Une dent cassée se répare de quatre façons selon l’étendue de la fracture : un simple polissage pour une ébréchure d’émail, un composite collé en une séance quand la dentine est atteinte, une facette lorsque l’enjeu est esthétique, une couronne ou un onlay quand plus de la moitié de la dent est perdue. Si le nerf est exposé, une dévitalisation précède la reconstitution ; si la fracture descend dans la racine, la dent n’est généralement plus conservable. À titre indicatif, la note va de deux cents francs pour un composite simple à plus de deux mille francs pour une couronne céramique.
Vous venez de vous casser une dent ? Les premiers gestes et la conservation du morceau sont détaillés dans notre article dédié : dent cassée, que faire en attendant le dentiste. Le présent article traite de la suite : la réparation et son coût.
En bref
- Le traitement dépend de la profondeur de la fracture, pas de sa taille apparente : c’est l’atteinte de la dentine et de la pulpe qui commande.
- Une ébréchure d’émail se règle souvent par un polissage, en une séance et sans anesthésie.
- Un composite collé restaure la plupart des fractures moyennes en une séance, pour une durée de vie de cinq à dix ans.
- Au-delà de la moitié de la dent perdue, une couronne ou un onlay protègent mieux qu’une grosse obturation.
- En Suisse, une dent cassée lors d’un accident relève de l’assurance-accident ; une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation reste à votre charge.
Classer la fracture : c’est elle qui décide
Avant toute chose, le praticien détermine jusqu’où la fracture est descendue. Quatre niveaux existent, et chacun appelle une réponse différente.
| Niveau | Ce qui est atteint | Ce que vous ressentez | Traitement habituel |
|---|---|---|---|
| Ébréchure d’émail | Émail seul | Aucune douleur, un bord rugueux ou coupant | Polissage ou petit composite |
| Fracture avec dentine exposée | Émail et dentine | Sensibilité au froid, à l’air, au sucré | Composite collé, parfois facette |
| Fracture avec pulpe exposée | Émail, dentine et nerf | Douleur vive, point rouge visible au centre | Coiffage ou dévitalisation, puis reconstitution |
| Fracture corono-radiculaire | La fracture descend sous la gencive | Douleur à la mastication, fragment mobile, saignement | Selon la profondeur : reconstitution complexe ou extraction |
Un cas mérite d’être isolé : la fracture verticale de la racine, souvent décrite par les patients comme une « dent cassée en deux ». Elle survient surtout sur des dents dévitalisées ou fortement reconstituées, et son pronostic est défavorable. Nos articles sur la dent fêlée et sur la fissure dentaire verticale détaillent ce diagnostic, souvent long à poser.
Réparation 1 : le polissage et le recontouring
Quand seul l’émail est ébréché, sur quelques dixièmes de millimètre, il suffit parfois d’adoucir le bord et de rétablir une forme harmonieuse. L’intervention se fait en une séance, sans anesthésie et sans ajout de matériau : on retire un peu de matière plutôt que d’en ajouter.
Ce geste a ses limites. Il ne s’applique qu’à des pertes minimes, et retirer de l’émail est irréversible. Réalisé avec mesure, il donne des résultats très naturels, notamment pour égaliser deux incisives dont l’une a été légèrement ébréchée. Notre article sur le recontouring esthétique des bords des dents détaille cette approche micro-invasive.
Fourchette indicative : 100 à 300 CHF selon le nombre de dents concernées.
Réparation 2 : le composite collé
C’est la solution la plus fréquente pour une fracture moyenne. Le praticien colle une résine composite, mise en forme et polie directement en bouche, dans une teinte assortie à la dent. Tout se fait en une séance, en préservant le maximum de tissu sain.
Le composite convient particulièrement bien à une incisive ébréchée : le résultat est immédiat, réversible et peu invasif. Sa durée de vie se situe généralement entre cinq et dix ans, davantage sur les dents antérieures peu sollicitées. Il se colore avec le temps, surtout chez les buveurs de café et de thé et chez les fumeurs, et se répare aisément. Nos articles sur la résine composite et sur la durée de vie d’un composite abordent ces aspects.
Un point pratique souvent ignoré : si vous avez conservé le fragment, il est parfois possible de le recoller. Le résultat esthétique est alors excellent, puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : il doit être conservé dans du lait, du sérum physiologique ou, à défaut, dans la salive, et apporté rapidement.
Fourchette indicative : 200 à 450 CHF pour une restauration simple, 350 à 700 CHF pour une reconstitution étendue d’angle d’incisive.
Réparation 3 : la facette
Lorsque la fracture est large sur une dent visible, ou lorsqu’elle s’accompagne d’une coloration ou d’un défaut de forme, une facette recouvre toute la face visible de la dent. Elle offre un résultat plus stable dans le temps qu’un grand composite, au prix d’une préparation légère de l’émail.
Deux matériaux se discutent. La facette en composite, réalisée directement ou au laboratoire, est plus abordable et plus facilement réparable. La facette en céramique résiste mieux à la coloration et à l’usure, et donne un rendu plus proche de l’émail naturel, mais elle est plus coûteuse et se répare mal. Notre article sur les facettes dentaires détaille ces options.
Fourchette indicative : 500 à 1’000 CHF pour une facette composite, 1’200 à 2’200 CHF pour une facette céramique.
Réparation 4 : l’onlay ou la couronne
Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire ou une prémolaire, une obturation même volumineuse devient un mauvais choix : elle ne protège pas les parois restantes, qui finissent par se fracturer à leur tour. Il faut alors recouvrir les cuspides.
L’onlay, restauration collée réalisée au laboratoire ou par usinage, remplace la partie manquante en conservant les parois saines. C’est l’option la plus économe en tissu dentaire ; notre article sur l’onlay dentaire en décrit les indications.
La couronne recouvre entièrement la dent. Elle s’impose lorsqu’il reste peu de parois, ou sur une dent dévitalisée fortement délabrée. Notre article sur le prix d’une couronne dentaire en Suisse détaille les matériaux et leurs coûts.
Fourchette indicative : 900 à 1’800 CHF pour un onlay, 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne.
Si le nerf est atteint
Une fracture qui met le nerf à nu se reconnaît à une douleur vive et à un point rosé ou rouge au centre de la cassure. La conduite dépend alors du délai et de l’âge du patient. Sur une dent jeune dont la racine n’est pas terminée, on cherche à conserver la vitalité par un coiffage ou une pulpotomie, afin de laisser la racine achever sa croissance. Sur une dent adulte, ou lorsque l’exposition dure depuis plusieurs heures, une dévitalisation est le plus souvent nécessaire avant la reconstitution. Notre article sur la dévitalisation dentaire en décrit le déroulement.
Fourchette indicative : 800 à 1’500 CHF pour un traitement de racine, auquel s’ajoute la reconstitution.
Un point important, même sans exposition du nerf : une dent traumatisée peut perdre sa vitalité des semaines ou des mois plus tard, et se manifester par un changement de couleur. C’est ce que décrit notre article sur la dent qui change de couleur après un choc. Un contrôle à trois, six et douze mois après un traumatisme est donc justifié, même si tout semble réglé.
Cas particuliers
- Dent de devant : l’exigence esthétique prime, et la conservation du tissu aussi. Le composite est souvent privilégié en première intention, quitte à passer à une facette plus tard.
- Molaire : ce sont les forces de mastication qui commandent. Une cuspide fracturée conduit généralement à un onlay ou à une couronne plutôt qu’à un composite.
- Couronne ou dent sur pivot cassée : la conduite diffère et l’urgence est de protéger la racine. Voir notre article sur la dent sur pivot tombée.
- Dent de lait : elle ne se traite pas comme une dent définitive, et le risque porte sur le germe de la dent permanente située dessous. Notre article sur le traumatisme dentaire chez l’enfant détaille cette situation.
- Dent définitive immature chez l’enfant : la priorité absolue est de préserver la vitalité pour permettre à la racine de finir sa croissance. Cette situation constitue une urgence à part entière.
Prix en Suisse et prise en charge
| Solution | Fourchette indicative (CHF) | Séances | Durée de vie attendue |
|---|---|---|---|
| Polissage / recontouring | 100 à 300 | 1 | Définitif |
| Composite collé | 200 à 700 | 1 | 5 à 10 ans |
| Facette composite | 500 à 1’000 | 1 à 2 | 5 à 8 ans |
| Facette céramique | 1’200 à 2’200 | 2 | 10 à 15 ans |
| Onlay | 900 à 1’800 | 1 à 2 | 10 à 15 ans |
| Couronne | 1’000 à 2’500 | 2 | 10 à 15 ans |
| Dévitalisation associée | 800 à 1’500 | 1 à 2 | Variable |
Ces fourchettes valent pour la Suisse romande, honoraires et laboratoire compris. Elles varient selon la valeur du point pratiquée par le cabinet, la difficulté du cas et les matériaux : notre guide sur le tarif dentiste en Suisse explique cette construction. Demandez systématiquement un devis écrit au-delà d’un composite simple.
La question de la prise en charge se joue sur une distinction essentielle en Suisse. Une dent cassée à la suite d’un accident — chute, choc, accident de sport, morsure sur un corps étranger dans un aliment — relève en principe de l’assurance-accident : celle de l’employeur pour les salariés, la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Déclarez l’événement rapidement, faites établir un constat et conservez le dossier, y compris les radiographies initiales, car les soins peuvent s’échelonner sur des années.
À l’inverse, une dent qui casse spontanément sur une carie, une vieille obturation ou une dent dévitalisée fragilisée relève de la maladie et n’est pas couverte par l’assurance de base. Seule une complémentaire dentaire peut alors participer, selon le contrat : notre guide sur l’assurance dentaire en Suisse compare les formules.
Éviter la récidive
Une dent qui casse a rarement cassé par hasard. Trois causes reviennent régulièrement : le bruxisme, qui fatigue les dents et les restaurations ; les anciennes obturations volumineuses, qui fragilisent les parois ; et les dents dévitalisées non protégées par un recouvrement. Selon le cas, une gouttière nocturne, le remplacement d’une restauration à risque ou la pose d’un onlay préviennent la fracture suivante.
Pour les sportifs, la prévention passe par un dispositif adapté : notre article sur le protège-dents sur mesure compare les options et leur coût.
Quand consulter
Consultez rapidement après toute fracture, même indolore : une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries et une fracture peut s’aggraver à la mastication suivante. Consultez le jour même en cas de douleur vive, de point rouge visible au centre de la cassure, de saignement provenant de la dent, de fragment mobile, ou lorsqu’il s’agit d’une dent définitive chez un enfant.
Consultez en urgence si une dent a été expulsée, si elle est déplacée ou enfoncée, en cas de plaie importante des lèvres ou des gencives, ou si vous suspectez une fracture de la mâchoire. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique : seul un examen avec radiographie permet de déterminer jusqu’où descend une fracture.
À la clinique Névé (Genève)
Nous recevons les fractures dentaires en urgence et privilégions, chaque fois que la situation le permet, la solution la plus économe en tissu dentaire : polissage, collage du fragment conservé ou composite avant d’envisager une facette ou une couronne. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser une consultation, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.
Questions fréquentes
Combien coûte la réparation d’une dent cassée en Suisse ?
À titre indicatif, comptez 100 à 300 CHF pour un polissage, 200 à 700 CHF pour un composite collé, 900 à 1’800 CHF pour un onlay et 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne. Une dévitalisation associée ajoute 800 à 1’500 CHF. Demandez un devis écrit au-delà d’un composite simple.
Peut-on recoller le morceau de dent cassé ?
Oui, dans certains cas, et le résultat esthétique est alors excellent puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : conservez-le dans du lait, du sérum physiologique ou à défaut dans la salive, et apportez-le rapidement au cabinet.
Une dent ébréchée doit-elle être soignée ?
Oui, même sans douleur. Une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries, rend le bord coupant pour la langue et la lèvre, et fragilise la dent qui peut casser davantage à la mastication suivante. Le traitement est souvent simple : un polissage ou un petit composite.
Composite ou couronne pour une dent cassée ?
Le composite convient tant qu’il reste suffisamment de parois saines, notamment sur les dents de devant. Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire, un onlay ou une couronne protègent mieux : une grosse obturation ne soutient pas les parois restantes.
L’assurance rembourse-t-elle une dent cassée en Suisse ?
Une dent cassée lors d’un accident relève en principe de l’assurance-accident, celle de l’employeur pour les salariés ou la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation relève de la maladie et n’est pas couverte.
Combien de temps tient une dent réparée au composite ?
Généralement cinq à dix ans, davantage sur une dent de devant peu sollicitée. Le composite se colore avec le temps, surtout en cas de consommation de café, de thé ou de tabac, mais il se répare et se repolit facilement, ce qui prolonge sa durée de service.


