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Quand une dent a été dévitalisée et que sa couronne naturelle est partiellement détruite, il faut la reconstruire avant de pouvoir la couronner ou simplement la restaurer. C’est ce qu’on appelle en jargon dentaire la reconstitution corono-radiculaire (RCR). Trois grandes options coexistent aujourd’hui : l’inlay-core métallique, le tenon fibré + composite, et la reconstitution collée directe sans tenon. Chacune a son terrain — et présenter les trois comme équivalentes serait trompeur. À Névé Clinique dentaire à Genève, nous adaptons le choix au cas par cas. Voici comment.

Key Takeaways
– La reconstitution collée directe (composite avec ou sans renfort) est suffisante quand au moins 2 mm de paroi dentaire subsistent sur 3-4 côtés.
– Le tenon fibré + composite est l’option de référence aujourd’hui pour les délabrements modérés à importants — module d’élasticité proche de la dentine, technique en une séance.
– L’inlay-core métallique garde sa place sur les dents très délabrées, piliers de bridge, ou en cas d’échec d’une reconstitution collée.
– Le bon choix dépend de 3 critères : volume résiduel, projet prothétique (couronne ou pas), et anatomie radiculaire.

Qu’est-ce qu’une reconstitution corono-radiculaire ?

Une RCR est l’ensemble des techniques qui visent à reconstruire la partie coronaire d’une dent dévitalisée (la couronne visible en bouche), souvent en utilisant un ancrage dans la racine. L’objectif est double :

  1. Restaurer la fonction masticatoire de la dent (volume, forme, contacts occlusaux).
  2. Créer un support solide pour soit une restauration directe (composite, onlay), soit une couronne prothétique.

Toutes les dents dévitalisées n’ont pas besoin d’une RCR complexe. Une dent dévitalisée qui a conservé l’essentiel de sa couronne naturelle peut souvent être simplement obturée avec un composite. C’est seulement quand le délabrement dépasse un certain seuil que la question des techniques avancées se pose.

Les 3 grandes options de RCR

Option 1 : reconstitution collée directe (sans tenon)

Un composite est posé directement dans la cavité d’accès endodontique et la cavité carieuse, en utilisant les parois dentinaires restantes comme support. Aucun ancrage radiculaire n’est créé.

  • Indication : il reste au moins 2 mm de paroi dentaire saine sur au moins 3 côtés (parois proximales et au moins une cuspide). C’est ce qu’on appelle le « ferrule effect » — l’effet de cerclage qui assure la stabilité.
  • Avantages : technique la plus conservatrice, la moins invasive, en une séance, coût le plus bas.
  • Inconvénients : insuffisante sur dents très délabrées ; nécessite parfois un onlay collé par-dessus pour protéger les cuspides résiduelles.
  • Durée de vie : 8-15 ans selon le délabrement initial et l’occlusion.
  • Coût en Suisse : 250-500 CHF.

Option 2 : tenon fibré + composite (technique de référence moderne)

Un tenon en fibre de verre ou de carbone, calibré au diamètre du canal radiculaire, est collé dans la racine après désobturation partielle. Un composite est ensuite reconstruit autour pour former le moignon coronaire. La couronne sera posée par-dessus si nécessaire.

  • Indication : délabrement modéré à important, moins de 2 mm de paroi résiduelle sur plusieurs côtés mais racine de bonne qualité (longueur, diamètre, droite).
  • Avantages : module d’élasticité proche de la dentine (15-40 GPa), ce qui répartit les contraintes et réduit le risque de fracture radiculaire comparé au métal ; technique en une seule séance ; pas de laboratoire ; bonne option esthétique sur dent antérieure (le tenon est translucide).
  • Inconvénients : résistance mécanique légèrement inférieure au métal sur dents pluriradiculées très sollicitées ; technique sensible (nécessite isolement parfait par digue).
  • Durée de vie : 10-15 ans en moyenne.
  • Coût en Suisse : 300-550 CHF (tenon + composite).

Option 3 : inlay-core (faux moignon coulé)

Pièce métallique sur mesure réalisée au laboratoire à partir d’une empreinte du canal préparé. Voir notre guide détaillé sur l’inlay-core.

  • Indication : délabrement coronaire majeur (> 70 %), dent destinée à supporter une couronne ou un bridge, racine de bonne qualité acceptant un tenon long.
  • Avantages : très grande résistance mécanique, durée de vie longue, option robuste pour dents piliers de bridge.
  • Inconvénients : technique invasive (préparation canalaire importante), risque de fracture radiculaire plus élevé (3-8 % à 10 ans), nécessite 2 séances avec laboratoire, contre-indication esthétique sur secteur antérieur visible.
  • Durée de vie : 15-20 ans.
  • Coût en Suisse : 400-800 CHF (sans la couronne).
RCR : durée de vie médiane par technique (années) 8-15 ans Composite collé 10-15 ans Tenon fibré + composite 15-20 ans Inlay-core métallique
Sources : Naumann M. et al., *Posts and cores: a systematic review*, International Endodontic Journal 2018 ; Sarkis-Onofre et al., 2014.

Comment choisir entre les 3 options ?

Le choix repose sur 3 critères cliniques objectifs que votre dentiste évalue à l’examen et sur la radio.

Critère 1 : le volume de tissu dentaire restant

C’est le facteur n°1. Mesuré en hauteur de paroi (en mm) sur les 4 faces de la dent.

  • Plus de 2 mm sur au moins 3 côtés → reconstitution collée directe suffit. Ferrule effect assuré.
  • Moins de 2 mm sur plusieurs côtés mais une partie significative reste → tenon fibré + composite.
  • Moins de 1 mm partout, ou couronne presque entièrement détruite → inlay-core métallique, surtout si pilier de bridge.

Critère 2 : le projet prothétique global

  • Pas de couronne prévue (la dent restera obturée par composite/onlay) → privilégier la solution la moins invasive (composite collé direct si possible).
  • Couronne prévue sur dent isolée → tenon fibré + composite dans la majorité des cas.
  • Dent pilier de bridge ou bridge multi-éléments → inlay-core métallique plus sûr (charges plus importantes).

Critère 3 : l’anatomie radiculaire

L’examen radiographique est décisif.

  • Racine longue, droite, large → toutes les options sont possibles, le tenon (fibré ou métallique) peut être bien ancré.
  • Racine courte (< 12 mm) → ancrage limité, préférer la reconstitution collée sans tenon ou tenon fibré court.
  • Racine fine ou très courbe → contre-indication à l’inlay-core (risque de perforation), tenon fibré préférable ou pas de tenon.
  • Racine fissurée ou fracturée → contre-indication à toute RCR. La dent doit être extraite et un implant envisagé.

Notre lecture en cabinet : il y a 30 ans, l’inlay-core métallique était proposé quasi-systématiquement après dévitalisation. Aujourd’hui, les méta-analyses convergent : moins on est invasif, mieux la dent vit dans le temps. À Névé, environ 70 % de nos RCR sont des reconstitutions collées (avec ou sans tenon fibré), 30 % seulement des inlay-core métalliques — surtout sur dents très délabrées et piliers de bridge.

Tableau récapitulatif : quelle RCR pour quelle situation ?

Situation clinique Option recommandée
Dent vitale ou dévitalisée avec > 2 mm de paroi Composite collé direct
Dent dévitalisée, délabrement modéré, dent isolée Tenon fibré + composite
Dent dévitalisée, secteur antérieur, esthétique Tenon fibré + composite + couronne céramique
Délabrement majeur, dent destinée à couronne Tenon fibré OU inlay-core selon la racine
Pilier de bridge ou bridge multi-éléments Inlay-core métallique
Échec d’une reconstitution collée Inlay-core métallique (si racine le permet)
Racine courte, fine ou courbe Composite collé direct si possible, sinon extraction
Fracture radiculaire Extraction + implant

Quels sont les risques d’une RCR ?

Le risque principal, commun à toutes les techniques avec tenon, est la fracture radiculaire. Elle survient quand les contraintes mécaniques transmises par le tenon dépassent la résistance de la dentine résiduelle. La fracture radiculaire est non réparable : elle conduit à l’extraction.

Statistiques à 10 ans :
– Inlay-core métallique : 3-8 % de fractures radiculaires.
– Tenon fibré : 1-3 % (plus faible grâce à l’élasticité comparable à la dentine).
– Composite collé direct : < 1 % de fractures verticales.

Autres complications possibles :
Carie secondaire au bord de la reconstitution ou de la couronne (souvent indolore sur dent dévitalisée — d’où l’importance des contrôles).
Descellement du tenon ou de la couronne (rare avec ciments modernes).
Infection apicale tardive si l’étanchéité endodontique se dégrade (taux annuel < 1 %).

C’est pourquoi le suivi avec contrôle radiographique annuel est essentiel sur toute dent reconstruite — le patient ne ressent rien sur dent dévitalisée, et un problème peut évoluer silencieusement.

Combien coûte une reconstitution corono-radiculaire en Suisse ?

Synthèse des fourchettes pratiquées à Genève (cabinet privé) :

Acte Fourchette tarifaire (CHF)
Composite collé direct (sur dent dévitalisée) 250 – 500
Tenon fibré + composite 300 – 550
Inlay-core métallique (faux moignon coulé) 400 – 800
Couronne céramo-métallique (à ajouter si prévue) 1 200 – 1 800
Couronne céramique full 1 400 – 2 200

À ces montants s’ajoute le coût de la dévitalisation initiale (600-1 200 CHF), souvent réalisée lors d’une rage de dent. L’assurance maladie de base (LAMal) ne couvre pas ces actes sauf cas exceptionnels. Une complémentaire peut couvrir 50-75 %. Voir honoraires.

Vous devez reconstruire une dent dévitalisée ? Le bon choix dépend de critères que seul un examen clinique avec radio peut établir. Nos dentistes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations évaluent chaque cas et proposent l’option la plus durable et conservatrice. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — reconstitution corono-radiculaire

Pourquoi mon ancien dentiste m’a posé un inlay-core et pas un tenon fibré ?

Probablement parce que c’était il y a quelques années (avant la généralisation du tenon fibré) ou parce que la dent était très délabrée. Les indications ont évolué avec les méta-analyses récentes qui montrent un risque plus faible de fracture radiculaire avec le tenon fibré. Aujourd’hui, le tenon fibré est l’option de première intention dans la majorité des cas modérés.

Faut-il systématiquement une couronne après une RCR ?

Non. Sur dent dévitalisée avec délabrement modéré et reconstitution collée bien étanche, on peut conserver une simple obturation composite, surtout sur dents antérieures peu sollicitées. Sur dents postérieures (molaires, prémolaires) avec dévitalisation et délabrement notable, la couronne reste recommandée car elle protège la dent de la fracture verticale — risque accru sur dent dévitalisée fragilisée.

Combien de temps après la dévitalisation faire la RCR ?

Idéalement 2 à 4 semaines après la fin du traitement endodontique, pour s’assurer de la stabilisation et de l’absence de douleur résiduelle. Pendant cette période, une obturation provisoire étanche protège la dent.

Si la RCR échoue, que se passe-t-il ?

Tout dépend de la cause. Si c’est un descellement, on peut souvent recoller. Si c’est une carie secondaire, on reprend la reconstitution en plus large. Si c’est une fracture radiculaire, l’extraction est inévitable et un implant ou un bridge devient l’option de remplacement.

Le tenon fibré est-il vraiment fiable à long terme ?

Oui. Les données cliniques récentes (suivis à 10 ans publiés depuis 2018) montrent un taux de survie comparable voire supérieur à l’inlay-core sur les indications correspondant à son terrain (délabrement modéré). Le seul cas où le tenon métallique reste préférable est le pilier de bridge multi-éléments soumis à des contraintes très importantes.

Une RCR peut-elle se faire sous sédation si je suis anxieux ?

Oui. Bien que l’acte soit indolore (la dent est dévitalisée), l’anxiété peut être un obstacle. Nous proposons à Névé une anesthésie-sédation pour les patients anxieux ou les actes longs. Évoquez-le en consultation préopératoire.

Pour aller plus loin

La reconstitution corono-radiculaire n’est pas une opération anodine. Elle conditionne la durée de vie de la dent reconstruite — souvent 10 à 20 ans selon la technique et le suivi. Le bon choix se fait sur des critères objectifs, pas sur des habitudes anciennes : volume tissulaire, projet prothétique, anatomie radiculaire. Chez Névé, nous préférons toujours l’option la plus conservatrice quand elle est mécaniquement suffisante.

Si une dent dévitalisée doit être reconstruite, nos équipes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations vous accueillent pour un bilan personnalisé. Contactez-nous pour un rendez-vous.


Sources clés citées :

  • Naumann M. et al., Posts and cores: a systematic review, International Endodontic Journal, 2018
  • Sarkis-Onofre R. et al., Cast metal vs. glass fibre posts: a randomized controlled trial, Journal of Dentistry, 2014
  • Société européenne d’endodontie (ESE) — Quality guidelines for endodontic treatment, 2019
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations

Quand une dent a été dévitalisée et que la couronne naturelle est fortement délabrée, le dentiste vous propose souvent une « couronne ». Mais avant la couronne, il faut souvent reconstruire un support solide pour la recevoir : c’est l’inlay-core, aussi appelé « faux moignon coulé ». Cette pièce métallique sur mesure, scellée dans le canal radiculaire, devient le pilier de la future couronne. Elle a longtemps été le standard, et garde des indications précises — mais elle n’est plus systématique. À Névé Clinique dentaire à Genève, nous voyons régulièrement des patients à qui un inlay-core a été proposé alors qu’une reconstitution collée moderne aurait suffi. Voici notre lecture.

Key Takeaways
– L’inlay-core est une reconstitution corono-radiculaire métallique sur mesure, indiquée pour dent dévitalisée très délabrée avant pose de couronne.
– Indication principale : plus de 50 % de la couronne dentaire détruite ET besoin d’une couronne prothétique.
– L’alternative collée (tenon fibré + composite) est aujourd’hui préférée dans la majorité des cas modérés — moins invasive, plus économique.
– Prix moyen en Suisse : 400 à 800 CHF pour l’inlay-core seul, à ajouter au prix de la couronne et de la dévitalisation.

Qu’est-ce qu’un inlay-core exactement ?

Un inlay-core est une pièce prothétique en métal coulé (alliage non précieux, semi-précieux ou or selon les cas) qui se compose de deux parties solidaires :

  1. Un tenon radiculaire qui s’enfonce dans un canal de la racine, préalablement préparé après dévitalisation. Il joue le rôle d’ancrage.
  2. Un moignon coronaire qui dépasse au-dessus de la gencive et reproduit la forme d’un cône — c’est lui qui recevra la couronne définitive collée par-dessus.

L’inlay-core est réalisé sur mesure au laboratoire, à partir d’une empreinte précise du canal radiculaire et de la cavité préparée. Il est ensuite scellé définitivement dans la dent avec un ciment dentaire spécifique. Une fois en place, la couronne céramique ou céramo-métallique est posée par-dessus.

L’objectif est mécanique : créer un pilier rigide et stable capable de supporter une couronne sur une dent qui n’a presque plus de tissu coronaire. Sans cette reconstitution, la couronne reposerait sur trop peu de matière et risquerait la fracture sous mastication.

Quand l’inlay-core est-il vraiment indiqué ?

Toutes les dents dévitalisées n’ont pas besoin d’un inlay-core. Loin de là. Les indications se sont resserrées avec l’arrivée des techniques adhésives. Voici les critères que nous appliquons à Névé.

Indications retenues aujourd’hui

  • Délabrement coronaire majeur : plus de 50-70 % de la couronne dentaire est manquante après dévitalisation et nettoyage de la carie.
  • Dent destinée à recevoir une couronne prothétique (sinon, l’inlay-core ne sert à rien — un composite simple suffit).
  • Dent pilier de bridge : la dent va supporter une partie d’un bridge, donc subir des contraintes mécaniques renforcées.
  • Racine longue, droite et de bon diamètre permettant un ancrage radiculaire suffisant (au moins 8 mm de tenon dans le canal).
  • Échec d’une précédente reconstitution collée sur la même dent.

Quand l’inlay-core n’est PAS indiqué

  • Dent dévitalisée mais avec suffisamment de tissu coronaire restant (au moins 2-3 mm de hauteur de paroi sur 3-4 côtés). Un composite ou un onlay collé suffit alors.
  • Racine courte, fine ou courbe : l’ancrage serait insuffisant ou risquerait une perforation.
  • Dent antérieure peu délabrée chez un patient jeune : le tenon fibré + composite préserve mieux la dent.
  • Dent fracturée verticalement : l’inlay-core ne sauvera pas la dent. Il faut envisager l’extraction et un implant.

Inlay-core ou tenon fibré : quelle différence et quel choix ?

C’est la question centrale aujourd’hui en dentisterie restauratrice. Les deux techniques visent le même objectif (reconstruire un pilier sur dent dévitalisée), mais elles n’ont pas les mêmes propriétés.

L’inlay-core métallique coulé (technique historique)

  • Avantages : très grande résistance mécanique, durée de vie longue (15-20 ans en moyenne), bonne option sur dents postérieures très délabrées et dents piliers de bridge.
  • Inconvénients : technique invasive (préparation canalaire importante), risque de fracture radiculaire en cas de surcharge (le métal est plus rigide que la dentine et peut « fendre » la racine), aspect esthétique inadapté en zone antérieure (visibilité du métal sous une couronne fine), nécessite 2 séances avec laboratoire.

Le tenon fibré + composite (technique moderne)

  • Avantages : module d’élasticité proche de la dentine, ce qui répartit mieux les forces et réduit le risque de fracture radiculaire ; technique en une seule séance ; coût inférieur ; bonne option esthétique sur dent antérieure.
  • Inconvénients : durée de vie moyenne légèrement inférieure sur dents postérieures à forte sollicitation (10-15 ans), résistance moindre sur dents piliers de bridge multi-éléments.

Notre lecture en cabinet : nous proposons en première intention le tenon fibré + composite dans la majorité des cas modérés, surtout sur dents antérieures et prémolaires. L’inlay-core métallique reste réservé aux molaires très délabrées, aux dents piliers de bridge, et aux situations où la résistance mécanique prime sur la conservation tissulaire. Le choix se fait au cas par cas, en fonction de la dent, du délabrement, et du projet prothétique global.

Pour comparer en détail toutes les options de reconstitution corono-radiculaire (RCR), voir notre guide dédié : reconstitution corono-radiculaire : quelles options ?.

Comment se déroule la pose d’un inlay-core ?

La séquence se déroule sur 2 à 3 rendez-vous, après que la dent a été préalablement dévitalisée et le traitement endodontique stabilisé.

Séance 1 : préparation et empreinte (45-60 min)

  1. Anesthésie locale de la zone (la dent est dévitalisée mais la gencive et l’os autour restent sensibles).
  2. Dépose des anciennes restaurations et nettoyage complet de la cavité.
  3. Désobturation partielle d’un canal radiculaire (généralement le plus large) sur 8 à 12 mm, en gardant 4-5 mm d’obturation apicale pour préserver l’étanchéité endodontique.
  4. Mise en forme du logement du futur tenon avec des forets calibrés.
  5. Prise d’empreinte précise du canal préparé et des parois résiduelles — soit traditionnelle (silicone), soit numérique avec scanner intra-oral.
  6. Pose d’une obturation provisoire étanche en attendant le retour du laboratoire.

L’empreinte est envoyée au prothésiste qui réalise l’inlay-core sur mesure en 5 à 10 jours.

Séance 2 : essayage et scellement (30 min)

  1. Dépose de la provisoire, nettoyage et essayage de l’inlay-core.
  2. Vérification de l’adaptation marginale et du positionnement.
  3. Scellement définitif au ciment (verre ionomère renforcé, ciment auto-adhésif ou composite selon les cas).
  4. Préparation de la dent pour la couronne ou prise d’empreinte pour la couronne définitive.

Séances suivantes : couronne

La couronne céramique ou céramo-métallique sera posée 1 à 2 séances plus tard, sur l’inlay-core désormais intégré. Voir notre guide sur le choix couronne céramique vs zircone.

Quels sont les risques et les complications possibles ?

L’inlay-core est une technique éprouvée mais elle n’est pas sans risques.

Fracture radiculaire (risque principal)

C’est la complication la plus redoutée — et celle qui condamne presque toujours la dent à l’extraction. Le métal de l’inlay-core est beaucoup plus rigide que la dentine : sous charge importante (mastication forte, traumatisme, bruxisme), le tenon transmet la force au fond de la racine et peut la fendre verticalement. Le taux de fracture radiculaire à 10 ans varie de 3 à 8 % selon les études, plus élevé sur dents très délabrées et chez les bruxomanes. C’est ce risque qui fait préférer aujourd’hui le tenon fibré sur les dents à plus faible volume détruit.

Descellement de l’inlay-core

Plus rare avec les ciments modernes (taux annuel < 1 %), mais possible si la préparation initiale était sous-dimensionnée ou si un choc occlusal a sollicité l’ancrage. Un inlay-core descellé peut souvent être recollé, mais il faut vérifier l’état de la racine.

Carie sur racine restante

Le bord de la couronne et de l’inlay-core, exposé à la salive, peut être colonisé par des bactéries. Une hygiène insuffisante ou une récession gingivale exposant la racine favorise les caries cervicales — particulièrement vicieuses car la dent est dévitalisée et ne signale pas la douleur.

Infection apicale tardive

Si l’étanchéité au fond de la racine n’est pas parfaite ou si l’obturation endodontique initiale était imparfaite, une infection peut se développer plusieurs années après. Un contrôle radiographique régulier permet de la détecter.

Combien coûte un inlay-core en Suisse ?

Les tarifs en pratique privée à Genève se situent généralement dans cette fourchette :

Acte Fourchette tarifaire (CHF)
Inlay-core (faux moignon) seul 400 – 800
Tenon fibré + composite seul 250 – 450
Couronne céramo-métallique 1 200 – 1 800
Couronne céramique full 1 400 – 2 200
Total reconstitution + couronne 1 600 – 3 000

Ces actes ne sont pas remboursés par l’assurance maladie de base en Suisse (LAMal), sauf cas exceptionnels (suite à un accident reconnu, malformation congénitale). Une complémentaire dentaire peut couvrir 50 à 75 % selon le contrat. La dévitalisation préalable est facturée séparément (souvent 600-1 200 CHF). Voir notre page honoraires.

Combien de temps dure un inlay-core ?

La survie médiane d’un ensemble inlay-core + couronne se situe entre 15 et 20 ans sur dent monoradiculée, légèrement moins sur dents pluriradiculées soumises à plus de contraintes. Les facteurs qui prolongent la longévité :

  • Hygiène irréprochable au collet de la couronne (fil dentaire, brossettes interdentaires).
  • Absence de bruxisme non contrôlé (port d’une gouttière nocturne si nécessaire).
  • Contrôle radiographique annuel pour détecter une infection apicale ou une carie cervicale précocement.
  • Pas de surcharge occlusale : éviter de croquer noix, glaçons, stylos.

Vous avez une dent dévitalisée à reconstruire ? L’indication d’un inlay-core, d’un tenon fibré ou d’un onlay collé dépend du tissu restant et du projet global. Nos dentistes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations évaluent chaque cas avec radio et examen clinique pour vous proposer la solution la plus conservatrice et durable. Prenez rendez-vous en ligne.

FAQ — inlay-core et reconstitution dent dévitalisée

Pourquoi mon dentiste propose un inlay-core et pas juste un composite ?

Parce que la dent est probablement trop délabrée pour qu’un composite tienne mécaniquement. Au-delà de 50 % de tissu coronaire détruit, un composite seul fracturera sous occlusion. L’inlay-core (ou un tenon fibré + composite) crée un pilier solide pour recevoir une couronne. Si vous avez un doute, demandez un deuxième avis : un onlay collé ou un tenon fibré peut suffire dans certains cas.

L’inlay-core fait-il mal à poser ?

Non, la dent étant dévitalisée, vous ne ressentez rien sur la dent elle-même. Une anesthésie locale est utilisée pour le confort de la gencive autour. Une légère pression peut être ressentie pendant la mise en place, sans douleur.

Combien de temps entre la dévitalisation et l’inlay-core ?

En général, on attend 2 à 4 semaines après la dévitalisation pour s’assurer que le traitement endodontique est stable et que la dent ne redonne pas de douleur. Pendant cette période, une obturation provisoire étanche protège la dent.

Est-ce que la dent peut casser après pose d’un inlay-core ?

Oui, c’est le risque principal. La rigidité du métal peut fendre la racine sous charge importante. Le taux de fracture radiculaire est de 3-8 % à 10 ans. Pour limiter ce risque : éviter les forces excessives (croquer, bruxisme), porter une gouttière de nuit si grincement diagnostiqué, contrôles réguliers.

Inlay-core ou implant : quel choix si ma dent est très délabrée ?

Question fréquente. La règle générale : conserver la dent naturelle reste préférable tant qu’elle est restaurable et que la racine est saine. L’implant intervient quand la dent n’est plus sauvable (fracture radiculaire, racine trop courte, lésion apicale réfractaire). Le coût d’un implant + couronne (3 500-5 500 CHF) est aussi supérieur. Une consultation avec radiographie permet de trancher.

L’inlay-core est-il visible quand on sourit ?

Sur dent postérieure (molaire, prémolaire), non, il est masqué par la couronne. Sur dent antérieure, le métal peut transparaître à travers une couronne fine et créer un effet grisâtre au collet. C’est pourquoi sur le secteur antérieur, on préfère aujourd’hui les solutions sans métal : tenon fibré transparent + composite + couronne céramique full.

Pour aller plus loin

L’inlay-core garde une place précise dans l’arsenal du dentiste, mais ce n’est plus une solution par défaut. La dentisterie moderne privilégie les approches collées chaque fois que possible — pour préserver le tissu dentaire et réduire le risque de fracture radiculaire. Chez Névé, chaque reconstitution sur dent dévitalisée fait l’objet d’une évaluation individuelle : volume restant, état de la racine, projet prothétique, profil mécanique du patient.

Si vous devez reconstruire une dent dévitalisée et hésitez entre les options, nos équipes à Plainpalais, Pont-Rouge et Nations vous accueillent pour un bilan personnalisé. Contactez-nous pour un rendez-vous.


Sources clés citées :

  • Sarkis-Onofre R. et al., Cast metal vs. glass fibre posts: a randomized controlled trial with up to 3 years follow up, Journal of Dentistry, 2014
  • Naumann M. et al., Posts and cores: a systematic review, International Endodontic Journal, 2018
  • Société suisse des médecins-dentistes (SSO) — recommandations
  • Page service Névé : inlay-onlay