Une dent cassée se répare de quatre façons selon l’étendue de la fracture : un simple polissage pour une ébréchure d’émail, un composite collé en une séance quand la dentine est atteinte, une facette lorsque l’enjeu est esthétique, une couronne ou un onlay quand plus de la moitié de la dent est perdue. Si le nerf est exposé, une dévitalisation précède la reconstitution ; si la fracture descend dans la racine, la dent n’est généralement plus conservable. À titre indicatif, la note va de deux cents francs pour un composite simple à plus de deux mille francs pour une couronne céramique.

Vous venez de vous casser une dent ? Les premiers gestes et la conservation du morceau sont détaillés dans notre article dédié : dent cassée, que faire en attendant le dentiste. Le présent article traite de la suite : la réparation et son coût.

En bref

  • Le traitement dépend de la profondeur de la fracture, pas de sa taille apparente : c’est l’atteinte de la dentine et de la pulpe qui commande.
  • Une ébréchure d’émail se règle souvent par un polissage, en une séance et sans anesthésie.
  • Un composite collé restaure la plupart des fractures moyennes en une séance, pour une durée de vie de cinq à dix ans.
  • Au-delà de la moitié de la dent perdue, une couronne ou un onlay protègent mieux qu’une grosse obturation.
  • En Suisse, une dent cassée lors d’un accident relève de l’assurance-accident ; une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation reste à votre charge.

Classer la fracture : c’est elle qui décide

Avant toute chose, le praticien détermine jusqu’où la fracture est descendue. Quatre niveaux existent, et chacun appelle une réponse différente.

Niveau Ce qui est atteint Ce que vous ressentez Traitement habituel
Ébréchure d’émail Émail seul Aucune douleur, un bord rugueux ou coupant Polissage ou petit composite
Fracture avec dentine exposée Émail et dentine Sensibilité au froid, à l’air, au sucré Composite collé, parfois facette
Fracture avec pulpe exposée Émail, dentine et nerf Douleur vive, point rouge visible au centre Coiffage ou dévitalisation, puis reconstitution
Fracture corono-radiculaire La fracture descend sous la gencive Douleur à la mastication, fragment mobile, saignement Selon la profondeur : reconstitution complexe ou extraction

Un cas mérite d’être isolé : la fracture verticale de la racine, souvent décrite par les patients comme une « dent cassée en deux ». Elle survient surtout sur des dents dévitalisées ou fortement reconstituées, et son pronostic est défavorable. Nos articles sur la dent fêlée et sur la fissure dentaire verticale détaillent ce diagnostic, souvent long à poser.

Réparation 1 : le polissage et le recontouring

Quand seul l’émail est ébréché, sur quelques dixièmes de millimètre, il suffit parfois d’adoucir le bord et de rétablir une forme harmonieuse. L’intervention se fait en une séance, sans anesthésie et sans ajout de matériau : on retire un peu de matière plutôt que d’en ajouter.

Ce geste a ses limites. Il ne s’applique qu’à des pertes minimes, et retirer de l’émail est irréversible. Réalisé avec mesure, il donne des résultats très naturels, notamment pour égaliser deux incisives dont l’une a été légèrement ébréchée. Notre article sur le recontouring esthétique des bords des dents détaille cette approche micro-invasive.

Fourchette indicative : 100 à 300 CHF selon le nombre de dents concernées.

Réparation 2 : le composite collé

C’est la solution la plus fréquente pour une fracture moyenne. Le praticien colle une résine composite, mise en forme et polie directement en bouche, dans une teinte assortie à la dent. Tout se fait en une séance, en préservant le maximum de tissu sain.

Le composite convient particulièrement bien à une incisive ébréchée : le résultat est immédiat, réversible et peu invasif. Sa durée de vie se situe généralement entre cinq et dix ans, davantage sur les dents antérieures peu sollicitées. Il se colore avec le temps, surtout chez les buveurs de café et de thé et chez les fumeurs, et se répare aisément. Nos articles sur la résine composite et sur la durée de vie d’un composite abordent ces aspects.

Un point pratique souvent ignoré : si vous avez conservé le fragment, il est parfois possible de le recoller. Le résultat esthétique est alors excellent, puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : il doit être conservé dans du lait, du sérum physiologique ou, à défaut, dans la salive, et apporté rapidement.

Fourchette indicative : 200 à 450 CHF pour une restauration simple, 350 à 700 CHF pour une reconstitution étendue d’angle d’incisive.

Réparation 3 : la facette

Lorsque la fracture est large sur une dent visible, ou lorsqu’elle s’accompagne d’une coloration ou d’un défaut de forme, une facette recouvre toute la face visible de la dent. Elle offre un résultat plus stable dans le temps qu’un grand composite, au prix d’une préparation légère de l’émail.

Deux matériaux se discutent. La facette en composite, réalisée directement ou au laboratoire, est plus abordable et plus facilement réparable. La facette en céramique résiste mieux à la coloration et à l’usure, et donne un rendu plus proche de l’émail naturel, mais elle est plus coûteuse et se répare mal. Notre article sur les facettes dentaires détaille ces options.

Fourchette indicative : 500 à 1’000 CHF pour une facette composite, 1’200 à 2’200 CHF pour une facette céramique.

Réparation 4 : l’onlay ou la couronne

Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire ou une prémolaire, une obturation même volumineuse devient un mauvais choix : elle ne protège pas les parois restantes, qui finissent par se fracturer à leur tour. Il faut alors recouvrir les cuspides.

L’onlay, restauration collée réalisée au laboratoire ou par usinage, remplace la partie manquante en conservant les parois saines. C’est l’option la plus économe en tissu dentaire ; notre article sur l’onlay dentaire en décrit les indications.

La couronne recouvre entièrement la dent. Elle s’impose lorsqu’il reste peu de parois, ou sur une dent dévitalisée fortement délabrée. Notre article sur le prix d’une couronne dentaire en Suisse détaille les matériaux et leurs coûts.

Fourchette indicative : 900 à 1’800 CHF pour un onlay, 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne.

Si le nerf est atteint

Une fracture qui met le nerf à nu se reconnaît à une douleur vive et à un point rosé ou rouge au centre de la cassure. La conduite dépend alors du délai et de l’âge du patient. Sur une dent jeune dont la racine n’est pas terminée, on cherche à conserver la vitalité par un coiffage ou une pulpotomie, afin de laisser la racine achever sa croissance. Sur une dent adulte, ou lorsque l’exposition dure depuis plusieurs heures, une dévitalisation est le plus souvent nécessaire avant la reconstitution. Notre article sur la dévitalisation dentaire en décrit le déroulement.

Fourchette indicative : 800 à 1’500 CHF pour un traitement de racine, auquel s’ajoute la reconstitution.

Un point important, même sans exposition du nerf : une dent traumatisée peut perdre sa vitalité des semaines ou des mois plus tard, et se manifester par un changement de couleur. C’est ce que décrit notre article sur la dent qui change de couleur après un choc. Un contrôle à trois, six et douze mois après un traumatisme est donc justifié, même si tout semble réglé.

Cas particuliers

  • Dent de devant : l’exigence esthétique prime, et la conservation du tissu aussi. Le composite est souvent privilégié en première intention, quitte à passer à une facette plus tard.
  • Molaire : ce sont les forces de mastication qui commandent. Une cuspide fracturée conduit généralement à un onlay ou à une couronne plutôt qu’à un composite.
  • Couronne ou dent sur pivot cassée : la conduite diffère et l’urgence est de protéger la racine. Voir notre article sur la dent sur pivot tombée.
  • Dent de lait : elle ne se traite pas comme une dent définitive, et le risque porte sur le germe de la dent permanente située dessous. Notre article sur le traumatisme dentaire chez l’enfant détaille cette situation.
  • Dent définitive immature chez l’enfant : la priorité absolue est de préserver la vitalité pour permettre à la racine de finir sa croissance. Cette situation constitue une urgence à part entière.

Prix en Suisse et prise en charge

Solution Fourchette indicative (CHF) Séances Durée de vie attendue
Polissage / recontouring 100 à 300 1 Définitif
Composite collé 200 à 700 1 5 à 10 ans
Facette composite 500 à 1’000 1 à 2 5 à 8 ans
Facette céramique 1’200 à 2’200 2 10 à 15 ans
Onlay 900 à 1’800 1 à 2 10 à 15 ans
Couronne 1’000 à 2’500 2 10 à 15 ans
Dévitalisation associée 800 à 1’500 1 à 2 Variable

Ces fourchettes valent pour la Suisse romande, honoraires et laboratoire compris. Elles varient selon la valeur du point pratiquée par le cabinet, la difficulté du cas et les matériaux : notre guide sur le tarif dentiste en Suisse explique cette construction. Demandez systématiquement un devis écrit au-delà d’un composite simple.

La question de la prise en charge se joue sur une distinction essentielle en Suisse. Une dent cassée à la suite d’un accident — chute, choc, accident de sport, morsure sur un corps étranger dans un aliment — relève en principe de l’assurance-accident : celle de l’employeur pour les salariés, la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Déclarez l’événement rapidement, faites établir un constat et conservez le dossier, y compris les radiographies initiales, car les soins peuvent s’échelonner sur des années.

À l’inverse, une dent qui casse spontanément sur une carie, une vieille obturation ou une dent dévitalisée fragilisée relève de la maladie et n’est pas couverte par l’assurance de base. Seule une complémentaire dentaire peut alors participer, selon le contrat : notre guide sur l’assurance dentaire en Suisse compare les formules.

Éviter la récidive

Une dent qui casse a rarement cassé par hasard. Trois causes reviennent régulièrement : le bruxisme, qui fatigue les dents et les restaurations ; les anciennes obturations volumineuses, qui fragilisent les parois ; et les dents dévitalisées non protégées par un recouvrement. Selon le cas, une gouttière nocturne, le remplacement d’une restauration à risque ou la pose d’un onlay préviennent la fracture suivante.

Pour les sportifs, la prévention passe par un dispositif adapté : notre article sur le protège-dents sur mesure compare les options et leur coût.

Quand consulter

Consultez rapidement après toute fracture, même indolore : une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries et une fracture peut s’aggraver à la mastication suivante. Consultez le jour même en cas de douleur vive, de point rouge visible au centre de la cassure, de saignement provenant de la dent, de fragment mobile, ou lorsqu’il s’agit d’une dent définitive chez un enfant.

Consultez en urgence si une dent a été expulsée, si elle est déplacée ou enfoncée, en cas de plaie importante des lèvres ou des gencives, ou si vous suspectez une fracture de la mâchoire. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique : seul un examen avec radiographie permet de déterminer jusqu’où descend une fracture.

À la clinique Névé (Genève)

Nous recevons les fractures dentaires en urgence et privilégions, chaque fois que la situation le permet, la solution la plus économe en tissu dentaire : polissage, collage du fragment conservé ou composite avant d’envisager une facette ou une couronne. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser une consultation, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Combien coûte la réparation d’une dent cassée en Suisse ?

À titre indicatif, comptez 100 à 300 CHF pour un polissage, 200 à 700 CHF pour un composite collé, 900 à 1’800 CHF pour un onlay et 1’000 à 2’500 CHF pour une couronne. Une dévitalisation associée ajoute 800 à 1’500 CHF. Demandez un devis écrit au-delà d’un composite simple.

Peut-on recoller le morceau de dent cassé ?

Oui, dans certains cas, et le résultat esthétique est alors excellent puisqu’il s’agit du tissu d’origine. La condition est que le fragment n’ait pas séché : conservez-le dans du lait, du sérum physiologique ou à défaut dans la salive, et apportez-le rapidement au cabinet.

Une dent ébréchée doit-elle être soignée ?

Oui, même sans douleur. Une ébréchure laisse la dentine exposée aux bactéries, rend le bord coupant pour la langue et la lèvre, et fragilise la dent qui peut casser davantage à la mastication suivante. Le traitement est souvent simple : un polissage ou un petit composite.

Composite ou couronne pour une dent cassée ?

Le composite convient tant qu’il reste suffisamment de parois saines, notamment sur les dents de devant. Au-delà d’environ la moitié de la dent perdue, en particulier sur une molaire, un onlay ou une couronne protègent mieux : une grosse obturation ne soutient pas les parois restantes.

L’assurance rembourse-t-elle une dent cassée en Suisse ?

Une dent cassée lors d’un accident relève en principe de l’assurance-accident, celle de l’employeur pour les salariés ou la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Une dent qui casse sur une carie ou une vieille obturation relève de la maladie et n’est pas couverte.

Combien de temps tient une dent réparée au composite ?

Généralement cinq à dix ans, davantage sur une dent de devant peu sollicitée. Le composite se colore avec le temps, surtout en cas de consommation de café, de thé ou de tabac, mais il se répare et se repolit facilement, ce qui prolonge sa durée de service.

Un protège-dents existe en trois versions : le modèle standard vendu prêt à l’emploi, le modèle thermoformable que l’on mord après l’avoir plongé dans l’eau chaude, et le modèle sur mesure réalisé au cabinet à partir d’une empreinte. Les trois protègent, mais pas de la même manière. Le sur-mesure tient seul en bouche sans qu’on ait à serrer les dents, laisse parler et respirer normalement, et répartit l’énergie du choc sur une épaisseur maîtrisée. C’est cette tenue passive qui fait la différence sur le terrain : un protège-dents que l’on retire pour souffler ne protège plus rien.

En bref

  • Trois types existent : standard, thermoformable et sur mesure ; seul le dernier est réalisé à partir d’une empreinte de vos arcades.
  • Le sur-mesure tient sans effort musculaire, ce qui change tout : il reste en place pendant l’effort et ne gêne ni la respiration ni la parole.
  • Il protège les dents, mais aussi les lèvres, la langue et l’articulation de la mâchoire en amortissant les chocs sur le menton.
  • À titre indicatif, comptez entre 200 et 500 CHF pour un protège-dents sur mesure en Suisse romande, contre quelques dizaines de francs pour un modèle du commerce.
  • Le protège-dents lui-même relève de la prévention et n’est pas remboursé, mais une dent cassée lors d’un accident de sport est en principe prise en charge par l’assurance-accident.

Pourquoi porter un protège-dents

Les traumatismes dentaires liés au sport touchent en priorité les incisives supérieures, les dents les plus exposées et les plus visibles. Une dent définitive cassée ou expulsée à quinze ans engage des soins pour toute une vie : reconstitution, remplacement, puis renouvellement des restaurations tous les dix à quinze ans. Le coût cumulé dépasse très largement celui d’un protège-dents, sans compter le retentissement esthétique et les séances répétées.

La protection ne se limite d’ailleurs pas aux dents. Un protège-dents évite aussi les plaies de la lèvre et de la langue contre les bords des dents, amortit une partie de l’énergie transmise à la mâchoire lors d’un coup au menton, et protège les restaurations existantes ainsi que les appareils orthodontiques.

Quels sports sont concernés

Les sports de contact viennent en tête, mais la liste est plus large qu’on ne l’imagine.

  • Sports de combat : boxe, MMA, kickboxing, arts martiaux avec contact. Le protège-dents y est le plus souvent obligatoire en compétition.
  • Sports collectifs de contact : rugby, hockey sur glace, football américain. Plusieurs fédérations en imposent le port, notamment chez les juniors.
  • Unihockey et hockey en salle, très pratiqués en Suisse, où la crosse arrive fréquemment à hauteur du visage.
  • Sports collectifs avec contacts fortuits : basketball, handball, water-polo, football. Le risque y est sous-estimé alors que les coups de coude au visage sont fréquents.
  • Sports de glisse et à roulettes : VTT, BMX, skateboard, ski et snowboard freestyle, sports où la chute face contre le sol est le mécanisme typique.
  • Équitation, où la chute et le coup de tête du cheval exposent la face.

Les règlements diffèrent d’une fédération et d’une catégorie d’âge à l’autre, et évoluent régulièrement. Renseignez-vous auprès de votre club : certains exigent un protège-dents pour l’entraînement, d’autres seulement en compétition, d’autres encore uniquement pour certaines catégories.

Les trois types comparés

Critère Standard Thermoformable Sur mesure
Fabrication Prêt à l’emploi, une taille par tranche d’âge Ramolli à l’eau chaude puis mordu Empreinte au cabinet, réalisation au laboratoire
Tenue en bouche Faible, il faut serrer les dents pour le maintenir Moyenne, dépend de la qualité du moulage Excellente, tient seul sans effort
Respiration et parole Gênées, volume important Variables Préservées
Épaisseur de protection Non maîtrisée S’amincit aux endroits les plus mordus Contrôlée, renforcée sur les zones exposées
Compatible avec un appareil dentaire Non Difficilement Oui, conception spécifique
Durée de vie Une saison au mieux Une saison Une à deux saisons chez l’adulte
Prix indicatif 10 à 30 CHF 20 à 60 CHF 200 à 500 CHF

Le défaut principal des deux premiers types tient à leur mode de maintien. Comme ils ne s’adaptent pas exactement aux dents, ils ne restent en place que si le sportif serre la mâchoire. Résultat : ils gênent la respiration au moment où l’on en a le plus besoin, on les retire pour parler ou souffler, et on les remet parfois trop tard. Le modèle thermoformable présente un second défaut, moins visible : en le mordant, on chasse la matière là où l’on appuie le plus, c’est-à-dire précisément sur les zones les plus exposées.

Le sur-mesure au cabinet : comment ça se passe

La réalisation demande deux rendez-vous courts.

Lors du premier, le praticien prend une empreinte des arcades. Une empreinte optique par scanner intra-oral évite la pâte et rend l’étape plus confortable, en particulier chez les enfants et chez les personnes sujettes au réflexe nauséeux. Le sport pratiqué, le niveau, l’âge et la présence éventuelle d’un appareil orthodontique déterminent l’épaisseur, l’étendue et la conception.

Le protège-dents est ensuite fabriqué en résine souple, le plus souvent par thermoformage sous pression, parfois en plusieurs couches pour les disciplines les plus exposées. Il couvre habituellement l’arcade supérieure seule ; dans certains sports de combat, une double arcade est proposée.

Au second rendez-vous, l’essayage vérifie la tenue, le confort, l’absence de gêne à la respiration et à la parole, et la liberté des mouvements de la mâchoire. Des ajustements mineurs sont réalisés sur place.

Deux cas particuliers méritent une conception dédiée. L’enfant en croissance a besoin d’un dispositif qui laisse la place aux dents en cours d’éruption, ce qui suppose un renouvellement plus fréquent. Le porteur d’un appareil orthodontique fixe a besoin d’un protège-dents spécifique, qui ménage l’espace des bagues sans s’y accrocher, et qui protège aussi les lèvres des blessures contre l’appareil. Notre article sur la contention après orthodontie aborde la question des dispositifs portés après le traitement, qui répondent à une logique différente.

Prix en Suisse et prise en charge

À titre indicatif, un protège-dents sur mesure se situe le plus souvent entre 200 et 500 CHF en Suisse romande, selon l’épaisseur, le nombre de couches, la présence d’un appareil orthodontique et le laboratoire. Les modèles multicouches destinés aux sports de combat se situent dans le haut de cette fourchette.

Le protège-dents est un dispositif de prévention : il n’est pas pris en charge par l’assurance obligatoire des soins. Certaines assurances complémentaires participent au titre de la prévention ou du sport, et certains clubs proposent une action collective avec un cabinet, ce qui réduit sensiblement le coût par sportif. Notre guide sur l’assurance dentaire en Suisse détaille ce que couvrent les différentes formules.

La logique s’inverse en revanche si une dent casse. En Suisse, les lésions dentaires consécutives à un accident relèvent en principe de l’assurance-accident et non de l’assurance maladie : pour les personnes salariées, l’assurance-accident de l’employeur ; pour les autres, la couverture accident intégrée à l’assurance de base. Il est donc essentiel de déclarer l’événement rapidement, de faire établir un constat et de conserver le dossier, y compris les radiographies initiales, car les soins peuvent s’échelonner sur des années.

Entretien et remplacement

  • Rincer à l’eau froide avant et après chaque utilisation. Jamais d’eau chaude : la résine se déforme et le protège-dents ne tient plus.
  • Brosser doucement avec une brosse souple et un peu de savon neutre, sans dentifrice abrasif qui raye la surface et favorise la rétention bactérienne.
  • Sécher puis ranger dans une boîte ventilée, jamais dans un sac de sport fermé et humide.
  • Ne jamais le laisser dans une voiture ni près d’une source de chaleur : la chaleur suffit à le déformer irrémédiablement.
  • Le transporter dans sa boîte, à l’abri des chocs et hors de portée des animaux domestiques, qui en font volontiers leur jouet.
  • L’apporter à chaque contrôle dentaire : le praticien vérifie son état et sa tenue en quelques secondes.

Il faut le remplacer dès qu’il est percé, déchiré, déformé, s’il ne tient plus seul, ou après un choc important même s’il paraît intact. Chez l’enfant et l’adolescent, la croissance et le renouvellement des dents imposent un contrôle à chaque saison. Chez l’adulte, une à deux saisons constituent une durée de vie habituelle.

Si une dent casse malgré tout

Aucun protège-dents ne supprime totalement le risque. En cas de choc, les premiers gestes conditionnent le pronostic, en particulier si une dent est expulsée : le délai avant la prise en charge est déterminant, et un fragment ou une dent doivent être conservés humides, jamais dans l’eau. Nos articles sur la dent cassée en attendant le dentiste, sur le traumatisme dentaire chez l’enfant et sur la dent de lait expulsée après un choc décrivent la conduite à tenir. Les options de réparation et leurs coûts sont détaillés dans notre article sur la réparation d’une dent cassée ou ébréchée.

Quand consulter

Prenez rendez-vous pour faire réaliser un protège-dents avant le début de la saison, plutôt qu’après le premier incident. Consultez également si votre protège-dents actuel ne tient plus seul, s’il vous gêne pour respirer, s’il est percé ou déformé, ou si votre enfant a changé de dentition depuis sa fabrication.

Après un choc au visage, consultez même en l’absence de dent visiblement cassée : une fêlure, un déplacement discret ou une atteinte du nerf de la dent peuvent ne se manifester que plusieurs semaines plus tard, par un changement de couleur ou une douleur. Un contrôle avec radiographie permet d’établir une référence. Consultez en urgence en cas de dent expulsée, de dent déplacée, de saignement important ou de suspicion de fracture de la mâchoire. Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique.

À la clinique Névé (Genève)

Nous réalisons des protège-dents sur mesure à partir d’une empreinte optique, adaptés au sport pratiqué, à l’âge et à la présence éventuelle d’un appareil orthodontique. La clinique dispose de trois adresses à Genève et dans le Grand-Lancy : Plainpalais (Rond-Point de Plainpalais 5, 1205 Genève), Pont-Rouge (Place de Pont-Rouge 5, 1212 Grand-Lancy) et Nations (Rue du Pré-de-la-Bichette 1, 1202 Genève). Pour poser vos questions ou organiser un rendez-vous, écrivez-nous via la page contact ou appelez le 022 800 11 11.

Questions fréquentes

Quelle différence entre un protège-dents sur mesure et un modèle du commerce ?

Le sur-mesure est réalisé à partir d’une empreinte de vos arcades : il tient seul, sans que vous ayez à serrer les dents, laisse respirer et parler normalement, et son épaisseur est contrôlée. Un modèle du commerce ne tient que si l’on serre la mâchoire, ce qui pousse à le retirer pendant l’effort.

Combien coûte un protège-dents sur mesure en Suisse ?

À titre indicatif, comptez le plus souvent entre 200 et 500 CHF, selon l’épaisseur, le nombre de couches et la présence d’un appareil orthodontique. Ce dispositif de prévention n’est pas couvert par l’assurance de base, mais certaines complémentaires y participent.

Pour quels sports un protège-dents est-il nécessaire ?

Les sports de combat et de contact en premier lieu, mais aussi l’unihockey, le hockey sur glace, le basketball, le handball, le water-polo, le VTT, le skateboard, le ski freestyle et l’équitation. Plusieurs fédérations l’imposent, notamment chez les juniors : vérifiez le règlement de votre club.

Peut-on porter un protège-dents avec un appareil dentaire ?

Oui, mais il doit être conçu spécifiquement : il ménage l’espace des bagues sans s’y accrocher et protège aussi les lèvres contre l’appareil. Un modèle standard ou thermoformable n’est pas adapté dans cette situation et peut même endommager le traitement en cours.

Comment entretenir un protège-dents ?

Rincez-le à l’eau froide avant et après chaque usage, brossez-le doucement avec un savon neutre, séchez-le et rangez-le dans une boîte ventilée. N’utilisez jamais d’eau chaude et ne le laissez pas dans une voiture : la chaleur le déforme et il perd sa tenue.

Qui paie si une dent casse pendant le sport en Suisse ?

Les lésions dentaires consécutives à un accident relèvent en principe de l’assurance-accident, celle de l’employeur pour les salariés, ou la couverture accident de l’assurance de base pour les autres. Déclarez l’événement rapidement et conservez le dossier, les soins pouvant s’étaler sur plusieurs années.