieure rendant les implants droits impossibles sans sinus lift ou latéralisation du nerf — l’inclinaison des implants postérieurs permet précisément d’éviter ces greffes lourdes.
  • Refus de port de prothèse amovible (stabilité psychologique et fonctionnelle).

Contre-indications relatives à discuter en consultation

  • Diabète déséquilibré (HbA1c > 8 %) — voir notre article implant dentaire et diabète.
  • Tabagisme actif important — voir implant dentaire et tabac.
  • Bisphosphonates IV ou antirésorbeurs osseux — voir implant et bisphosphonates.
  • Hauteur osseuse inter-foraminale < 8 mm (mandibule) ou très faible densité (maxillaire postérieur sévèrement résorbé).
  • Hygiène insuffisante ou patient non compliant au suivi de maintenance.

Notre lecture en cabinet. Nous refusons l’All-on-4 à un patient sur cinq qui nous consulte pour cette solution — soit parce qu’un protocole plus conservateur (2 implants + prothèse amovible stabilisée) suffira, soit parce que les conditions locales demandent un All-on-6 ou une greffe osseuse préalable. La bonne question n’est pas « puis-je avoir un All-on-4 ? » mais « quelle est la meilleure solution pour mon os et ma bouche ? ».

Les étapes d’un protocole All-on-4

Voici le déroulé que nous proposons à Névé, aligné sur les consensus ITI 2023 sur les protocoles de pose et de mise en charge (Morton et al., Clinical Oral Implants Research, 2023).

1. Bilan préopératoire (2 à 4 semaines avant)

  • Examen clinique complet, analyse occlusale, photographies.
  • Cone Beam (CBCT) systématique : seule la 3D donne le volume osseux, la position des nerfs, l’anatomie sinusienne.
  • Empreintes optiques ou analogiques et wax-up numérique du bridge provisoire.
  • Bilan biologique si terrain (diabète, anticoagulants).
  • Assainissement parodontal préalable — les implants posés dans une bouche parodontalement active ont un taux de péri-implantite multiplié par 3 à 5 selon l’EFP.

2. Jour J — chirurgie et bridge provisoire

  • Extractions des dents restantes si nécessaire.
  • Régularisation crestale.
  • Pose des 4 implants selon les axes planifiés (souvent en chirurgie guidée implantaire pour précision millimétrique).
  • Si les critères de stabilité primaire sont réunis (torque d’insertion ≥ 35 Ncm, ISQ > 70), mise en charge immédiate par un bridge provisoire transvissé en résine — le patient repart avec des dents fixes le soir même dans la majorité des cas.

3. Cicatrisation (3 à 6 mois)

  • Régime alimentaire mou les 4 à 6 premières semaines.
  • Hygiène rigoureuse autour du bridge provisoire.
  • Contrôles à 1, 3 et 6 mois.

4. Bridge définitif

  • Empreintes de précision après ostéointégration complète.
  • Fabrication du bridge définitif — typiquement en zircone monolithique ou titane + céramique, parfois en résine hybride renforcée pour les cas où la charge prothétique doit rester modérée.
  • Pose, réglages occlusaux minutieux, contrôle radiographique.

5. Maintenance à vie

Le succès long terme dépend autant de la maintenance que de la chirurgie. Bilan et nettoyage professionnel tous les 4 à 6 mois la première année, puis tous les 6 mois — voir notre page maintenance implantaire.

Survie implantaire All-on-4 — données Maló (2019) 98,8 % Survie prothétique (mandibule, 18 ans) 93 % Implants mandibule (18 ans) 94,7 % Implants maxillaire (5-13 ans)
Sources : Maló P. et al., Journal of Prosthetic Dentistry & Clinical Oral Implants Research, 2019 — cohortes Malo Clinic 10 à 18 ans.

Combien coûte un All-on-4 en Suisse en 2026 ?

Les honoraires dentaires suisses suivent les points TARMED/SSO, auxquels s’ajoutent les frais de laboratoire (prothèse) et le coût des implants eux-mêmes. À Genève, nos fourchettes observées en 2026 :

  • Bilan + CBCT + planification : 500 à 900 CHF
  • Chirurgie (4 implants + bridge provisoire mise en charge immédiate) : 12 000 à 18 000 CHF par arcade
  • Bridge définitif zircone ou titane-céramique : 8 000 à 16 000 CHF selon matériau et complexité
  • Extractions, régularisations, anesthésie/sédation : 1 000 à 3 000 CHF

Total par arcade : 22 000 à 38 000 CHF. Pour deux arcades (full-arch haut et bas) : 44 000 à 72 000 CHF. Pour le contexte comparatif avec les autres solutions implantaires, voir prix implant dentaire en Suisse.

Pourquoi l’écart avec l’étranger ?

Les cliniques low-cost à Budapest, Istanbul ou Tirana affichent des All-on-4 à 8 000-15 000 CHF par arcade. L’écart s’explique par les coûts salariaux, le matériel (implants génériques vs Nobel, Straumann, Astra), le nombre de contrôles inclus, et la formation des praticiens. Le risque principal que nous observons en cabinet : la reprise de complications à distance (péri-implantite, couronne qui bouge, vis de cicatrisation qui se dévisse) devient très compliquée en Suisse si les pièces prothétiques ne sont pas documentées ou compatibles.

Prise en charge par les assurances

La LAMAL ne rembourse pas l’All-on-4. Certaines complémentaires dentaires peuvent couvrir 25 à 75 % du montant, avec plafond annuel et plafond à vie. Vérifiez votre contrat avant la planification.

All-on-4 versus les alternatives : quelle solution pour votre cas ?

Solution Nombre d’implants Bridge Indication typique Coût indicatif (par arcade, CH)
All-on-4 4 Fixe vissé Édentement complet, os postérieur limité 22 000-38 000 CHF
All-on-6 6 Fixe vissé Os suffisant, patient jeune, occlusion forte 26 000-42 000 CHF
Prothèse amovible stabilisée sur 2 implants (overdenture) 2 Amovible Patient senior, budget contraint, anatomie défavorable 8 000-14 000 CHF
Implants unitaires + bridges segmentés 6 à 8 Fixe Os favorable partout, prothèse par secteur 30 000-55 000 CHF

Citation capsule. Selon le Groupe 5 du consensus ITI 2023, les protocoles de mise en charge immédiate sur arcade complète présentent des taux de survie médians de 98 % quand les critères de stabilité primaire et d’occlusion sont respectés. Morton et al., Clinical Oral Implants Research, 2023.

Les complications à connaître

Aucune technique implantaire n’est sans risque. Sur les All-on-4 suivis chez Névé, nous observons — en cohérence avec la littérature — les complications suivantes :

  1. Perte précoce d’un implant (< 6 mois) : 2 à 4 % des cas, souvent rattrapable par un implant de remplacement sans compromettre le bridge.
  2. Péri-implantite : 6 à 15 % à 10 ans — voir symptômes péri-implantite et traitement.
  3. Fracture prothétique (bridge provisoire ou définitif) : 5 à 10 % sur 5-10 ans, généralement réparable.
  4. Complications biomécaniques : dévissage de vis prothétique (réparable), fracture d’une vis (plus complexe).
  5. Douleur prolongée ou infection postopératoire : rare mais à signaler sans attendre — voir douleur après pose implant.

FAQ — All-on-4

Est-ce que je peux manger le soir de la pose ?

Oui, du mou et tiède. Le bridge provisoire transvissé est fonctionnel immédiatement, mais nous conseillons un régime semi-liquide pendant 48 h, puis mou pendant 4 à 6 semaines. Éviter les aliments durs, collants ou fibreux jusqu’à l’ostéointégration complète.

Combien de temps dure un All-on-4 ?

Le bridge prothétique se change typiquement tous les 10 à 15 ans (usure, décollements cosmétiques). Les implants eux-mêmes peuvent durer 20 ans et plus avec une maintenance rigoureuse — les données Malo Clinic documentent 91,9 % de survie à 18 ans. L’hygiène quotidienne et les contrôles tous les 6 mois sont non négociables.

Puis-je faire un All-on-4 si je fume ?

C’est possible mais le risque de péri-implantite et de perte précoce est significativement augmenté. Nous exigeons au minimum un arrêt 2 semaines avant et 8 semaines après la chirurgie, et recommandons fortement un arrêt définitif. Les données sont claires : le tabac divise par 2 à 3 la survie implantaire à 10 ans.

All-on-4 ou prothèse amovible : comment choisir ?

Le critère principal n’est pas le prix mais la qualité de vie. La prothèse amovible stabilisée sur 2 implants (overdenture) reste la solution la plus économique et convient à beaucoup de patients seniors. L’All-on-4 change en revanche radicalement l’expérience — manger une pomme, rire sans craindre la chute, parler sans ressentir de mouvement. Pour comparer les trois grandes options, voir implant, bridge ou prothèse.

Est-ce que c’est douloureux ?

La chirurgie se fait sous anesthésie locale, souvent complétée par une sédation consciente. Les suites opératoires sont plus marquées que pour un implant unitaire : œdème 3-5 jours, douleur modérée contrôlée par antalgiques simples pendant 48-72 h. La plupart des patients reprennent une activité normale sous 5 à 7 jours.

Puis-je faire poser mon All-on-4 à l’étranger et assurer le suivi à Genève ?

Techniquement oui, mais nous le déconseillons quand les pièces prothétiques ne sont pas clairement identifiées (marque, références). Le jour où un dévissage ou une péri-implantite survient, reprendre un système non documenté complique beaucoup la maintenance et peut renchérir le coût final au-delà de l’économie initiale.

Pour aller plus loin

L’All-on-4 est une technique mature, documentée sur près de 30 ans, qui a transformé la prise en charge de l’édentement complet. Elle n’est pas la seule réponse possible — et c’est précisément pour cela qu’une consultation implantaire sérieuse commence par un bilan 3D et une discussion ouverte de toutes les options, pas par une proposition unique.

Vous envisagez une réhabilitation complète ? Nos implantologues et parodontistes — Dr Sylvain Mouraret, Dr Paul Monneyron et Dr Spyridon Bobetsis — reçoivent à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations pour une consultation implantaire avec CBCT et plan de traitement personnalisé. Prenez rendez-vous en ligne.


Sources clés citées :

  • Maló P. et al., The All-on-4 concept for full-arch rehabilitation of the edentulous maxillae: a longitudinal study with 5-13 years of follow-up, Clinical Implant Dentistry and Related Research, 2019 (lien)
  • Maló P. et al., The All-on-4 treatment concept for the rehabilitation of the completely edentulous mandible: 10 to 18 years of follow-up, Clinical Implant Dentistry and Related Research, 2019 (lien)
  • Morton D. et al., Group 5 ITI Consensus Report: Implant placement and loading protocols, Clinical Oral Implants Research, 2023 (lien)
  • European Association for Osseointegration (EAO) — guidelines cliniques
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — sso.ch