Archive d’étiquettes pour : amalgame dentaire

« J’ai un plombage à refaire. » Cette phrase, on l’entend chaque semaine en consultation chez Névé Clinique dentaire à Genève. Le mot a la vie dure — il évoque encore l’amalgame argenté que beaucoup ont en bouche depuis l’enfance. Pourtant, depuis vingt ans, la matière a profondément changé. La Convention de Minamata, ratifiée par la Suisse, a accéléré la sortie progressive du mercure dentaire. Aujourd’hui, ce que l’on appelle encore « plombage » est, neuf fois sur dix, un composite blanc — voire un inlay céramique. Voici un point clinique sur ce qui se cache vraiment derrière le mot.

Key Takeaways
– Le mot plombage est un héritage du XIXᵉ siècle — l’amalgame contient en réalité de l’argent, du mercure, de l’étain et du cuivre, pas de plomb.
– La Convention de Minamata (2013, ratifiée par la Suisse) impose une réduction progressive de l’usage de l’amalgame dentaire.
– Aujourd’hui en Suisse, l’écrasante majorité des restaurations sont réalisées en résine composite ou en inlays céramique.
– Les composites modernes sont adhésifs (collés à la dent), esthétiques et permettent une approche plus conservatrice.
– Les anciens amalgames en bouche n’ont pas besoin d’être systématiquement remplacés s’ils sont étanches et fonctionnels.

D’où vient le mot « plombage » ?

Le terme date du XIXᵉ siècle, quand les premières restaurations dentaires utilisaient des feuilles d’or martelées dans la cavité — la technique de l’obturation. Le mot « plomber » désignait alors l’action de sceller, par analogie avec les sceaux de plomb des documents officiels et des marchandises. Le matériau utilisé n’était pas du plomb, mais le geste s’en rapprochait visuellement.

Au XXᵉ siècle, l’amalgame d’argent a dominé pendant près de cent ans : un alliage de mercure liquide, d’argent, d’étain et de cuivre. Sa résistance, son faible coût et sa facilité de mise en place en ont fait le matériau de référence mondial. Le mot « plombage » est resté, même si la composition n’a jamais inclus de plomb.

La Convention de Minamata et la fin progressive de l’amalgame

Signée en 2013, la Convention de Minamata sur le mercure est un traité international qui vise à réduire l’usage du mercure dans toutes les industries — y compris la dentisterie. La Suisse l’a ratifiée en 2016.

Ses dispositions concernant l’amalgame dentaire prévoient :

  • l’interdiction de l’amalgame chez les enfants de moins de 15 ans, les femmes enceintes et allaitantes (effective dans l’UE depuis 2018, suivie en Suisse),
  • la réduction progressive de son usage chez les autres patients,
  • l’obligation de séparateurs d’amalgame dans les cabinets pour éviter le rejet de mercure dans les eaux usées,
  • la promotion d’alternatives sans mercure.

L’objectif n’est pas tant un risque sanitaire individuel — l’amalgame en place est considéré comme stable par l’OMS — que la réduction de la pollution environnementale par le mercure, polluant persistant qui s’accumule dans la chaîne alimentaire.

Les matériaux d’aujourd’hui

Quand un patient arrive chez nous avec une carie ou un ancien amalgame à remplacer, plusieurs options existent — chacune adaptée à des situations cliniques précises.

La résine composite

C’est aujourd’hui le matériau le plus utilisé. Il s’agit d’un mélange de résine et de charges minérales (silice, verre), durci par lumière bleue (lampe à polymériser).

Avantages :

  • esthétique : teinte assortie à la dent, invisible,
  • adhésion à la dent par un système de collage (gel mordançant + adhésif), ce qui permet d’enlever moins de tissu sain que l’amalgame,
  • mise en place en une seule séance,
  • réparable sur place sans tout refaire.

Limites :

  • rétraction de prise lors de la polymérisation — peut créer des micro-infiltrations si la technique n’est pas maîtrisée,
  • usure dans le temps sur les zones de forte mastication (molaires de patients bruxomanes),
  • durée de vie moyenne 5 à 12 ans selon la zone et la qualité de pose.

Pour comprendre la technique précise du collage composite et ses indications, voir notre page traitement des caries par collage composite et notre fiche détaillée résine composite.

Les inlays et onlays céramique

Pour les cavités importantes — typiquement, le remplacement d’un gros amalgame ou la restauration d’une dent fracturée — le composite atteint ses limites. L’inlay (à l’intérieur des cuspides) ou l’onlay (recouvrant une ou plusieurs cuspides) en céramique est alors une excellente option.

Réalisé en deux séances (empreinte puis pose) ou en une seule avec une chaîne CFAO (CEREC), l’inlay est :

  • très résistant à l’usure (durée de vie 15-20 ans dans les bonnes conditions),
  • stable dimensionnellement (pas de rétraction),
  • biocompatible et esthétique,
  • plus coûteux qu’un composite direct.

C’est notre choix par défaut pour les cavités larges sur molaires chez l’adulte.

Le verre ionomère et les CVI modifiés

Matériaux libérant du fluor, intéressants pour les patients à fort risque carieux ou pour les restaurations transitoires (pédiatrie, dents temporaires). Moins esthétiques et moins résistants que le composite, ils gardent une place spécifique.

L’or coulé

Quasi disparu en pratique courante, l’inlay or reste cliniquement excellent (durée de vie 30+ ans) mais boudé pour des raisons esthétiques et de coût. Encore utilisé occasionnellement chez certains patients.

Durée de vie moyenne (années) 9 ans Composite 15 ans Amalgame 18 ans Inlay céramique 20+ ans Inlay or
Estimations cliniques moyennes selon localisation et profil patient. Variations importantes en fonction de la technique de pose et de l’hygiène.

Faut-il remplacer ses anciens amalgames ?

C’est l’une des questions qui revient le plus en consultation. Notre réponse, alignée sur les recommandations de la SSO et de l’OMS :

Non, pas systématiquement. Un amalgame étanche, fonctionnel, sans signe de carie secondaire, peut rester en place pendant des décennies sans risque démontré. Le geste de dépose libère temporairement plus de mercure que l’amalgame stable en bouche.

Oui, dans ces situations :

  • carie secondaire visible (en bordure de l’amalgame),
  • fracture de l’amalgame ou de la dent,
  • défaut esthétique gênant (sourire, demande du patient),
  • dent fissurée nécessitant une protection plus large (passage à un onlay),
  • demande médicale spécifique (allergie documentée au mercure — rare).

La dépose d’un amalgame doit être réalisée avec des précautions techniques : digue dentaire, aspiration chirurgicale haute puissance, fragmentation contrôlée, refroidissement abondant. C’est un protocole standard dans nos cabinets.

Le geste clinique aujourd’hui : du forage au collage

L’évolution majeure des 30 dernières années n’est pas seulement le matériau — c’est la philosophie de soin. La dentisterie restauratrice moderne suit le principe de dentisterie a minima : préserver le maximum de tissu sain, intervenir le moins possible.

Concrètement :

  1. Diagnostic précoce par examen clinique et radiographies bite-wing — voir notre page soins dentaires.
  2. Détection des caries débutantes avant qu’elles ne nécessitent un forage. Reminéralisation par fluor pour les lésions très précoces.
  3. Préparation conservatrice : on n’enlève que le tissu carié, pas les tissus sains environnants comme c’était la règle à l’époque de l’amalgame qui exigeait des cavités rétentives.
  4. Adhésion : le composite est collé à la dent, ce qui supprime le besoin de creuser des « rétentions mécaniques ».
  5. Suivi en prophylaxie pour détecter précocement toute carie secondaire — la prévention reste le meilleur traitement.

Cette approche prolonge significativement la durée de vie des dents naturelles et reporte de nombreuses années les traitements lourds (couronnes, implants).

Sécurité et environnement : où en est-on ?

Sur le plan individuel, les études disponibles n’ont pas démontré de risque sanitaire significatif lié aux amalgames en place chez la grande majorité des patients. L’OMS, l’AAP et la SSO maintiennent que les amalgames stables ne nécessitent pas de dépose préventive systématique.

Sur le plan environnemental, en revanche, le mercure est un polluant persistant, bioaccumulable, qui contamine les milieux aquatiques et la chaîne alimentaire (poissons). C’est cette dimension qui motive principalement la sortie progressive du mercure dentaire dans le cadre de la Convention de Minamata.

Les cabinets suisses sont équipés depuis longtemps de séparateurs d’amalgame (filtres haute efficacité sur les conduites d’aspiration) qui retiennent les particules avant rejet dans les eaux usées.

Combien coûte une restauration dentaire en Suisse ?

Les prix varient selon la localisation, la technique et le matériau. À titre indicatif à Genève :

Type de restauration Tarif indicatif (CHF)
Composite 1 face 150 – 280
Composite 2-3 faces 280 – 500
Inlay céramique CFAO 1 séance 700 – 1 200
Inlay céramique laboratoire 2 séances 900 – 1 500
Onlay céramique étendu 1 200 – 1 800

Ces actes sont en général à la charge du patient (la LAMal ne les couvre pas en routine). Les assurances complémentaires dentaires prennent en charge selon les contrats.

Quand consulter pour un « plombage » ?

Plusieurs signes doivent vous amener à consulter :

  • sensibilité au sucré, au froid ou au chaud sur une dent précise,
  • douleur spontanée, lancinante ou nocturne,
  • trace sombre visible sur une dent,
  • bord rugueux ressenti à la langue,
  • fil dentaire qui s’effiloche dans un espace interdentaire,
  • ancienne restauration fracturée ou tombée.

Plus la carie est dépistée tôt, plus la restauration est conservatrice — et moins elle coûte.

Une dent à restaurer à Genève ? Nos cabinets de Plainpalais, Pont-Rouge et Nations proposent l’ensemble des techniques modernes : composite direct, inlay CFAO, onlay céramique. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — plombage dentaire

Le « plombage » contient-il du plomb ?

Non. Le mot est un héritage historique. L’amalgame contient du mercure, de l’argent, de l’étain et du cuivre — pas de plomb. Aujourd’hui, la plupart des « plombages » sont des composites blancs (résine + charges minérales) sans aucun métal.

Faut-il enlever mes anciens amalgames ?

Non systématiquement. Un amalgame étanche et fonctionnel peut rester en place sans risque démontré. La dépose est indiquée en cas de carie secondaire, fracture, défaut esthétique gênant, ou demande médicale spécifique. Le geste de dépose doit être protégé (digue, aspiration haute) pour limiter la libération de mercure.

Le composite est-il aussi solide que l’amalgame ?

Sur les petites à moyennes cavités, oui. Sur les grandes restaurations en zone de forte mastication, le composite peut s’user plus vite. Pour ces situations, l’inlay céramique est souvent une meilleure option à long terme. Le choix se fait au cas par cas selon la taille de la cavité, votre activité de mastication et votre budget.

Combien de temps dure un composite ?

En moyenne 5 à 12 ans selon la zone, la qualité de la pose et l’hygiène. Une restauration sur incisive dans une bouche bien entretenue peut durer 15 ans ; un composite sur molaire chez un patient bruxomane peut nécessiter une réfection à 5 ans. Le contrôle régulier en prophylaxie permet de détecter les défauts précocement.

Le composite est-il remboursé ?

En Suisse, les composites comme les amalgames ne sont pas couverts par la LAMal en soins courants. Les assurances complémentaires dentaires prennent en charge tout ou partie selon les contrats. Demandez un devis détaillé à votre cabinet et vérifiez votre couverture.

Est-ce douloureux ?

La pose se fait sous anesthésie locale dans la grande majorité des cas. Pendant 24 à 72 heures, une sensibilité au froid ou à la mastication est possible — c’est normal et transitoire. Une douleur persistante ou croissante au-delà de quelques jours doit faire l’objet d’un contrôle.

Inlay ou composite : comment choisir ?

Le composite direct est indiqué pour les cavités petites à moyennes. L’inlay céramique est préférable pour les cavités larges, les remplacements de gros amalgames, ou les dents fracturées nécessitant une protection cuspidienne. Le coût de l’inlay est plus élevé mais sa durée de vie compense largement à long terme.

Pour aller plus loin

Le mot « plombage » est un fossile linguistique tenace, mais derrière le mot, la pratique a complètement changé. Adhésion plutôt que rétention mécanique, esthétique systématique, conservation maximale de tissu sain, sortie progressive du mercure : la dentisterie restauratrice moderne est plus respectueuse de la dent, du patient et de l’environnement.

Chez Névé, nous pratiquons la dentisterie a minima au quotidien — composites adhésifs pour les cavités courantes, inlays céramique pour les cas étendus, et surtout prévention en amont pour éviter le maximum de restaurations. Si vous avez une dent qui vous inquiète, ou un ancien amalgame dont vous vous demandez s’il faut le remplacer, prenez rendez-vous : nous vous donnerons un avis honnête, sans surtraitement.


Sources clés citées :

L’amalgame dentaire — le « plombage » gris-argenté qui a soigné des millions de caries depuis les années 1830 — est en voie de disparition. L’Union européenne l’a interdit au 1er janvier 2025 et la Suisse suit la tendance, dans le sillage de la Convention de Minamata sur le mercure. Beaucoup de patients viennent nous voir avec une question simple : « dois-je déposer mes vieux plombages ? » La réponse honnête n’est pas binaire. Toutes les déposes ne sont pas justifiées — et certaines déposes mal faites présentent plus de risques que l’amalgame lui-même. À Névé Clinique dentaire à Genève, nous évaluons cas par cas. Voici notre approche, fondée sur les données scientifiques et les positions des autorités sanitaires.

Key Takeaways
– Selon l’OMS et Swissmedic, les amalgames intacts ne posent pas de risque sanitaire démontré justifiant une dépose systématique.
– La Convention de Minamata (2013) impose un phase-down mondial du mercure dentaire ; l’UE a interdit l’amalgame le 1er janvier 2025 sauf cas exceptionnels (Règlement UE 2024/1849).
– La dépose se justifie sur indication clinique (carie secondaire, fissure, échec, allergie) — pas par principe de précaution non documenté.
– Pendant la dépose, le protocole de protection (digue, aspiration haute vitesse, fragmentation contrôlée) limite l’exposition au mercure libéré.

Les amalgames sont-ils dangereux pour la santé ?

C’est la question qui fâche. La réponse scientifique consensuelle : non, pour les amalgames intacts en bouche.

L’amalgame contient environ 50 % de mercure élémentaire allié à de l’argent, de l’étain et du cuivre. Une faible quantité de vapeur de mercure est libérée au cours de la mastication et du brossage — quelques microgrammes par jour. Cette exposition reste inférieure aux seuils de sécurité établis par l’OMS et la FDA américaine pour la population générale.

Les grandes revues systématiques (FDA 2009, SCENIHR Commission européenne 2015, Cochrane 2019) concluent qu’il n’existe pas de preuve scientifique reliant les amalgames intacts à des pathologies systémiques (Alzheimer, sclérose en plaques, autisme, infertilité). Les seuls effets sanitaires démontrés concernent :

  • Les rares cas d’allergie vraie au mercure (réaction lichénoïde locale au contact de l’amalgame).
  • Les expositions professionnelles des dentistes et assistants pré-1990 sans protection adaptée.
  • Les expositions liées à la dépose sans protocole de protection.

Notre lecture en cabinet : sur le plan strictement sanitaire individuel, un amalgame intact en bonne place ne justifie pas une dépose préventive. Ce qui change la donne, c’est l’évolution réglementaire et environnementale — le mercure est un toxique persistant qui contamine eaux usées et chaîne alimentaire.

Pourquoi l’amalgame disparaît-il ?

Pas pour des raisons sanitaires individuelles, mais pour des raisons environnementales et collectives.

La Convention de Minamata (2013)

Cette convention internationale signée par 140 pays sous l’égide du PNUE et de l’OMS vise à réduire l’usage mondial du mercure sous toutes ses formes — industrielle, minière, et dentaire. Pour le secteur dentaire, elle impose un « phase-down » progressif : interdiction des amalgames sans capsule pré-dosée, séparateurs d’amalgame obligatoires sur toutes les unités dentaires, formation aux alternatives. La Suisse a ratifié la Convention en 2014.

L’interdiction européenne au 1er janvier 2025

Le Règlement (UE) 2024/1849 interdit depuis le 1er janvier 2025 l’usage de l’amalgame dentaire dans l’UE, sauf cas médicalement justifiés et limités (texte officiel). C’est une accélération du phase-down, motivée par :

  • La disponibilité d’alternatives matures (composites, ciments verre-ionomère, céramiques).
  • La réduction de la pollution mercurielle des cabinets et eaux usées.
  • L’incinération des déchets corporels (crémation) qui libère le mercure des dents dans l’atmosphère.

La position en Suisse

La Suisse n’a pas formellement interdit l’amalgame, mais Swissmedic et la SSO recommandent depuis plusieurs années de privilégier les alternatives chaque fois que possible. En pratique, la grande majorité des cabinets dentaires suisses ne pose plus d’amalgame depuis 2020. À Névé, nous n’en posons plus depuis longtemps. Les anciens amalgames en bouche restent en place tant qu’ils sont fonctionnels.

Quand faut-il vraiment remplacer un amalgame ?

Voici les indications cliniques objectives qui justifient une dépose. Sans ces critères, la dépose préventive n’apporte pas de bénéfice démontré et expose la dent à une perte de tissu inutile.

Indications claires de dépose

  • Carie secondaire visible au bord de l’amalgame (radiographique ou clinique au sondage).
  • Fissure ou fracture de l’amalgame ou de la cuspide adjacente.
  • Mobilité ou descellement de l’amalgame.
  • Sensibilité au froid persistante sur la dent porteuse signalant une infiltration.
  • Coloration grisâtre marquée de la dent ou de la gencive adjacente (tatouage amalgame profond).
  • Réaction lichénoïde authentique de la muqueuse au contact de l’amalgame (rare, doit être confirmée).
  • Allergie au mercure documentée (très rare, test allergologique nécessaire).
  • Refonte d’un projet prothétique : la dent va recevoir une couronne ou un onlay, l’amalgame doit être déposé pour préparation.
  • Demande esthétique sur dent visible (prémolaire en zone du sourire) — indication relative, à évaluer avec le patient.

Indications non retenues par les autorités sanitaires

  • « Précaution générale » sans symptôme ni signe clinique.
  • Conviction personnelle d’effets systémiques non démontrés (fatigue chronique, troubles cognitifs sans étiologie établie).
  • Conseils de pratiques alternatives sans base scientifique.

Si vous êtes inquiet sans avoir de signe clinique, parlez-en à votre dentiste : un examen et une radiographie permettent de vérifier l’état de chaque amalgame et de décider rationnellement.

Comment se passe la dépose d’un amalgame en sécurité ?

Le moment le plus exposant en mercure d’un amalgame est paradoxalement sa dépose : la fraisage libère une vapeur et des particules. C’est pourquoi le protocole de protection est essentiel — pour le patient et l’équipe soignante.

Notre protocole de dépose à Névé

  1. Anesthésie locale de la zone.
  2. Pose de la digue dentaire (champ en latex isolant la dent du reste de la bouche). Évite l’ingestion de fragments et limite l’inhalation.
  3. Aspiration haute vitesse placée à proximité immédiate de la dent (capte vapeurs et particules à la source).
  4. Fragmentation par sectionnement plutôt que par fraisage destructif : on coupe l’amalgame en gros morceaux qu’on retire à la pince, plutôt que de tout pulvériser.
  5. Refroidissement à l’eau abondant pendant le fraisage (réduit la vaporisation du mercure).
  6. Rinçage abondant de la cavité après dépose.
  7. Élimination des déchets dans un conteneur spécifique amalgame (collecté par filière agréée).

Ce protocole — formalisé par l’International Academy of Oral Medicine and Toxicology (IAOMT) — réduit l’exposition mercurielle peropératoire d’environ 90 % par rapport à une dépose sans protection. Tous nos cabinets à Névé sont équipés de séparateurs d’amalgame conformes et nos équipes formées au protocole.

Faut-il une protection respiratoire complémentaire ?

Pour le patient, la digue + l’aspiration suffisent dans la grande majorité des cas. Certains protocoles ajoutent un masque à oxygène nasal pour les patients très inquiets, ou un drap de protection vinyle. Pour les femmes enceintes, les déposes non urgentes sont reportées après l’accouchement par principe de précaution.

Par quoi remplacer l’amalgame ?

Plusieurs options, à choisir selon la cavité, la dent, et le contexte.

Composite (résine collée) — option n°1 dans la majorité des cas

Le composite dentaire a été le grand remplaçant de l’amalgame. Esthétique (couleur de la dent), conservateur (collé directement, ne nécessite pas de retenir mécaniquement la cavité), durable (5-10 ans en moyenne, jusqu’à 15+ avec bonne hygiène). Voir notre guide composite dentaire : durée de vie réelle.

  • Indication : cavités petites à moyennes, dent vitale ou dévitalisée avec tissu suffisant.
  • Limite : sur cavité très large ou dent avec cuspides fragilisées, le composite seul peut fracturer.

Onlay / Inlay céramique ou composite — pour cavités larges

Quand la cavité dépasse 50 % du volume coronaire, l’onlay collé ou l’inlay-onlay céramique prend le relais. Plus résistant qu’un composite direct, il préserve la dent par rapport à une couronne complète. Durée de vie 10-15 ans.

Couronne — pour les délabrements majeurs

Si la dépose de l’amalgame révèle une dent presque entièrement détruite, une couronne devient nécessaire. Voir notre comparatif couronne céramique vs zircone.

Ciment verre-ionomère — alternative dans certains cas

Pour les caries cervicales (au collet) ou les patients à fort risque carieux, le verre-ionomère libère du fluor et adhère naturellement à la dentine. Moins esthétique que le composite, mais utile dans des indications précises.

Notre lecture en cabinet : remplacer un amalgame par un composite n’est pas un acte anodin. La dépose retire toujours un peu de tissu dentaire sain, et la nouvelle restauration aura sa propre durée de vie limitée. Mieux vaut conserver un amalgame fonctionnel et le surveiller que multiplier les reprises.

Combien coûte la dépose et le remplacement d’un amalgame ?

Tarifs moyens à Genève (cabinet privé) :

Acte Fourchette tarifaire (CHF)
Dépose amalgame seule (par dent) 80 – 150
Dépose + composite simple (1-2 faces) 250 – 450
Dépose + composite étendu (3 faces) 350 – 600
Dépose + onlay céramique 1 000 – 1 600
Dépose + couronne (si délabrement majeur) 1 600 – 2 800

L’assurance maladie de base (LAMal) ne couvre pas ces actes sauf cas exceptionnels. Une complémentaire dentaire peut couvrir 50-75 % selon le contrat. Voir notre page honoraires.

Que faire avec mes amalgames actuels ?

Notre recommandation pratique pour un patient avec plusieurs amalgames anciens et asymptomatiques :

  1. Bilan complet avec radiographies bite-wing pour vérifier l’absence de carie secondaire sous chaque amalgame.
  2. Conserver les amalgames intacts, étanches et fonctionnels — pas de dépose préventive systématique.
  3. Programmer la dépose progressive de ceux qui montrent un signe d’usure, fissure ou carie secondaire (souvent 1-2 par an).
  4. Anticiper la dépose des amalgames sur dents qui vont être préparées pour couronne ou bridge.
  5. Appliquer le protocole de protection à chaque dépose.

Vous vous demandez si vos amalgames doivent être remplacés ? Nos dentistes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations évaluent l’état clinique et radiographique de chaque amalgame, et discutent avec vous des indications réelles de dépose. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — remplacer un amalgame dentaire

Mes amalgames de 30 ans sont-ils encore sûrs ?

Oui, s’ils sont étanches, sans carie secondaire ni fracture. La durée de vie médiane d’un amalgame est de 10-15 ans, mais beaucoup dépassent 20-30 ans sans problème. Un contrôle clinique et radiographique annuel suffit à les surveiller.

La dépose de l’amalgame fait-elle « monter » mon taux de mercure ?

Sans protocole de protection, oui — c’est même le moment d’exposition le plus important. Avec digue, aspiration haute vitesse et fragmentation contrôlée, l’exposition est réduite de ~90 %. Pour les femmes enceintes et les enfants, on évite les déposes non urgentes par principe de précaution.

Mon dentiste me propose de remplacer tous mes amalgames d’un coup. Est-ce raisonnable ?

Non, sauf indication clinique précise sur chaque dent. La dépose préventive systématique n’est pas recommandée par les autorités sanitaires (OMS, FDA, Swissmedic). Demandez à votre dentiste les indications spécifiques pour chaque amalgame — carie, fracture, infiltration. Un deuxième avis peut être utile.

Le composite est-il vraiment plus sain que l’amalgame ?

Pour l’environnement, indiscutablement (pas de mercure). Pour la santé individuelle, les composites contiennent des traces de Bis-GMA et de BPA libérées en quantités infimes, sans effet démontré aux doses cliniques. Aucune des deux options n’est « parfaite » — l’amalgame a 200 ans de recul, le composite 30 ans.

Y a-t-il une recommandation officielle suisse sur les amalgames ?

La SSO et Swissmedic recommandent depuis plusieurs années de privilégier les alternatives sans imposer la dépose des amalgames existants. La Suisse a ratifié la Convention de Minamata en 2014 et applique le phase-down progressif. Aucune dépose préventive obligatoire n’est imposée.

Faut-il déposer mes amalgames avant une grossesse ?

Non, sauf indication clinique. Les amalgames intacts ne libèrent que des traces de mercure sans risque démontré pour le fœtus. La dépose elle-même expose davantage que la conservation. La recommandation est inverse : éviter les déposes non urgentes pendant la grossesse et les reporter après l’accouchement.

Les amalgames perturbent-ils l’IRM ?

Très marginalement. Les amalgames provoquent un petit artefact local sur l’IRM cervicale ou cérébrale, mais ne sont pas une contre-indication. Vous pouvez passer une IRM avec amalgames en bouche sans problème.

Pour aller plus loin

L’amalgame est en train de quitter la dentisterie moderne, mais sa sortie doit se faire rationnellement : sur indication clinique, avec protocole de protection, et choix réfléchi du matériau de remplacement. Chez Névé, nous accompagnons cette transition au rythme de chaque patient — sans alarmisme, mais en intégrant les évolutions réglementaires et environnementales.

Si vous souhaitez faire le point sur vos anciens amalgames, nos équipes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations vous accueillent pour un bilan complet et personnalisé. Contactez-nous pour un rendez-vous.


Sources clés citées :

  • Règlement (UE) 2024/1849 sur le mercure dentaire (lien)
  • Convention de Minamata sur le mercure (PNUE/OMS, 2013) — fact sheet OMS
  • SCENIHR (Commission européenne), Opinion on the safety of dental amalgam and alternative dental restoration materials, 2015
  • Rasines Alcaraz M.G. et al., Direct composite resin fillings versus amalgam fillings for permanent or adult posterior teeth, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2014
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) et Swissmedic — recommandations alternatives à l’amalgame