Archive d’étiquettes pour : couronne dentaire

Quand une dent a été dévitalisée et que la couronne naturelle est fortement délabrée, le dentiste vous propose souvent une « couronne ». Mais avant la couronne, il faut souvent reconstruire un support solide pour la recevoir : c’est l’inlay-core, aussi appelé « faux moignon coulé ». Cette pièce métallique sur mesure, scellée dans le canal radiculaire, devient le pilier de la future couronne. Elle a longtemps été le standard, et garde des indications précises — mais elle n’est plus systématique. À Névé Clinique dentaire à Genève, nous voyons régulièrement des patients à qui un inlay-core a été proposé alors qu’une reconstitution collée moderne aurait suffi. Voici notre lecture.

Key Takeaways
– L’inlay-core est une reconstitution corono-radiculaire métallique sur mesure, indiquée pour dent dévitalisée très délabrée avant pose de couronne.
– Indication principale : plus de 50 % de la couronne dentaire détruite ET besoin d’une couronne prothétique.
– L’alternative collée (tenon fibré + composite) est aujourd’hui préférée dans la majorité des cas modérés — moins invasive, plus économique.
– Prix moyen en Suisse : 400 à 800 CHF pour l’inlay-core seul, à ajouter au prix de la couronne et de la dévitalisation.

Qu’est-ce qu’un inlay-core exactement ?

Un inlay-core est une pièce prothétique en métal coulé (alliage non précieux, semi-précieux ou or selon les cas) qui se compose de deux parties solidaires :

  1. Un tenon radiculaire qui s’enfonce dans un canal de la racine, préalablement préparé après dévitalisation. Il joue le rôle d’ancrage.
  2. Un moignon coronaire qui dépasse au-dessus de la gencive et reproduit la forme d’un cône — c’est lui qui recevra la couronne définitive collée par-dessus.

L’inlay-core est réalisé sur mesure au laboratoire, à partir d’une empreinte précise du canal radiculaire et de la cavité préparée. Il est ensuite scellé définitivement dans la dent avec un ciment dentaire spécifique. Une fois en place, la couronne céramique ou céramo-métallique est posée par-dessus.

L’objectif est mécanique : créer un pilier rigide et stable capable de supporter une couronne sur une dent qui n’a presque plus de tissu coronaire. Sans cette reconstitution, la couronne reposerait sur trop peu de matière et risquerait la fracture sous mastication.

Quand l’inlay-core est-il vraiment indiqué ?

Toutes les dents dévitalisées n’ont pas besoin d’un inlay-core. Loin de là. Les indications se sont resserrées avec l’arrivée des techniques adhésives. Voici les critères que nous appliquons à Névé.

Indications retenues aujourd’hui

  • Délabrement coronaire majeur : plus de 50-70 % de la couronne dentaire est manquante après dévitalisation et nettoyage de la carie.
  • Dent destinée à recevoir une couronne prothétique (sinon, l’inlay-core ne sert à rien — un composite simple suffit).
  • Dent pilier de bridge : la dent va supporter une partie d’un bridge, donc subir des contraintes mécaniques renforcées.
  • Racine longue, droite et de bon diamètre permettant un ancrage radiculaire suffisant (au moins 8 mm de tenon dans le canal).
  • Échec d’une précédente reconstitution collée sur la même dent.

Quand l’inlay-core n’est PAS indiqué

  • Dent dévitalisée mais avec suffisamment de tissu coronaire restant (au moins 2-3 mm de hauteur de paroi sur 3-4 côtés). Un composite ou un onlay collé suffit alors.
  • Racine courte, fine ou courbe : l’ancrage serait insuffisant ou risquerait une perforation.
  • Dent antérieure peu délabrée chez un patient jeune : le tenon fibré + composite préserve mieux la dent.
  • Dent fracturée verticalement : l’inlay-core ne sauvera pas la dent. Il faut envisager l’extraction et un implant.

Inlay-core ou tenon fibré : quelle différence et quel choix ?

C’est la question centrale aujourd’hui en dentisterie restauratrice. Les deux techniques visent le même objectif (reconstruire un pilier sur dent dévitalisée), mais elles n’ont pas les mêmes propriétés.

L’inlay-core métallique coulé (technique historique)

  • Avantages : très grande résistance mécanique, durée de vie longue (15-20 ans en moyenne), bonne option sur dents postérieures très délabrées et dents piliers de bridge.
  • Inconvénients : technique invasive (préparation canalaire importante), risque de fracture radiculaire en cas de surcharge (le métal est plus rigide que la dentine et peut « fendre » la racine), aspect esthétique inadapté en zone antérieure (visibilité du métal sous une couronne fine), nécessite 2 séances avec laboratoire.

Le tenon fibré + composite (technique moderne)

  • Avantages : module d’élasticité proche de la dentine, ce qui répartit mieux les forces et réduit le risque de fracture radiculaire ; technique en une seule séance ; coût inférieur ; bonne option esthétique sur dent antérieure.
  • Inconvénients : durée de vie moyenne légèrement inférieure sur dents postérieures à forte sollicitation (10-15 ans), résistance moindre sur dents piliers de bridge multi-éléments.

Notre lecture en cabinet : nous proposons en première intention le tenon fibré + composite dans la majorité des cas modérés, surtout sur dents antérieures et prémolaires. L’inlay-core métallique reste réservé aux molaires très délabrées, aux dents piliers de bridge, et aux situations où la résistance mécanique prime sur la conservation tissulaire. Le choix se fait au cas par cas, en fonction de la dent, du délabrement, et du projet prothétique global.

Pour comparer en détail toutes les options de reconstitution corono-radiculaire (RCR), voir notre guide dédié : reconstitution corono-radiculaire : quelles options ?.

Comment se déroule la pose d’un inlay-core ?

La séquence se déroule sur 2 à 3 rendez-vous, après que la dent a été préalablement dévitalisée et le traitement endodontique stabilisé.

Séance 1 : préparation et empreinte (45-60 min)

  1. Anesthésie locale de la zone (la dent est dévitalisée mais la gencive et l’os autour restent sensibles).
  2. Dépose des anciennes restaurations et nettoyage complet de la cavité.
  3. Désobturation partielle d’un canal radiculaire (généralement le plus large) sur 8 à 12 mm, en gardant 4-5 mm d’obturation apicale pour préserver l’étanchéité endodontique.
  4. Mise en forme du logement du futur tenon avec des forets calibrés.
  5. Prise d’empreinte précise du canal préparé et des parois résiduelles — soit traditionnelle (silicone), soit numérique avec scanner intra-oral.
  6. Pose d’une obturation provisoire étanche en attendant le retour du laboratoire.

L’empreinte est envoyée au prothésiste qui réalise l’inlay-core sur mesure en 5 à 10 jours.

Séance 2 : essayage et scellement (30 min)

  1. Dépose de la provisoire, nettoyage et essayage de l’inlay-core.
  2. Vérification de l’adaptation marginale et du positionnement.
  3. Scellement définitif au ciment (verre ionomère renforcé, ciment auto-adhésif ou composite selon les cas).
  4. Préparation de la dent pour la couronne ou prise d’empreinte pour la couronne définitive.

Séances suivantes : couronne

La couronne céramique ou céramo-métallique sera posée 1 à 2 séances plus tard, sur l’inlay-core désormais intégré. Voir notre guide sur le choix couronne céramique vs zircone.

Quels sont les risques et les complications possibles ?

L’inlay-core est une technique éprouvée mais elle n’est pas sans risques.

Fracture radiculaire (risque principal)

C’est la complication la plus redoutée — et celle qui condamne presque toujours la dent à l’extraction. Le métal de l’inlay-core est beaucoup plus rigide que la dentine : sous charge importante (mastication forte, traumatisme, bruxisme), le tenon transmet la force au fond de la racine et peut la fendre verticalement. Le taux de fracture radiculaire à 10 ans varie de 3 à 8 % selon les études, plus élevé sur dents très délabrées et chez les bruxomanes. C’est ce risque qui fait préférer aujourd’hui le tenon fibré sur les dents à plus faible volume détruit.

Descellement de l’inlay-core

Plus rare avec les ciments modernes (taux annuel < 1 %), mais possible si la préparation initiale était sous-dimensionnée ou si un choc occlusal a sollicité l’ancrage. Un inlay-core descellé peut souvent être recollé, mais il faut vérifier l’état de la racine.

Carie sur racine restante

Le bord de la couronne et de l’inlay-core, exposé à la salive, peut être colonisé par des bactéries. Une hygiène insuffisante ou une récession gingivale exposant la racine favorise les caries cervicales — particulièrement vicieuses car la dent est dévitalisée et ne signale pas la douleur.

Infection apicale tardive

Si l’étanchéité au fond de la racine n’est pas parfaite ou si l’obturation endodontique initiale était imparfaite, une infection peut se développer plusieurs années après. Un contrôle radiographique régulier permet de la détecter.

Combien coûte un inlay-core en Suisse ?

Les tarifs en pratique privée à Genève se situent généralement dans cette fourchette :

Acte Fourchette tarifaire (CHF)
Inlay-core (faux moignon) seul 400 – 800
Tenon fibré + composite seul 250 – 450
Couronne céramo-métallique 1 200 – 1 800
Couronne céramique full 1 400 – 2 200
Total reconstitution + couronne 1 600 – 3 000

Ces actes ne sont pas remboursés par l’assurance maladie de base en Suisse (LAMal), sauf cas exceptionnels (suite à un accident reconnu, malformation congénitale). Une complémentaire dentaire peut couvrir 50 à 75 % selon le contrat. La dévitalisation préalable est facturée séparément (souvent 600-1 200 CHF). Voir notre page honoraires.

Combien de temps dure un inlay-core ?

La survie médiane d’un ensemble inlay-core + couronne se situe entre 15 et 20 ans sur dent monoradiculée, légèrement moins sur dents pluriradiculées soumises à plus de contraintes. Les facteurs qui prolongent la longévité :

  • Hygiène irréprochable au collet de la couronne (fil dentaire, brossettes interdentaires).
  • Absence de bruxisme non contrôlé (port d’une gouttière nocturne si nécessaire).
  • Contrôle radiographique annuel pour détecter une infection apicale ou une carie cervicale précocement.
  • Pas de surcharge occlusale : éviter de croquer noix, glaçons, stylos.

Vous avez une dent dévitalisée à reconstruire ? L’indication d’un inlay-core, d’un tenon fibré ou d’un onlay collé dépend du tissu restant et du projet global. Nos dentistes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations évaluent chaque cas avec radio et examen clinique pour vous proposer la solution la plus conservatrice et durable. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — inlay-core et reconstitution dent dévitalisée

Pourquoi mon dentiste propose un inlay-core et pas juste un composite ?

Parce que la dent est probablement trop délabrée pour qu’un composite tienne mécaniquement. Au-delà de 50 % de tissu coronaire détruit, un composite seul fracturera sous occlusion. L’inlay-core (ou un tenon fibré + composite) crée un pilier solide pour recevoir une couronne. Si vous avez un doute, demandez un deuxième avis : un onlay collé ou un tenon fibré peut suffire dans certains cas.

L’inlay-core fait-il mal à poser ?

Non, la dent étant dévitalisée, vous ne ressentez rien sur la dent elle-même. Une anesthésie locale est utilisée pour le confort de la gencive autour. Une légère pression peut être ressentie pendant la mise en place, sans douleur.

Combien de temps entre la dévitalisation et l’inlay-core ?

En général, on attend 2 à 4 semaines après la dévitalisation pour s’assurer que le traitement endodontique est stable et que la dent ne redonne pas de douleur. Pendant cette période, une obturation provisoire étanche protège la dent.

Est-ce que la dent peut casser après pose d’un inlay-core ?

Oui, c’est le risque principal. La rigidité du métal peut fendre la racine sous charge importante. Le taux de fracture radiculaire est de 3-8 % à 10 ans. Pour limiter ce risque : éviter les forces excessives (croquer, bruxisme), porter une gouttière de nuit si grincement diagnostiqué, contrôles réguliers.

Inlay-core ou implant : quel choix si ma dent est très délabrée ?

Question fréquente. La règle générale : conserver la dent naturelle reste préférable tant qu’elle est restaurable et que la racine est saine. L’implant intervient quand la dent n’est plus sauvable (fracture radiculaire, racine trop courte, lésion apicale réfractaire). Le coût d’un implant + couronne (3 500-5 500 CHF) est aussi supérieur. Une consultation avec radiographie permet de trancher.

L’inlay-core est-il visible quand on sourit ?

Sur dent postérieure (molaire, prémolaire), non, il est masqué par la couronne. Sur dent antérieure, le métal peut transparaître à travers une couronne fine et créer un effet grisâtre au collet. C’est pourquoi sur le secteur antérieur, on préfère aujourd’hui les solutions sans métal : tenon fibré transparent + composite + couronne céramique full.

Pour aller plus loin

L’inlay-core garde une place précise dans l’arsenal du dentiste, mais ce n’est plus une solution par défaut. La dentisterie moderne privilégie les approches collées chaque fois que possible — pour préserver le tissu dentaire et réduire le risque de fracture radiculaire. Chez Névé, chaque reconstitution sur dent dévitalisée fait l’objet d’une évaluation individuelle : volume restant, état de la racine, projet prothétique, profil mécanique du patient.

Si vous devez reconstruire une dent dévitalisée et hésitez entre les options, nos équipes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations vous accueillent pour un bilan personnalisé. Contactez-nous pour un rendez-vous.


Sources clés citées :

  • Sarkis-Onofre R. et al., Cast metal vs. glass fibre posts: a randomized controlled trial with up to 3 years follow up, Journal of Dentistry, 2014
  • Naumann M. et al., Posts and cores: a systematic review, International Endodontic Journal, 2018
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations
  • Page service Névé : inlay-onlay

Une couronne dentaire ne protège pas la dent à vie. Au fil des années, le joint entre la couronne et la dent peut se dégrader, laissant les bactéries s’infiltrer et créer une carie « secondaire » sous la prothèse. Cette carie est particulièrement traîtresse : elle progresse à l’abri du regard, sans symptôme franc, et peut compromettre la dent quand on la découvre. En tant qu’équipe de Névé Clinique dentaire à Genève, nous voyons régulièrement des patients arriver pour une « petite gêne » et apprendre que leur couronne posée il y a 10 ou 15 ans abrite une infiltration. Voici comment la repérer et la traiter.

Key Takeaways
– La carie secondaire (sous restauration) représente 30 à 40 % des motifs de remplacement des couronnes dans les études cliniques de longue durée (Pjetursson et al., Clinical Oral Implants Research, 2018).
– Une couronne a une durée de vie médiane de 15 à 20 ans ; au-delà, le risque de fuite marginale augmente significativement.
– Les signes précoces sont subtils : halitose localisée, mauvais goût, sensibilité légère, fil dentaire qui s’accroche à la marge.
– Le diagnostic repose sur clinique + radio bite-wing ; parfois la carie n’est confirmée qu’au moment de la dépose.

Pourquoi une dent couronnée peut-elle se carier ?

Une couronne ne « cimente » pas la dent dans le marbre. Elle est scellée — collée ou cimentée — sur ce qui reste de la dent (le moignon dentaire). Le joint entre la couronne et la dent, appelé interface marginale, mesure idéalement moins de 120 micromètres. Mais avec le temps, plusieurs phénomènes attaquent ce joint :

  • Vieillissement du ciment : dissolution progressive, en particulier des ciments classiques (phosphate de zinc, verre ionomère).
  • Microfuites : sous l’effet des contraintes thermiques et mécaniques (mastication, boissons chaudes/froides).
  • Récession gingivale : exposition de la marge cervicale, autrefois sous gencive, à un environnement plus acide et bactérien.
  • Bruxisme : surcharges occlusales qui sollicitent les marges.

Quand le joint cède, les bactéries du biofilm s’infiltrent par capillarité dans l’interstice et commencent à déminéraliser la dent sous-jacente. Comme le tissu attaqué est de la dentine (et non de l’émail, déjà retiré lors de la préparation initiale), la carie progresse rapidement — la dentine se déminéralise dès pH 6,2-6,5.

Les 6 signes qui doivent alerter

La carie sous couronne est rarement bruyante. Six signaux méritent un avis :

1. Halitose localisée ou mauvais goût persistant

Un goût métallique, putride ou simplement « bizarre » d’un seul côté de la bouche, qui revient même après brossage, est l’un des signes les plus fréquents. Le biofilm anaérobie sous la couronne produit des composés sulfurés volatils.

2. Sensibilité au sucré ou au froid sur la dent couronnée

Une dent dévitalisée ne devrait plus être sensible. Si une couronne posée sur dent dévitalisée commence à réagir au froid ou au sucré, c’est qu’une voie d’accès existe — et probablement une carie. Sur dent vivante, la sensibilité doit alerter de la même façon.

3. Fil dentaire qui s’effiloche à la marge

Un fil qui se déchire systématiquement au passage entre la couronne et la dent voisine signale une rugosité anormale — souvent une carie débutante au niveau du collet de la couronne.

4. Tache sombre visible à la marge cervicale

Quand la gencive a un peu reculé, la marge de la couronne devient visible. Une zone brune ou noire suivant le contour signe une infiltration.

5. Couronne légèrement mobile ou qui « bouge »

Une mobilité de la couronne par rapport à la dent (parfois imperceptible mais ressentie au coup de langue) signale un descellement partiel — souvent associé à une carie sous-jacente.

6. Douleur à la mastication

Signe tardif. Une douleur à la pression sur une dent couronnée évoque soit une carie ayant atteint la pulpe (sur dent vivante), soit une fracture radiculaire (sur dent dévitalisée), soit une infection apicale. Tous ces scénarios sont des urgences relatives — voir rage de dents.

Comment le diagnostic se fait au cabinet

Le diagnostic d’une carie sous couronne est souvent un diagnostic de probabilité avant la dépose — la carie peut être plus ou moins étendue qu’à l’image. Trois outils combinés :

Examen clinique

  • Sondage doux à la sonde fine autour de la marge (recherche d’accroche).
  • Test au fil dentaire (recherche d’effilochage).
  • Test de mobilité de la couronne.
  • Évaluation du gonflement gingival adjacent (signe d’inflammation chronique).

Radiographie bite-wing

L’examen clé. Une bite-wing montre les zones interproximales sous la couronne, là où la carie débute le plus souvent. Une radioclarté sous la marge cervicale ou interproximale est très suggestive.

Limite importante : les couronnes en métal et les couronnes céramo-métalliques masquent une partie de la dent par radio-opacité. Une carie située directement sous le métal ou la zircone très opaque peut rester invisible jusqu’à un stade avancé. C’est pour cela que l’examen clinique reste primordial.

Cone Beam (CBCT) si nécessaire

Dans les cas complexes (suspicion de fracture associée, échec implantaire à proximité), un CBCT peut affiner. Pas systématique.

Quelle stratégie de traitement ?

La conduite à tenir dépend de trois facteurs : étendue de la carie, vitalité de la dent, qualité du tissu restant après dépose.

Scénario 1 — Carie limitée, marge accessible

Si la carie est petite et localisée à la marge, et que le reste de la couronne est satisfaisant, certains praticiens proposent une réparation par collage sans dépose. Solution conservatrice mais à pronostic limité — souvent une mesure d’attente.

Scénario 2 — Carie modérée, dent restaurable

Dépose de la couronne, élimination de la carie, reconstitution du moignon (composite ou inlay-core selon le délabrement), nouvelle couronne. C’est le scénario le plus fréquent. Pour les détails techniques, voir notre page couronnes.

Scénario 3 — Carie atteignant la pulpe (dent vivante)

Dévitalisation (traitement endodontique), reconstitution corono-radiculaire, nouvelle couronne. Allongement de la séquence, mais la dent est généralement sauvée.

Scénario 4 — Carie sous-gingivale profonde ou racine fracturée

Si la carie descend trop bas sur la racine, ou si la dépose révèle une fracture radiculaire, l’extraction devient inévitable. La discussion porte alors sur le remplacement : implant, bridge, ou abstention. C’est le scénario que tout patient veut éviter — d’où l’importance du dépistage précoce.

Notre lecture en cabinet : nous voyons souvent des patients qui ont reporté la consultation « parce que ça allait ». À 6 mois près, la même couronne aurait pu être remplacée simplement ; à 18 mois de retard, l’extraction devient parfois la seule option.

Prévention : prolonger la vie d’une couronne

Une couronne bien suivie peut tenir 20 à 25 ans. Quatre principes :

  1. Hygiène impeccable autour de la marge : brosse souple, technique douce, fil dentaire ou brossette interdentaire chaque soir, jet dentaire complémentaire si l’anatomie le justifie.
  2. Contrôle annuel avec bite-wings tous les 18-24 mois sur dents couronnées. Voir contrôle dentaire.
  3. Détartrage professionnel régulier (6-12 mois) — la zone de la marge accumule plaque et tartre plus vite.
  4. Gouttière de protection si bruxisme nocturne — réduit les contraintes occlusales et préserve les marges.

Quand consulter ?

  • N’importe lequel des 6 signes ci-dessus.
  • Couronne en place depuis plus de 10 ans sans contrôle radiographique récent.
  • Saignement gingival répété autour d’une couronne.
  • Tout doute, même vague — la carie sous couronne est un de ces problèmes où « attendre encore 6 mois » coûte parfois la dent.

Vous avez une couronne ancienne ou un signe d’alerte ? Nos dentistes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations réalisent des bilans avec radiographies bite-wings pour évaluer l’état de vos couronnes anciennes. Prendre rendez-vous en ligne.

FAQ — carie sous couronne

Une couronne peut-elle se carier si la dent est dévitalisée ?

Oui. La dévitalisation supprime la pulpe, pas la dent. Le tissu dentinaire restant sous la couronne reste carie-sensible. Une carie peut s’y développer et progresser jusqu’à fragiliser la racine. La différence : la dent dévitalisée ne fait pas mal quand elle se carie, ce qui rend la surveillance encore plus importante.

Combien de temps tient une couronne en moyenne ?

Les revues de littérature donnent une survie médiane de 15 à 20 ans pour une couronne céramo-métallique ou tout-céramique posée dans de bonnes conditions (Pjetursson et al., 2018). Au-delà, le risque de complications (carie secondaire, fracture, descellement) augmente progressivement. Une couronne de 25 ans n’est pas « à jeter » par défaut, mais elle mérite un contrôle annuel attentif.

Peut-on voir une carie sous couronne sur une simple radio ?

En partie. Les bite-wings détectent bien les caries proximales sous couronne, mais le métal ou la zircone très opaque crée une zone d’ombre qui peut masquer une lésion centrale. C’est pour cela que l’examen clinique (sondage, mobilité, signes gingivaux) est aussi important que l’image.

Faut-il toujours déposer la couronne pour traiter la carie ?

Quasi systématiquement, oui. Une carie sous couronne ne peut être ni nettoyée ni restaurée correctement sans accès — donc sans dépose. Les rares « réparations marginales » sans dépose sont des solutions transitoires à pronostic limité. Mieux vaut anticiper et planifier la réfection.

Quel est le coût moyen d’une réfection de couronne en Suisse ?

À titre indicatif, en Suisse romande, le coût d’une nouvelle couronne céramo-métallique ou tout-céramique se situe généralement entre 1 800 et 2 800 CHF (TARMED + laboratoire), variable selon le type de matériau, la complexité du moignon et la nécessité ou non d’une dévitalisation. Un devis précis est établi après examen et bite-wings. Voir notre page honoraires.

Les couronnes en zircone se carient-elles moins que les autres ?

La zircone elle-même ne se carie pas — c’est de la céramique. Mais la dent sous la couronne peut se carier si le joint marginal cède, indépendamment du matériau de la couronne. Les études montrent des taux de carie secondaire comparables entre céramo-métallique, tout-céramique e.max et zircone monolithique. Le facteur clé n’est pas le matériau mais la qualité du joint et l’hygiène.

Pour aller plus loin

La carie sous couronne est l’un des risques mécaniques majeurs des restaurations prothétiques anciennes. Sa détection précoce est la seule garantie de garder la dent. Trois principes simples : suivi annuel, bite-wings régulières, hygiène irréprochable autour de la marge.

Pour un panorama plus large des signes d’alerte d’une carie, voir notre pilier symptômes d’une carie. Pour les détails sur les caries au collet adjacentes (souvent associées), carie au collet. Et pour la prise en charge, notre page traitement des caries ou le service traitement par collage.

Nos équipes reçoivent dans nos trois cabinets à Genève — Plainpalais, Pont-Rouge et Nations — pour un bilan complet. Contactez-nous pour un rendez-vous.


Sources clés citées :

  • Pjetursson BE. et al., Improvements in implant dentistry over the last decade: comparison of survival and complication rates of fixed dental prostheses, Clinical Oral Implants Research, 2018 (lien)
  • Walsh T. et al., Bitewing radiography for caries detection, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2021 (lien)
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations cliniques