Implant dentaire et bisphosphonates (ostéoporose) : risques, ostéonécrose, précautions

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Si vous prenez des bisphosphonates pour l’ostéoporose (ex. alendronate, risédronate, ibandronate, acide zolédronique), il est normal de se demander si un implant dentaire est possible et quels sont les risques. Le sujet principal, c’est le risque (rare) d’ostéonécrose des mâchoires liée aux médicaments, appelée MRONJ (Medication-Related Osteonecrosis of the Jaw).

La réponse “SEO + vraie vie” : dans l’ostéoporose, le risque est généralement faible, mais il faut une évaluation personnalisée (dose, durée, autres facteurs, état des gencives, besoin de chirurgie) et un suivi rigoureux.

Bisphosphonates : pourquoi ça concerne la chirurgie dentaire ?

Les bisphosphonates réduisent la résorption osseuse. C’est bénéfique pour l’ostéoporose, mais cela peut, dans certains contextes, être associé à un risque de cicatrisation osseuse altérée après chirurgie buccale (surtout extractions, parfois implants).

Le point clé : ostéoporose ≠ cancer (le niveau de risque n’est pas le même)

On distingue deux grandes situations :

1) Bisphosphonates “dose ostéoporose” (souvent oral ou perfusions espacées)

Dans l’ostéoporose, l’AAOMS estime un risque de MRONJ très faible : pour les bisphosphonates oraux, ≤ 0,05% (≤ 5 sur 10 000) dans les estimations rapportées.
L’ADA souligne aussi que la MRONJ est rare avec les traitements anti-résorptifs utilisés pour l’ostéoporose, et que le risque est nettement plus élevé avec les schémas “oncologie”.

2) Bisphosphonates “hautes doses” (souvent en oncologie, plus fréquents)

Ici, le risque de MRONJ est plus important, et l’ITI indique que la thérapie implantaire “standard” est contre-indiquée chez les patients recevant des bisphosphonates à fortes doses pour des maladies néoplasiques.

Implant dentaire sous bisphosphonates : quels risques concrets ?

Risque n°1 : MRONJ (rare en ostéoporose, mais à connaître)

La MRONJ se manifeste classiquement par une zone d’os exposé (ou non) qui ne cicatrise pas, parfois avec douleur, infection, suppuration, gêne.

Risque n°2 : échec implantaire / complications tardives

Chez les patients sous anti-résorptifs “faible dose” (ostéoporose), l’ITI rapporte que le taux d’échec précoce de l’implant ne semble pas augmenté, mais que les effets à long terme sont moins bien documentés.

Ce qui augmente le risque (facteurs importants)

Même en ostéoporose, certains facteurs peuvent faire monter le risque :

  • traitement depuis plus de 2 ans

  • parodontite (maladie des gencives) active ou antécédents importants

  • prothèses mal adaptées / traumatismes répétés, hygiène difficile

  • comorbidités et traitements associés (à discuter au cas par cas)

C’est pour cela qu’un implant “sous bisphosphonates” ne se décide pas sur le médicament seul, mais sur le profil complet.

Faut-il arrêter les bisphosphonates avant un implant (“drug holiday”) ?

C’est une question fréquente. Selon les recommandations, l’arrêt systématique n’est pas une règle universelle, et plusieurs groupes soulignent que la décision doit être individualisée avec le prescripteur (médecin) en pesant bénéfice osseux vs risque bucco-dentaire.
À retenir : ne jamais arrêter un traitement prescrit sans avis du médecin.

La meilleure stratégie si vous avez de l’ostéoporose et un projet d’implant

L’objectif est de réduire au maximum les besoins chirurgicaux “à risque” et d’optimiser la cicatrisation.

1) Faire un vrai bilan implantaire (avant de décider)

Une consultation implantaire permet de :

  • vérifier votre traitement (molécule, dose, durée, indication),

  • évaluer l’état de l’os et des gencives,

  • estimer le niveau de risque,

  • choisir l’option la plus sûre (implant immédiat ou différé, type de prothèse, nécessité de greffe, etc.).

2) Stabiliser les gencives avant l’implant

Une gencive inflammatoire augmente les complications autour des implants. Si besoin, on stabilise d’abord la situation via la prise en charge de la parodontite, puis un suivi adapté.

3) Imagerie et planification

Une évaluation en radiologie aide à planifier précisément, réduire les imprévus, et choisir la technique la plus conservatrice possible.

4) Limiter les chirurgies additionnelles si possible

Si une reconstruction est nécessaire, cela se discute au cas par cas (volume osseux, stabilité, risque global). Lorsque des greffes sont envisagées, la discussion est plus fine (bénéfice attendu vs augmentation de l’acte). Vous pouvez en parler en lien avec la page greffes osseuses.

5) Maintenance : indispensable avec un terrain à risque

Après la pose, le facteur qui protège le plus votre implant au long cours, c’est la maintenance implantaire (contrôles, nettoyage professionnel, surveillance des tissus et de l’os). L’ADA insiste sur l’importance d’une bonne santé bucco-dentaire et d’un suivi chez les patients exposés aux anti-résorptifs.

Quand consulter rapidement ?

Prenez un avis sans tarder si vous observez :

  • douleur persistante, gonflement, suppuration,

  • zone qui ne cicatrise pas,

  • exposition osseuse, sensation de “rugosité” ou plaie chronique.

Si la douleur est importante ou si vous ne pouvez pas manger correctement, une prise en charge en urgence dentaire est adaptée.

Pour organiser une visite, vous pouvez prendre rendez-vous en ligne.

FAQ – Implant dentaire et bisphosphonates (ostéoporose)

Est-ce que les implants sont interdits si je prends des bisphosphonates pour l’ostéoporose ?

Non, pas automatiquement. En ostéoporose, la MRONJ reste rare, et une décision se prend au cas par cas selon la durée du traitement, l’état des gencives et le type de chirurgie.

Le risque est-il le même si mon traitement est pour un cancer ?

Non. Les schémas à fortes doses (oncologie) exposent à un risque plus élevé, et l’ITI considère l’implantologie standard comme contre-indiquée dans ce contexte.

Qu’est-ce qui déclenche le plus souvent une MRONJ ?

Les recommandations et informations patients indiquent que beaucoup de cas surviennent après une chirurgie orale, en particulier une extraction dentaire, ce qui explique l’importance de prévenir, planifier et éviter les gestes non nécessaires.

Que dois-je dire au dentiste avant un implant ?

La liste exacte de vos médicaments (nom, dose), la durée, l’indication (ostéoporose vs cancer), vos antécédents de gencives, et tout traitement immunosuppresseur. C’est essentiel pour une planification sûre.

À retenir : sous bisphosphonates “ostéoporose”, l’implant est souvent possible, mais il doit être planifié et suivi sérieusement via une consultation implantaire et une maintenance implantaire régulière.