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Une dent sur pivot — une dent dévitalisée reconstituée par un tenon ancré dans la racine, puis recouverte d’une couronne — tient en moyenne dix à quinze ans, avec des écarts considérables selon la longueur de la racine, la quantité de dent restante et les contraintes de mastication. Trois risques en déterminent la fin de vie : l’infection de la racine sous le tenon, la fracture de la racine et le descellement. Le premier est silencieux, le deuxième est définitif, le troisième est souvent réparable. Savoir les reconnaître permet d’agir avant de perdre la dent.

En bref

  • La durée de vie moyenne se situe entre dix et quinze ans, mais dépend surtout de la hauteur de dent saine conservée au-dessus de la gencive.
  • L’infection sous un pivot est fréquemment indolore : elle se découvre sur une radiographie de contrôle, pas par la douleur.
  • Une fracture verticale de la racine est le scénario le plus défavorable : elle impose l’extraction, sans alternative conservatrice fiable.
  • Une couronne qui bouge, un goût désagréable ou un bouton sur la gencive imposent une consultation rapide.
  • À titre indicatif, refaire un pivot avec sa couronne se situe entre 1’500 et 3’000 CHF en Suisse romande ; un remplacement par implant coûte davantage mais ne dépend plus de la racine.

Ce qu’est réellement une dent sur pivot

Le terme « dent sur pivot » appartient au langage courant. Il désigne aujourd’hui une dent dévitalisée dont la partie visible a été reconstituée grâce à un ancrage placé dans le canal de la racine, sur lequel repose une couronne. Deux techniques coexistent.

L’inlay-core, ou faux moignon coulé, est une pièce métallique fabriquée au laboratoire, qui reproduit à la fois le tenon et le moignon sur lequel la couronne sera scellée. Notre article sur l’inlay-core en détaille les indications.

Le tenon fibré associé à un composite est plus récent. Sa souplesse se rapproche de celle de la dentine, ce qui répartit mieux les contraintes le long de la racine. Il est aujourd’hui privilégié dans de nombreuses situations, notamment lorsqu’il reste suffisamment de dent naturelle. Notre article sur les options de reconstitution corono-radiculaire compare les deux approches.

Il faut distinguer ces techniques de l’ancienne « dent à pivot » d’un seul bloc, abandonnée depuis longtemps, qui transmettait directement les forces à la racine et provoquait de nombreuses fractures.

Combien de temps tient une dent sur pivot ?

Dix à quinze ans constituent une moyenne, mais cette moyenne masque des situations très différentes. Le facteur qui pèse le plus n’est pas le type de tenon : c’est la quantité de dent saine qui subsiste au-dessus de la gencive, sur laquelle la couronne vient s’emboîter. Ce cerclage, ou effet férule, doit mesurer idéalement un millimètre et demi à deux millimètres de hauteur sur tout le pourtour. Quand il est présent, la couronne enserre la dent et protège la racine des forces latérales ; quand il est absent, tout l’effort se reporte sur le tenon et sur la racine.

Facteur Favorable Défavorable
Hauteur de dent restante 1,5 à 2 mm sur tout le pourtour Dent arasée au niveau de la gencive
Longueur et diamètre de la racine Racine longue et large (canine, incisive centrale) Racine courte, fine ou courbe
Position sur l’arcade Dent antérieure, forces modérées Molaire, forces de mastication élevées
Bruxisme Absent ou protégé par une gouttière Serrement nocturne non traité
Étanchéité de la couronne Joints contrôlés à chaque visite Infiltration non détectée pendant des années
Hygiène interdentaire Brossettes ou fil au quotidien Plaque persistante au collet

Si vous serrez ou grincez des dents, la protection nocturne change réellement le pronostic : notre guide sur la gouttière pour le bruxisme détaille les options.

Les signes qu’un pivot fatigue

Certains signes précèdent la perte de la dent de plusieurs mois. Les repérer permet souvent d’intervenir avant l’irréparable.

  • Une douleur à la pression ou lors de la mastication, reproductible sur la même dent.
  • Une sensation de mobilité, même minime, de la couronne.
  • Un goût désagréable ou une mauvaise haleine localisée, souvent le premier signe d’une infiltration sous la couronne.
  • Un bouton sur la gencive en regard de la racine, qui suinte ou disparaît puis revient : c’est une fistule, décrite dans notre article sur la fistule dentaire.
  • Une gencive violacée ou gonflée autour de la dent, alors que les gencives voisines sont saines.
  • Un liseré sombre qui apparaît au collet, signalant un joint qui n’est plus étanche.
  • Une douleur déclenchée par le relâchement de la morsure sur un aliment dur, très évocatrice d’une fêlure.

Aucun de ces signes n’est banal sur une dent reconstituée. Ils justifient tous un contrôle avec radiographie.

L’infection sous un pivot : pourquoi elle passe inaperçue

La dent étant dévitalisée, elle ne peut plus signaler une infection par une douleur au chaud ou au froid. L’infection se développe alors au bout de la racine, dans l’os, sans manifestation pendant des mois ou des années. Elle prend la forme d’un granulome ou d’un kyste, que seule une radiographie révèle : notre article sur le granulome dentaire décrit cette lésion découverte le plus souvent par hasard.

Deux mécanismes l’expliquent. Soit le traitement de racine initial était incomplet, un canal ayant échappé à la désinfection. Soit l’infection est venue par le haut : une couronne dont le joint n’est plus étanche laisse passer les bactéries de la salive, qui recontaminent le canal le long du tenon. Ce second scénario est fréquent et sous-estimé ; notre article sur la carie sous couronne en détaille la détection.

Le traitement pose ici une difficulté propre au pivot : pour retraiter le canal, il faut d’abord retirer le tenon, opération délicate qui expose à fracturer la racine. Selon le cas, le praticien optera pour un retraitement après dépose du tenon, une apicectomie qui traite la lésion par voie chirurgicale sans toucher au tenon, ou l’extraction. Notre article sur la dent dévitalisée douloureuse compare ces trois options.

La fracture de racine : le scénario sans retour

C’est le risque le plus redouté, et celui qui met fin à la vie de la dent. Une racine dévitalisée est plus fragile : elle a perdu de la matière lors de la préparation du canal et du logement du tenon. Sous les contraintes répétées de la mastication, une fissure peut s’amorcer et se propager verticalement le long de la racine.

Les signes sont trompeurs car ils imitent une infection : douleur à la mastication, gonflement localisé, fistule, gencive qui se rétracte en un point précis. La différence se fait sur l’imagerie et parfois seulement lors de l’exploration chirurgicale. Une fracture verticale de la racine ne se répare pas : la dent doit être extraite. Notre article sur la fissure dentaire verticale décrit ce diagnostic.

Deux facteurs augmentent nettement ce risque : un tenon trop large ou trop long par rapport à la racine, et l’absence de cerclage de dent saine autour de la préparation. C’est précisément pourquoi la tendance actuelle privilégie des tenons plus fins, plus courts et plus souples, et la préservation maximale du tissu dentaire.

Refaire, remplacer ou surveiller : comment on décide

Situation Conduite Fourchette indicative (CHF)
Couronne descellée, racine et tenon intacts Rescellement après contrôle de l’étanchéité et de l’absence de carie Coût limité, à évaluer au cas par cas
Infiltration ou carie au collet, racine saine Dépose, reprise de la reconstitution et nouvelle couronne 1’500 à 3’000 pour l’ensemble
Infection de la racine, tenon déposable Retraitement du canal puis nouvelle reconstitution 2’000 à 4’000 selon la complexité
Infection avec tenon non déposable Apicectomie, en conservant le montage existant 1’000 à 2’500 pour la chirurgie
Fracture verticale de racine Extraction, puis remplacement Voir notre guide des prix des implants

Lorsque la dent n’est plus conservable, trois solutions de remplacement se discutent : l’implant, le bridge et la prothèse amovible. Notre article sur le choix entre implant, bridge et prothèse pose les critères, et notre guide sur le coût d’un implant dentaire en Suisse chiffre la première option. Le prix des couronnes seules est détaillé dans notre article sur le prix d’une couronne dentaire en Suisse.

Un raisonnement mérite d’être explicité : refaire un pivot sur une racine fragile revient parfois à investir dans une solution qui ne tiendra que quelques années, avec une perte osseuse supplémentaire au moment de l’extraction finale. À l’inverse, extraire une dent encore fonctionnelle par précaution n’a pas de sens. C’est l’état réel de la racine, évalué par l’imagerie, qui doit trancher — pas une règle générale.

Faire durer une dent sur pivot

  • Contrôler l’étanchéité régulièrement : une visite annuelle avec radiographie de contrôle repère une infiltration ou une lésion apicale avant qu’elle ne devienne symptomatique.
  • Nettoyer le collet avec rigueur : c’est à la jonction entre la couronne et la dent que tout se joue. Brossettes interdentaires ou fil, tous les jours.
  • Protéger du bruxisme si vous serrez les dents, par une gouttière nocturne.
  • Éviter les contraintes extrêmes : ne pas ouvrir d’emballage avec les dents, ne pas croquer de noyaux ni de glaçons, en particulier sur une dent antérieure reconstituée.
  • Signaler tout changement sans attendre le contrôle annuel : goût, gêne, mobilité, gencive modifiée.

Quand consulter

Prenez rendez-vous rapidement si votre couronne bouge, si vous ressentez une douleur à la mastication sur cette dent, si un goût désagréable persiste, si un bouton apparaît sur la gencive en regard de la racine, ou si la gencive devient violacée ou gonflée à cet endroit.

Consultez en urgence si la couronne et son tenon se descellent complètement : conservez la pièce, ne tentez jamais de la recoller vous-même, et évitez de mastiquer de ce côté. Notre article sur la dent sur pivot tombée détaille la conduite immédiate. Consultez également en urgence en cas de gonflement de la joue, de fièvre ou de douleur intense. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique.

À la clinique Névé (Genève)

Évaluer une dent sur pivot suppose de juger l’état de la racine, l’étanchéité de la couronne et la quantité de dent restante : c’est ce bilan, radiographies à l’appui, qui détermine s’il faut la conserver, la refaire ou la remplacer. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser un contrôle, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Quelle est la durée de vie d’une dent sur pivot ?

En moyenne dix à quinze ans, avec de grands écarts. Le facteur déterminant est la hauteur de dent saine conservée au-dessus de la gencive : un cerclage d’un millimètre et demi à deux millimètres sur tout le pourtour améliore nettement le pronostic, tout comme une racine longue et large.

Une dent sur pivot est-elle dangereuse ?

Non en elle-même, mais elle comporte trois risques : une infection de la racine souvent silencieuse, une fracture verticale de la racine qui impose l’extraction, et un descellement généralement réparable. Des contrôles réguliers avec radiographie permettent de les détecter tôt.

Comment savoir si la racine d’une dent sur pivot est infectée ?

Souvent, on ne le sait pas : la dent étant dévitalisée, l’infection se développe sans douleur et n’apparaît que sur une radiographie. Les signes possibles sont une douleur à la pression, un bouton sur la gencive, un goût désagréable ou une gencive gonflée localement.

Peut-on refaire une dent sur pivot ?

Oui, tant que la racine est saine et suffisamment solide. On dépose la couronne et le tenon, on retraite le canal si nécessaire, puis on reconstitue et on recouronne. Cela devient impossible en cas de fracture verticale de la racine ou de support osseux trop atteint.

Combien coûte une dent sur pivot en Suisse ?

À titre indicatif, comptez entre 1’500 et 3’000 CHF pour la reconstitution et la couronne, davantage si un retraitement de racine est nécessaire. Le remplacement par un implant représente un investissement supérieur, mais indépendant de l’état de la racine.

Pivot ou implant : que choisir ?

Tant que la racine est saine et qu’il reste assez de dent naturelle, conserver la dent reste préférable : c’est moins invasif et moins coûteux. L’implant s’impose en cas de fracture de racine, de support osseux insuffisant ou de dent non reconstituable de façon durable.

Une dent cassée se répare de quatre façons selon l’étendue de la fracture : un simple polissage pour une ébréchure d’émail, un composite collé en une séance quand la dentine est atteinte, une facette lorsque l’enjeu est esthétique, une couronne ou un onlay quand plus de la moitié de la dent est perdue. Si le nerf est exposé, une dévitalisation précède la reconstitution ; si la fracture descend dans la racine, la dent n’est généralement plus conservable. À titre indicatif, la note va de deux cents francs pour un composite simple à plus de deux mille francs pour une couronne céramique.

Vous venez de vous casser une dent ? Les premiers gestes et la conservation du morceau sont détaillés dans notre article dédié : dent cassée, que faire en attendant le dentiste. Le présent article traite de la suite : la réparation et son coût.

En bref

  • Le traitement dépend de la profondeur de la fracture, pas de sa taille apparente : c’est l’atteinte de la dentine et de la pulpe qui commande.
  • Une ébréchure d’émail se règle souvent par un polissage, en une séance et sans anesthésie.
  • Un composite collé restaure la plupart des fractures moyennes en une séance, pour une durée de vie de cinq à dix ans.
  • Au-delà de la moitié de la dent perdue, une couronne ou un onlay protègent mieux qu’une grosse obturation.
  • En Suisse, une dent cassée lors d’un accident relève de l’assurance-accident ; une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation reste à votre charge.

Classer la fracture : c’est elle qui décide

Avant toute chose, le praticien détermine jusqu’où la fracture est descendue. Quatre niveaux existent, et chacun appelle une réponse différente.

Niveau Ce qui est atteint Ce que vous ressentez Traitement habituel
Ébréchure d’émail Émail seul Aucune douleur, un bord rugueux ou coupant Polissage ou petit composite
Fracture avec dentine exposée Émail et dentine Sensibilité au froid, à l’air, au sucré Composite collé, parfois facette
Fracture avec pulpe exposée Émail, dentine et nerf Douleur vive, point rouge visible au centre Coiffage ou dévitalisation, puis reconstitution
Fracture corono-radiculaire La fracture descend sous la gencive Douleur à la mastication, fragment mobile, saignement Selon la profondeur : reconstitution complexe ou extraction

Un cas mérite d’être isolé : la fracture verticale de la racine, souvent décrite par les patients comme une « dent cassée en deux ». Elle survient surtout sur des dents dévitalisées ou fortement reconstituées, et son pronostic est défavorable. Nos articles sur la dent fêlée et sur la fissure dentaire verticale détaillent ce diagnostic, souvent long à poser.

Réparation 1 : le polissage et le recontouring

Quand seul l’émail est ébréché, sur quelques dixièmes de millimètre, il suffit parfois d’adoucir le bord et de rétablir une forme harmonieuse. L’intervention se fait en une séance, sans anesthésie et sans ajout de matériau : on retire un peu de matière plutôt que d’en ajouter.

Ce geste a ses limites. Il ne s’applique qu’à des pertes minimes, et retirer de l’émail est irréversible. Réalisé avec mesure, il donne des résultats très naturels, notamment pour égaliser deux incisives dont l’une a été légèrement ébréchée. Notre article sur le recontouring esthétique des bords des dents détaille cette approche micro-invasive.

Fourchette indicative : 100 à 300 CHF selon le nombre de dents concernées.

Réparation 2 : le composite collé

C’est la solution la plus fréquente pour une fracture moyenne. Le praticien colle une résine composite, mise en forme et polie directement en bouche, dans une teinte assortie à la dent. Tout se fait en une séance, en préservant le maximum de tissu sain.

Le composite convient particulièrement bien à une incisive ébréchée : le résultat est immédiat, réversible et peu invasif. Sa durée de vie se situe généralement entre cinq et dix ans, davantage sur les dents antérieures peu sollicitées. Il se colore avec le temps, surtout chez les buveurs de café et de thé et chez les fumeurs, et se répare aisément. Nos articles sur la résine composite et sur la durée de vie d’un composite abordent ces aspects.

Un point pratique souvent ignoré : si vous avez conservé le fragment, il est parfois possible de le recoller. Le résultat esthétique est alors excellent, puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : il doit être conservé dans du lait, du sérum physiologique ou, à défaut, dans la salive, et apporté rapidement.

Fourchette indicative : 200 à 450 CHF pour une restauration simple, 350 à 700 CHF pour une reconstitution étendue d’angle d’incisive.

Réparation 3 : la facette

Lorsque la fracture est large sur une dent visible, ou lorsqu’elle s’accompagne d’une coloration ou d’un défaut de forme, une facette recouvre toute la face visible de la dent. Elle offre un résultat plus stable dans le temps qu’un grand composite, au prix d’une préparation légère de l’émail.

Deux matériaux se discutent. La facette en composite, réalisée directement ou au laboratoire, est plus abordable et plus facilement réparable. La facette en céramique résiste mieux à la coloration et à l’usure, et donne un rendu plus proche de l’émail naturel, mais elle est plus coûteuse et se répare mal. Notre article sur les facettes dentaires détaille ces options.

Fourchette indicative : 500 à 1’000 CHF pour une facette composite, 1’200 à 2’200 CHF pour une facette céramique.

Réparation 4 : l’onlay ou la couronne

Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire ou une prémolaire, une obturation même volumineuse devient un mauvais choix : elle ne protège pas les parois restantes, qui finissent par se fracturer à leur tour. Il faut alors recouvrir les cuspides.

L’onlay, restauration collée réalisée au laboratoire ou par usinage, remplace la partie manquante en conservant les parois saines. C’est l’option la plus économe en tissu dentaire ; notre article sur l’onlay dentaire en décrit les indications.

La couronne recouvre entièrement la dent. Elle s’impose lorsqu’il reste peu de parois, ou sur une dent dévitalisée fortement délabrée. Notre article sur le prix d’une couronne dentaire en Suisse détaille les matériaux et leurs coûts.

Fourchette indicative : 900 à 1’800 CHF pour un onlay, 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne.

Si le nerf est atteint

Une fracture qui met le nerf à nu se reconnaît à une douleur vive et à un point rosé ou rouge au centre de la cassure. La conduite dépend alors du délai et de l’âge du patient. Sur une dent jeune dont la racine n’est pas terminée, on cherche à conserver la vitalité par un coiffage ou une pulpotomie, afin de laisser la racine achever sa croissance. Sur une dent adulte, ou lorsque l’exposition dure depuis plusieurs heures, une dévitalisation est le plus souvent nécessaire avant la reconstitution. Notre article sur la dévitalisation dentaire en décrit le déroulement.

Fourchette indicative : 800 à 1’500 CHF pour un traitement de racine, auquel s’ajoute la reconstitution.

Un point important, même sans exposition du nerf : une dent traumatisée peut perdre sa vitalité des semaines ou des mois plus tard, et se manifester par un changement de couleur. C’est ce que décrit notre article sur la dent qui change de couleur après un choc. Un contrôle à trois, six et douze mois après un traumatisme est donc justifié, même si tout semble réglé.

Cas particuliers

  • Dent de devant : l’exigence esthétique prime, et la conservation du tissu aussi. Le composite est souvent privilégié en première intention, quitte à passer à une facette plus tard.
  • Molaire : ce sont les forces de mastication qui commandent. Une cuspide fracturée conduit généralement à un onlay ou à une couronne plutôt qu’à un composite.
  • Couronne ou dent sur pivot cassée : la conduite diffère et l’urgence est de protéger la racine. Voir notre article sur la dent sur pivot tombée.
  • Dent de lait : elle ne se traite pas comme une dent définitive, et le risque porte sur le germe de la dent permanente située dessous. Notre article sur le traumatisme dentaire chez l’enfant détaille cette situation.
  • Dent définitive immature chez l’enfant : la priorité absolue est de préserver la vitalité pour permettre à la racine de finir sa croissance. Cette situation constitue une urgence à part entière.

Prix en Suisse et prise en charge

Solution Fourchette indicative (CHF) Séances Durée de vie attendue
Polissage / recontouring 100 à 300 1 Définitif
Composite collé 200 à 700 1 5 à 10 ans
Facette composite 500 à 1’000 1 à 2 5 à 8 ans
Facette céramique 1’200 à 2’200 2 10 à 15 ans
Onlay 900 à 1’800 1 à 2 10 à 15 ans
Couronne 1’000 à 2’500 2 10 à 15 ans
Dévitalisation associée 800 à 1’500 1 à 2 Variable

Ces fourchettes valent pour la Suisse romande, honoraires et laboratoire compris. Elles varient selon la valeur du point pratiquée par le cabinet, la difficulté du cas et les matériaux : notre guide sur le tarif dentiste en Suisse explique cette construction. Demandez systématiquement un devis écrit au-delà d’un composite simple.

La question de la prise en charge se joue sur une distinction essentielle en Suisse. Une dent cassée à la suite d’un accident — chute, choc, accident de sport, morsure sur un corps étranger dans un aliment — relève en principe de l’assurance-accident : celle de l’employeur pour les salariés, la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Déclarez l’événement rapidement, faites établir un constat et conservez le dossier, y compris les radiographies initiales, car les soins peuvent s’échelonner sur des années.

À l’inverse, une dent qui casse spontanément sur une carie, une vieille obturation ou une dent dévitalisée fragilisée relève de la maladie et n’est pas couverte par l’assurance de base. Seule une complémentaire dentaire peut alors participer, selon le contrat : notre guide sur l’assurance dentaire en Suisse compare les formules.

Éviter la récidive

Une dent qui casse a rarement cassé par hasard. Trois causes reviennent régulièrement : le bruxisme, qui fatigue les dents et les restaurations ; les anciennes obturations volumineuses, qui fragilisent les parois ; et les dents dévitalisées non protégées par un recouvrement. Selon le cas, une gouttière nocturne, le remplacement d’une restauration à risque ou la pose d’un onlay préviennent la fracture suivante.

Pour les sportifs, la prévention passe par un dispositif adapté : notre article sur le protège-dents sur mesure compare les options et leur coût.

Quand consulter

Consultez rapidement après toute fracture, même indolore : une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries et une fracture peut s’aggraver à la mastication suivante. Consultez le jour même en cas de douleur vive, de point rouge visible au centre de la cassure, de saignement provenant de la dent, de fragment mobile, ou lorsqu’il s’agit d’une dent définitive chez un enfant.

Consultez en urgence si une dent a été expulsée, si elle est déplacée ou enfoncée, en cas de plaie importante des lèvres ou des gencives, ou si vous suspectez une fracture de la mâchoire. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique : seul un examen avec radiographie permet de déterminer jusqu’où descend une fracture.

À la clinique Névé (Genève)

Nous recevons les fractures dentaires en urgence et privilégions, chaque fois que la situation le permet, la solution la plus économe en tissu dentaire : polissage, collage du fragment conservé ou composite avant d’envisager une facette ou une couronne. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser une consultation, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Combien coûte la réparation d’une dent cassée en Suisse ?

À titre indicatif, comptez 100 à 300 CHF pour un polissage, 200 à 700 CHF pour un composite collé, 900 à 1’800 CHF pour un onlay et 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne. Une dévitalisation associée ajoute 800 à 1’500 CHF. Demandez un devis écrit au-delà d’un composite simple.

Peut-on recoller le morceau de dent cassé ?

Oui, dans certains cas, et le résultat esthétique est alors excellent puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : conservez-le dans du lait, du sérum physiologique ou à défaut dans la salive, et apportez-le rapidement au cabinet.

Une dent ébréchée doit-elle être soignée ?

Oui, même sans douleur. Une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries, rend le bord coupant pour la langue et la lèvre, et fragilise la dent qui peut casser davantage à la mastication suivante. Le traitement est souvent simple : un polissage ou un petit composite.

Composite ou couronne pour une dent cassée ?

Le composite convient tant qu’il reste suffisamment de parois saines, notamment sur les dents de devant. Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire, un onlay ou une couronne protègent mieux : une grosse obturation ne soutient pas les parois restantes.

L’assurance rembourse-t-elle une dent cassée en Suisse ?

Une dent cassée lors d’un accident relève en principe de l’assurance-accident, celle de l’employeur pour les salariés ou la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation relève de la maladie et n’est pas couverte.

Combien de temps tient une dent réparée au composite ?

Généralement cinq à dix ans, davantage sur une dent de devant peu sollicitée. Le composite se colore avec le temps, surtout en cas de consommation de café, de thé ou de tabac, mais il se répare et se repolit facilement, ce qui prolonge sa durée de service.