La péri-implantite est une inflammation autour d’un implant associée à une perte osseuse progressive. Le traitement vise deux objectifs : stopper l’inflammation et stabiliser la perte osseuse, afin de préserver l’implant le plus longtemps possible.
Bonne nouvelle : prise tôt, la situation est souvent nettement améliorable. Mais il faut une prise en charge structurée (diagnostic, traitement adapté au type de défaut osseux, puis maintenance).
Avant de parler traitement : confirmation du diagnostic
On ne peut pas décider d’un traitement efficace “à l’œil”. La péri-implantite se confirme par :
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un examen clinique (saignement, poches, parfois suppuration),
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des mesures comparatives,
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et une imagerie pour évaluer la perte osseuse.
Si vous avez des signes autour d’un implant, la meilleure première étape est une consultation dédiée de maintenance implantaire (ou une consultation implantaire si vous n’êtes pas suivi régulièrement).
Traitement de la péri-implantite : les grandes étapes
1) Phase “contrôle de l’infection” : hygiène + débridement non chirurgical
C’est souvent la première étape, même quand une chirurgie est envisagée ensuite :
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renforcement de l’hygiène à domicile (brosse, brossettes/fil adaptés aux implants),
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débridement (nettoyage) professionnel autour de l’implant avec instruments adaptés,
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parfois des adjuvants (ex. aéropolissage) selon les situations.
À savoir : cette phase est indispensable, mais la littérature souligne que le non-chirurgical seul a une efficacité limitée dans les péri-implantites établies, surtout quand il existe des défauts osseux importants.
👉 Dans la pratique, c’est souvent la phase où l’on “calme” l’inflammation avant de décider de la suite.
2) Décontamination de la surface implantaire : un point clé (mais pas une “recette miracle”)
Lorsqu’il existe une péri-implantite, l’objectif est de réduire au maximum le biofilm sur une surface implantaire souvent rugueuse, ce qui est techniquement difficile. Les approches décrites incluent des méthodes mécaniques et chimiques, parfois associées (selon les cas et le protocole).
3) Traitement chirurgical : quand est-ce nécessaire ?
On envisage souvent une chirurgie si :
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les poches restent profondes,
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l’inflammation persiste,
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et/ou la perte osseuse est significative.
Il existe deux grandes familles :
A) Chirurgie non régénératrice (résectrice)
Objectif : réduire les poches et rendre la zone plus facile à nettoyer au quotidien (repositionnement des tissus, remodelage osseux selon les cas). Elle est souvent discutée quand la configuration du défaut ne se prête pas à une reconstruction.
B) Chirurgie régénératrice (reconstructive)
Objectif : tenter de reconstruire (au moins partiellement) l’os perdu quand le défaut osseux s’y prête (défauts “contenus”, avec parois osseuses favorables).
Le choix entre résecteur vs régénératif dépend surtout de l’anatomie du défaut, de l’accès au nettoyage, de la position de l’implant, de l’esthétique, et du risque de récidive.
4) Antibiotiques : utiles dans certains cas, mais pas systématiques
Beaucoup de patients pensent que “antibiotiques = solution”. En réalité, la stratégie moderne insiste sur le fait que le cœur du traitement est mécanique et local (nettoyage/décontamination ± chirurgie). Les antibiotiques peuvent être discutés au cas par cas (poussée aiguë, signes généraux, protocoles spécifiques), mais ne remplacent pas le traitement de fond.
Ce qui conditionne le succès : la maintenance (indispensable)
Même après un bon traitement, la péri-implantite peut récidiver si le suivi n’est pas strict. Les recommandations insistent sur l’importance d’un programme de maintenance péri-implantaire avec contrôles réguliers, réévaluation des tissus, et nettoyage professionnel.
👉 Concrètement, cela passe par des visites de maintenance implantaire, surtout dans les mois qui suivent un traitement.
Que pouvez-vous faire à la maison (sans aggraver)
Ces gestes ne “soignent” pas à eux seuls une péri-implantite, mais ils améliorent beaucoup le contrôle de plaque et la stabilité :
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Brosse souple + nettoyage minutieux autour de l’implant 2×/jour
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Brossettes interdentaires adaptées (souvent plus efficaces que le fil autour des implants, selon l’anatomie)
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Éviter de “gratter” avec des objets pointus (risque d’irritation)
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Si saignement : ne pas arrêter l’hygiène, mais baisser la pression et être régulier
Si vous avez un doute sur la technique, un passage chez une hygiéniste dentaire est très utile pour adapter la routine à votre prothèse implantaire.
Quand consulter rapidement ?
Prenez un avis sans attendre si vous observez autour d’un implant :
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pus / mauvais goût persistant,
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gonflement qui augmente,
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douleur importante, fièvre, malaise,
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ou si l’implant vous semble “bouger”.
Dans ces situations, passez par l’urgence dentaire.
Sinon, vous pouvez prendre rendez-vous en ligne pour un bilan.
FAQ – Traitement de la péri-implantite
Peut-on guérir complètement une péri-implantite ?
On parle plutôt de stabilisation : l’objectif est d’arrêter l’inflammation et de limiter la progression de la perte osseuse, avec un suivi régulier.
Est-ce que le traitement non chirurgical suffit ?
Il est souvent proposé en première intention, mais son efficacité est décrite comme limitée dans les péri-implantites établies ; la chirurgie est discutée si la réponse est insuffisante.
Quel type de chirurgie est le meilleur ?
Il n’y a pas “une” meilleure chirurgie : la décision dépend surtout de la forme du défaut osseux et de l’accès au nettoyage. Les recommandations récentes décrivent des approches résectrices ou régénératrices selon les cas.
Après traitement, à quelle fréquence faut-il un suivi ?
Les guides cliniques insistent sur la nécessité d’une maintenance structurée et régulière après traitement pour réduire les récidives.
À retenir
Le traitement de la péri-implantite combine presque toujours : contrôle de plaque + débridement, décontamination de surface, parfois chirurgie (résectrice ou régénératrice), puis maintenance régulière. C’est la maintenance qui protège votre résultat sur le long terme.



